L’organisation du suivi de l’ours brun a été confiée à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) par le Ministère chargé de l’environnement en 1983. Il repose sur la mise en place d’un réseau de membres répartis sur l’ensemble du massif pyrénéen, le Réseau ours brun (ROB) et sur une structure technique permanente, l'Equipe Technique Ours.
L’ «Equipe Technique Ours» (ETO) est la structure de permanents, créée en 1995, dans le cadre des programmes européens LIFE «restauration et conservation de l’ours brun dans les Pyrénées centrales» : sous la houlette de la Direction des études et de la recherche de l’ONCFS, elle élabore les protocoles de suivi, centralise les données, effectue des synthèses et anime le ROB. Elle apporte un soutien aux éleveurs et bergers et un appui technique à la mise en place des mesures de protection. C’est une équipe partenariale composée de techniciens de l’ONCFS et de l’ONF, et de techniciens des Fédérations départementales des chasseurs, mis à disposition. Elle comprend deux pôles : un pôle «suivi et recherche » et un pôle «pastoral».
Le pôle «suivi» de l’ETO comporte actuellement, au titre de ses moyens pluriannuels, 3 ETP de techniciens permanents, personnels de l’ONCFS ; 2,25 ETP techniciens des Fédérations de Chasse et 0,75 ETP techniciens de l‘ONF. Il est renforcé jusqu’en 2008 de 3 Techniciens de l’ONCFS en CDD, soit un effectif total de 9 ETP, qui devrait être réduit à 6 fin 2008 (fin des CDD).
Même si l’effectif global de l’ETO correspond globalement, et sans entrer dans le détail des missions et des schémas d’organisation très variables d’un pays à l’autre, à la situation des autres pays, la mission considère que la gestion de la population d’ours consécutive à la nouvelle stratégie proposée justifie un renforcement des moyens de l’ETO.
Pour assurer convenablement ce suivi, tout en se mettant en situation de répondre aux demandes diverses, la première mesure à prendre est de pérenniser les 3 postes de techniciens en CDD, avec les missions principales suivantes :
- 1 poste d’opérateur technique de terrain, catégorie C, installé à Pau. La création de ce poste d’opérateur technique est à lier aux décisions à prendre sur le devenir du noyau ursin occidental.
- 1 poste d’animateur du réseau sur les Pyrénées-Centrales et orientales, assurant l’exploitation des réseaux de suivi, des données des stations de suivi et indices relevés par le RSO, l’analyse des synthèses et retours d’information, la préparation de documents de communication.
- 1 poste d’assistance à la gestion administrative (y compris financière et RH) de l’ETO et à la correspondance du SIG [La mission tient à souligner la qualité du SIG Pyrénées, la compétence de son équipe d’animation de l’Assemblée pyrénéenne d’économie montagnarde (APEM) et l’intérêt du partenariat qu’il offre pour le Plan de restauration] Pyrénées. Deux domaines de compétence différents qui devraient pouvoir être assumés par un cadre A.
Ce renforcement permettrait à l’ETO de dégager du temps pour l’analyse de données, les publications demandées par l’ONCFS, la participation à des colloques internationaux et la réalisation de diverses expertises.
Cela lui permettrait aussi de parfaire la formation de ses personnels aux situations de crise et de leur permettre, par des formations adéquates, une amélioration qualitative des services de tous ordres à rendre, notamment aux éleveurs et aux bergers.
La mission recommande fortement le renforcement des moyens de l’Equipe Technique Ours, notamment en pérennisant les trois CDD mentionnés supra, et lui permettant de parfaire et d’adapter sa formation, notamment en situation de crise.
Elle demande à la DNP de travailler avant la fin 2008, sur la mise au point d’une lettre de mission à l’ONCFS permettant d’améliorer son organisation et de traiter deux questions :
- l’implication scientifique souhaitée par l’ONCFS sur l’ours et l’amélioration de celle-ci (publications scientifiques, colloques, encadrement de thèses) ;
- la prise en charge des missions de suivi d’animaux équipés radio, de reprise [La capture de deux ours a nécessité pour chacun, une centaine de journées pour huit personnes, ce qui représente chaque fois près de 40% du potentiel humain annuel de l’ETO !] et de renforcement éventuel.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
L'étendue des missions confiée à l'ETO est très large. Les ours allant progressivement perdre leurs émetteurs (sauf sils sont ré-équipés), le suivi deviendra plus compliqué et sans doute plus long.
Il me semble inopportun de confier aux mêmes personnes le rôle de "baby-sitter" des ours (importation, localisation, suivi, capture, transport, information) et en même temps celui d'intervenir lors des dégâts.
Si un membre de l’ETO refuse le moindre dommage, les "protecteurs" des ours deviennent pour les éleveurs les responsables du non-dédommagement et sont perçus comme «partisans» ou «juge et partie» . C’est une source de conflits comme l’a bien montré la communication agressive envers l’ETO des associations ultra-pastorales. Un de leurs représentants annonçant par exemple des «procédures judiciaires» contre les personnes qui s’occupent d’expertiser les dégâts des ours accusées d’avoir eu des «comportements anormaux» - comprendre d’avoir refusé de mettre sur le dos de l’ours des pertes ayant d’autres causes. L’épisode grotesque des veaux d’Aston est parlant à ce sujet.
Plus de personnel à l'ETO faciliterait le suivi, la communication et la protection des troupeaux et des ours. Rien que du positif donc pour les deux parties.
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