Il s’agit sans doute là de l’enseignement principal de l’analyse comparative : la mobilisation et la gestion collectives -qui ne sont pas synonymes de consensus-, pour travailler ensemble est une constante dans les pays visités. Le Plan de restauration avait bien sûr prévu la concertation entre les parties prenantes et l’exemple des pays voisins montre, s’il en était besoin, qu’elle est indispensable pour la gestion de l’ours (Asturies, Slovénie, Trentin) : «cette réunion [Conclusion solennelle du maire de Kocevje à la fin d’une réunion des parties prenantes avec la délégation française lors de son déplacement en Slovénie] des partenaires autour de la table, administration, élus, chasseurs et associatifs, résulte de nombreuses années de concertation».
Il faut d’ailleurs souligner qu’à côté de nombreuses réunions ou instances à thématiques spécifiques, des outils institutionnels de concertation existent sur le massif : le Comité de massif ; les Comités départementaux de gestion de l’espace montagnard en Haute-Garonne et dans les Hautes-Pyrénées ; l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) pour les Pyrénées occidentales, notamment.
La mission recommande que cette concertation se situe à deux niveaux principaux :
- un groupe de travail [La secrétaire d’Etat à l’écologie a d’ores et déjà annoncé son principe sous l’appellation Groupe national Ours, en parallèle avec le Groupe national Loup, qui se réunit régulièrement depuis quelques années] pyrénéen, tel que déjà mentionné dans "La concertation sur la qualifiation des territoires", dispositif permanent de dialogue entre les parties prenantes,
- des groupes de travail locaux, qui pourraient être, soit départementaux (sur le modèle des deux Comités départementaux de gestion de l’espace montagnard), soit en correspondance territoriale avec les territoires de présence identifiés. Dans ce cas, il pourrait prendre modèle sur l’IPHB.
Mais cette concertation ne pourrait vraiment porter ses fruits que si elle est accompagnée d’une coordination interrégionale - et interministérielle - sur le massif. Compte tenu de la prise de recul prônée par la mission dans le cadre d’un aménagement équilibré de la montagne pyrénéenne, ce rôle, à la fois d’animateur et de médiateur, ne peut revenir qu’à l’Etat, en la personne du Préfet, coordonnateur de massif.
C’est pourquoi la mission propose que les ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture mettent à disposition du Préfet un directeur de projet [Décret du 23 mai 2000 relatif aux emplois de directeur de projet. La mission des directeurs de projet est de trois ans, éventuellement renouvelable], placé auprès de ce dernier, chargé de la mise en œuvre des propositions de la mission sur le terrain, une fois qu’elles auront été étudiées, négociés et validées.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
La gestion collective est sans doute nécessaire, mais en aucun cas l'IPHB ne peut-être un modèle de concertation et encore moins de réussite. L'IPHB est un modèle d'usine à palabres, mais il ne s'agit, ni de gestion (les ours béarnais ont été abandonnés et ont presque disparus), ni de gestion collective (Les associations de protection ayant été très vite mises sur la touche), ni d'une réussite : le coût de l'IPHB au vu de ses résultats fait de cette association un gouffre financier servant à soutenir le pastoralisme local. Voir le bilan de l'IPHB.
Lire la suite : 6 La valorisation de la présence de l'ours