De même qu’il n’est pas question d’exclure les moutons des territoires de présence des ours, pour des raisons sociales, économiques, culturelles, l’ours ne peut pas être exclu du restant du territoire, ne serait-ce que du fait de l’éthologie de l’espèce.
L’expérience des Asturies et du Trentin tend à montrer que la population n’est globalement viable que si un flux suffisant d’ours peut circuler entre les noyaux.
L’étendue restreinte des territoires de présence proposés induit donc que les mouvements d’animaux soient possibles entre ces noyaux, entre lesquels il n’existe pas de barrière écologique/physique, comme le montre la carte ETO de présence des ours (carte 1), contrairement à la situation prévalant entre les 2 noyaux asturiens qui sont séparés par des infrastructures routières importantes.
Carte 1 : Massif pyrénéen : zones de présence des ours. Source : ONCFS / ETO / ROB / SIGOURS - P. Touchet mars 2008. Cliquez sur la carte pour l'agrandir.
Une fois la présence de l’ours confortée dans le massif pyrénéen par des noyaux reproducteurs dans des territoires identifiés, les individus se trouvant hors de ces territoires devront faire l’objet d’une gestion appropriée aux autres enjeux de ces territoires.
Après la disparition des émetteurs radio des ours réintroduits, ces animaux ne seront décelables que par leurs indices de présence et par les prédations qui semblent être plus fréquentes chez les animaux en phase d’erratisme connaissant mal les ressources alimentaires du territoire traversé.
La régulation doit concerner les animaux dont le comportement se révèlera incompatible avec l’activité pastorale- «ne pas tolérer de mauvais comportements»- Les ours très prédateurs, même s’ils ne manifestent pas de familiarité particulière, doivent être régulés, donc vraisemblablement éliminés. La délocalisation est probablement inefficace sur les mâles à l’échelle du massif pyrénéen, mais elle pourrait être envisagée sur les femelles. L’élimination par tir est par ailleurs beaucoup plus facile que la capture d‘animal vivant (surtout non équipé d’émetteur). D’autre part, l’effarouchement semble par le passé avoir réduit durablement le comportement prédateur de certains ours.
Ainsi, le protocole suivant, après concertation avec toutes les parties, pourrait être envisagé :
- pour les mâles, ou pour les animaux dont le sexe n’est pas déterminable faute d’indices suffisants [L’identification du sexe, souvent pas aisée, peut être faite en identification génétique d’urgence sous réserve de posséder des échantillons exploitables.] : effarouchement, puis élimination si récidive de prédation (a priori aucune chance de succès de relocalisation d’un mâle : inutile donc de tenter une capture d’animal vivant très coûteuse) ;
- pour les femelles, qui ont une chance de se fixer dans un territoire de présence, relocalisation dans un de ces territoires, mais élimination si retour et récidive des dégâts.
L’élimination devrait être précédée d’expertise du comportement, chaque situation étant un cas d’espèce, et devant être expliquée à l’opinion publique. Elle ne pourrait être prise que sur décision de l’autorité administrative compétente, dans le respect de la directive Habitats et de la Convention de Berne et avec son remplacement par un nouvel individu. Du reste, cette solution radicale, présentée en Slovénie et aux USA où elle peut concerner de petits noyaux de population, envisagée ailleurs n’a pas particulièrement ému les délégations présentes : il est vrai qu’elle est pratiquée dans les pays où il y a des centaines d’ours et, dans ceux où il y en a moins, elle est accompagnée d’explications argumentées et d’informations auprès du public.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
Voilà des mots que les opposants aiment lire. La réaction de l'ASPAP a été immédiate : "Les inspecteurs du ministère de l’Ecologie qui étaient venus "mesurer la température" des Pyrénées ont du trouver le terrain assez fiévreux pour préconiser que " ... dans le contexte pyrénéen, la mission estime qu’il faudrait probablement envisager l’élimination des ours excessivement familiers, dangereux ou très prédateurs. » L'ASPAP demande l’application immédiate de cette recommandation formulée par l'Etat lui même, et veillera de près à sa mise en oeuvre concrète sur le terrain." en oubliant de préciser que :
- Nous sommes bien dans le cas de présence (pas du passage) d'un ours en dehors des territoires de présence définis
- La délocalisation pourrait être envisagée sur les femelles.
- l’effarouchement semble par le passé avoir réduit durablement le comportement prédateur de certains ours : ce qui signifie que l'effarouchement reste une mesure préalable à l'élimination.
- effarouchement, puis élimination si récidive de prédation pour les mâles.
- relocalisation dans un autre territoires, mais élimination si retour et récidive des dégâts pour les femelles. (Les ourses suitées doivent être protégée comme leurs petits et ne peuvent pas être éliminées tant que les jeunes ne sont pas indépendants.)
- L’élimination devrait être précédée d’expertise du comportement et décidée par l’autorité administrative compétente dans le respect de la directive Habitats et de la Convention de Berne et avec son remplacement par un nouvel individu (dont le sexe serait choisis en fonction du ratio mâles/femelles et des besoins de la population)
- Le Groupe National Ours devra décider. L'ASPAP ayant refusé de siéger dans le Groupe National Ours, participera t-elle aux discussions, malgré leur mauvaise fois notoire?
L'Etat devra sans doute en tenir compte, mais devra aussi insister sur les conditions prélabales à tout retrait, sinon, fin de l'été, l'ASPAP aura demandé le retrait de tous les ours présents sur le massif ? On parie ?
Il s'agit de 7 précisions que l'ASPAP n'a pas le droit d'ignorer. Rappelons aussi que le texte précise que la prédation d’animaux non gardés est un comportement normal de l’ours et que donc l'expertise de comportement dans ce cas devrait lui être favorable. Les anti-ours ont donc maintenant un intérêt à protéger leurs troupeaux...