Le «Réseau ours brun» (ROB), coordonné par l’ONCFS, est composé officiellement d’environ 180 membres répartis sur les six départements pyrénéens, provenant d’horizons divers : services de l’Etat, fédérations départementales des chasseurs, associations d’environnement, syndicat mixte IPHB. Un certain nombre d’usagers de la montagne lui apporte aussi de temps à autre leur contribution.
La mission estime nécessaire de redynamiser, et de densifier, le réseau ours brun, en améliorant son animation, et en augmentant le nombre de participants, pour se préparer à la disparition des données fournies par les ours équipés.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, les seules prospections directes de terrain (suivis de pièges, itinéraires kilométriques d’abondance, recherche simultanée d’indices), excluant le contrôle de témoignages, mobilise 190 journées, pour une surface prospectée de 600 km2 environ. Ces opérations associent des personnels de l’ONCFS, du Parc national, de l’ONF, des Fédérations de chasse et des adhérents du FIEP.
En raison de l’étendue du territoire à prospecter en France, le suivi doit concerner en priorité les territoires fréquentés par des ourses reproductrices, c'est-à-dire le Luchonnais- Couserans, notamment en recueillant des indices non liés à un réseau de pièges attractifs, pour disposer de données non biaisées sur la fréquentation du territoire.
Il faut aussi inclure la totalité du territoire qualifié de zone de présence occasionnelle, dans la mesure où la principale source de données relatives aux ours se trouvant hors des territoires de présence retenus, proviendra du Réseau.
Dans les Pyrénées-Centrales, la même pression d’observation devrait concerner une surface approximativement double, mobilisant donc 350 à 400 journées. Une «tranche» de 200 journées supplémentaires pourrait donc être nécessaire, pour prospecter de part et autre de cette zone, dans les Hautes-Pyrénées à l’ouest et en Haute-Ariège à l’est.
La participation des chasseurs aux recherches systématiques d’indices devrait être encouragée, dans l’esprit des chartes négociées entre l’Etat et les Fédérations départementales des chasseurs –voir "La participation des chasseurs et des randonneurs"-. La formation prévue par ces chartes doit contribuer à cette sensibilisation, au delà de la remontée de données d’observation individuelles.
Une contractualisation avec l’ONF, qui dispose de plusieurs dizaines de personnels fonctionnaires et ouvriers sur la zone, devrait être recherchée, en vue de mobiliser ces personnels, notamment pour des recherches simultanées d’indices qui se font au printemps (début mai) ou en automne (mi-octobre) sur neige fraîche ; les observations spontanées faites par les personnels fonctionnaires et ouvriers de cet établissement peuvent aussi être valorisées. Cette action relève des missions d’intérêt général de cet établissement –voir "L’adaptation de la gestion forestière".
D’autre part, plusieurs des personnes rencontrées lors de la consultation, comme l’Association des Bergers des Hautes-Pyrénées, se sont déclarées intéressées pour une participation au Réseau ours brun, aux côtés des chasseurs, accompagnateurs en montagne, randonneurs, membres d’associations d’environnement.
D’autre part, certains éleveurs ont fait part à la mission de leur souhait être dotés d’appareils photographiques numériques, pour saisir des indices fugaces : traces dans neige fraîche, dans la boue, par temps pluvieux, etc. Il semble que ces intentions méritent un examen attentif, d’autant que le coût des matériels nécessaires ne cesse de diminuer.
L’accroissement des moyens du ROB pourrait enfin faire appel au mécénat : si la gestion proprement dite de l’espèce ne peut que relever des pouvoirs publics, la connaissance de la population ursine qui implique déjà le secteur associatif, avec le FIEP notamment, pourrait intéresser le mécénat, comme par ailleurs, la préservation et l’amélioration des habitats forestiers.
Cette mobilisation collective d’un réseau ours brun renforcé peut être une conséquence directe et positive de la requalification des territoires de présence et de la gestion renouvelée de la population d’ours qu’elle entraîne. C’est pourquoi la mission recommande de porter cette proposition devant le groupe de travail pyrénéen évoqué en "La concertation sur la qualification des territoires".
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
Plus il y aura de participants impliqués dans la suveillance et le suivi de la population d'ours, meilleure sera la connaissance de cette population et de ses habitudes. De plus l'intégration de bergers, de chasseurs, et des autres groupes concernés par l'ours augmentera les contacts nécessaires à l'acceptation générale.
Lire la suite : 5.3 La sécurité des personnes