Les moyens du suivi
La comparaison avec les situations à l’étranger enseigne que les structures de suivi dans les autres pays concernent le plus souvent des populations d’ours préexistantes, d’augmentation démographique récente ou en cours, après une période de diminution : USA, Asturies, Slovénie. La situation la plus comparable à celle des Pyrénées est celle du Trentin, avec un renforcement effectué du fait d’un très faible nombre d’ours préexistants.
Le suivi des ours en Asturies (Espagne)
En Asturies, qui hébergent une centaine des 130 à 160 ours Cantabriques, le suivi est assuré par l’Autonomie : il est l’activité principale des 5 gardes de la «patrouille ours», auxquels s’ajoutent 10% du temps d’autres corps généralistes, gardes de l’environnement et gardes chasse principalement, au nombre de 121. Les moyens publics globaux affectés en ETP [Equivalent Temps Plein] sont ainsi de 17, 1, financés par l’Autonomie. A ces moyens s’ajoutent ceux des Fondations, Oso Pardo, Oso Asturiano et FAPAS, cette dernière réalisant beaucoup de photographie automatique. Ces participations importantes et techniquement expertes du fait de l’expérience acquise, n’ont pas été évaluées, mais représentent plusieurs ETP.
En Slovénie, la gestion de l’ours, assurée globalement par l’Institut Forestier Slovène, représenterait au titre du suivi une soixantaine d’emplois à temps partiel, soit 30 ETP, pour une population d’ours comprise entre 500 et 700 animaux. L’essentiel du suivi se fait sur 186 points d’observation et de nourrissage.
Le suivi des ours aux Etats-Unis
Aux USA, les deux situations étudiées : ours colonisateurs autour de Missoula dans le Montana, et gestion globale de faune du Parc de Yellowstone, ne permettent pas de dégager simplement des données comparables spécifiques au suivi ours, les actions correspondantes étant de plus réparties entre plusieurs agences nationales, fédérales et ONG, et les prédateurs étant multiples, ours, mais aussi puma et loup. L’Etat du Montana a ainsi engagé 6 agents, médiateurs chargés d’améliorer l’acceptation de l’ours, d’assurer la sécurité des personnes (vis-à-vis du puma aussi), l’élimination des substances alimentaires susceptibles d’attirer l’ours dans les zones habitées, (notamment cadavres d’animaux tués sur les routes) et la prévention auprès des éleveurs.
Dans les parcs nationaux, les effectifs sont respectivement de 1 permanent et l’équivalent de 8 saisonniers à plein temps sur 100 permanents et 300 saisonniers d’été, au parc national des Glaciers, pour 300 grizzlys sur 4100 km2. La gestion de l’ours dans le Yellowstone mobilise de son côté 7 rangers sur les 80 du parc, et des saisonniers, pour 600 grizzlys sur 9000 km2.
Le suivi des ours dans le Trentin (Italie)
Dans le Trentin, le suivi mobilise 4,8 ETP au titre de l’administration provinciale, répartis sur 27 personnes. Ces moyens sont renforcés par une participation du parc naturel Adamello-Brenta au niveau de 2 ETP actuellement, après avoir compté 4 ETP pendant la phase de renforcement de la population ursine. On compte actuellement 6,8 ETP et 8,8 au maximum, lors du renforcement, pour un effectif d’ours qui a crû de 10 en 2000 à 25 actuellement.
Le suivi le plus dense paraît être effectué en Asturies, si on prend en compte services publics et Fondations.
Le cas du Trentin est le plus proche de celui des Pyrénées, avec la réalisation et l’accompagnement d’une réintroduction, mais le territoire de présence habituelle de l’ours est notablement plus étendu dans les Pyrénées, avec deux noyaux distants bien individualisés, et un territoire de présence occasionnelle très vaste.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
Dans les Pyrénées, tout le monde semble d'accord pour dire que L'ETO n'a pas les moyens de suivre les ours. Même L'ADDIP reproche aux techniciens de l'ETO de ne pas savoir combien il y a d'ours -Il y aurait plein d'ours non identifiés en Ariège- ni où ils sont ? Sont-ils incapables ou pire, refusent-ils de signaler les localisations? Un renforcement de l'équipe technique ours semble donc indispensable pour répondre aux demandes des opposants, ce qui ne les empêche pas de critiquer le coup de l'ETO et la validation non systématique des dégâts pour l'obtention d'un dédommagement. On n'est pas à iune contradiction près quand il s'agit de s'opposer.
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