Ce puissant rodenticide anticoagulant (NDLB: "mort aux rats") est utilisé dans la lutte contre divers rongeurs, et notamment les campagnols terrestres (Arvicola terrestris). Il est utilisé à grande échelle depuis la fin des années 80, surtout dans le nord-est de la France pour limiter ses populations dans les prairies d’élevage. Il a causé de gros dégâts à la faune sauvage en Suisse en 1982 [Gérard Grolleau, « Neuchâtel : les buses empoisonnées au campagnol », Panda Nouvelles, W.W.F. Suisse, février 1983.] En 2002, son utilisation est interdite contre les ragondins et les autres rongeurs. Le 8 juillet 2003, un arrêté du ministre de l’Environnement, Roselyne Bachelot, autorise de nouveau l’utilisation du produit et prévoit un plan de transition d’ici 2006. Une utilisation de ce poison est possible jusqu’en 2009 en raison de l’existence de stocks.
Alors qu’on dispose des coût s de la lutte, on a très peu de données sur les effets de cette lutte… Des loutres et des visons d’Europe, espèces rares et strictement protégées, ont pourtant été empoisonnés par ce produit ! Les rapaces paient également un très lourd tribut à la bromadiolone, notamment le milan royal. Une bonne part des animaux sauvages faisant les frais de ce poison n’ont même pas de statut juridique : les campagnols, les musaraignes (excepté les crossopes), les souris, le loir et le lérot. Ces animaux, membres au même titre que d’autres espèces de la biodiversité, n’intéressent manifestement pas du tout les éleveurs qui se piquent de biodiversité.
Stéphan Carbonnaux
Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées" commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.