Le journal flamand "De Standaard" relate qu'en raison du réchauffement climatique, les rivières flamandes vont s'assécher de façon drastique pendant l'été, selon une récente étude de la KU Leuven.
Dans les 67 plus grosses rivières du pays flamand considérées par l'étude, le niveau d'eau chuterait de 50%! Cette étude permet de déduire que le rôle du castor va devenir absolument stratégique et vital dans la perspective du réchauffement climatique et de ses conséquences.
De nombreuses autres études scientifiques ont quant à elles démontré que le castor, en construisant des barrages, atténue les extrêmes des cours d'eau que sont l'étiage (niveau d'eau le plus bas du cours d'eau en période de sécheresse) et la crue (niveau particulièrement élevé du cours d'eau en période de précipitation): le bien-nommé architecte des rivières est un formidable régulateur de débit certifié. Et c'est tout de même extraordinaire: en cas de grande sécheresse, le castor réagit de façon dynamique en construisant de nouveaux barrages afin de compenser la rareté de l'eau.
Si l'étude de la KU Leuven chiffre l'ampleur du désastre pour la Flandre, il n'en reste pas moins que l'assèchement des cours d'eau n'est pas une spécialité flamande mais concerne aussi la Wallonie et tout le reste de l'Europe.
Les autorités belges utiliseraient adéquatement les moyens publics en renforçant la politique de restauration écologique des cours d'eau, toujours gravement dégradés. Le castor fera le reste, augmentera la biodiversité, améliorera l'infiltration de l'eau dans les nappes phréatiques, épurera les eaux polluées par lagunage et régulera les débits.
Source : Pays des castors
Evolution de la population de castors en 2008, en Belgique
Questions posées à Olivier Rubbers
Comment a évolué la population de castors en Belgique?
Actuellement, le castor a reconquis la totalité des plus grands cours d'eau wallons (Our et Sûre, Rur, Vesdre, Amblève, Ourthe, Lesse, Lomme, Semois, Meuse, Dyle, etc.) et nombre de leurs affluents. Sa popualtion est estimée entre 600 et 800 individus. Ils continuent à conquérir de nouveaux territoires.
Quelles sont les difficultés rencontrées dans cette conquête, pour l'homme et pour le castor?
Dans les deux cas, aucune difficulté objective n'est rencontrée jusqu'à présent.
Y a t-il enfin un suivi officiel en Belgique, un Plan castor comme en Suisse?
Le castor est suivi principalement par le Réseau Castor, c'est à dire notre organisation composée de bénévoles. Sur le plan officiel, Benoît Manet du Centre de Recherche Nature Bois et Forêts est chargé par la Région wallonne du suvi du castor. En pratique, nous collaborons les uns avec les autres.
En quoi la présence du castor favorise t-elle la biodiversité et l'entretien des rypisilves? Quelle succession d'évènements favorisent l'apparition de nouvelles espèces dans les milieux où vivent les castors?
Le castor joue un rôle écologique vital. En construisant des barrages, le castor crée des habitats naturels sous la forme de zones humides (lacs, marécages, étangs, nouvelles rivières) et cela de façon massive! Mais, en plus, il offre le service après vente car il gère ces habitats naturels en coupant les arbres.
Ces coupes éclaircissent les berges augmentent la quantité de lumière qui arrive à l'eau et donc la photosynthèse. C'est tout l'écosystème qui ressuscite! En profitent en chaîne le plancton, les insectes, les batraciens, les poissons, les chauves-souris, martins-pêcheurs, hérons, cigognes, blaireaux, putois, etc.
Sans l'action stratégique du castor, la végétation se referme sur les zones humides, la quantité de lumière qui arrive à l'eau diminue, faisant chuter successivement les populations de plancton, batraciens, poissons, etc. Là où le castor s'installe, la biodiversité explose! De plus, les sommes consacrées aux débroussaillages des berges sont économisées. C'est le castor qui se charge du travail.