CORSE - Avant, on prenait des chiens pour protéger le cheptel des renards. Aujourd'hui, ce sont les chiens qui sont devenus les principaux prédateurs pour les troupeaux d'ovins». (NDLB: Un cheptel de renards? ;-)
Eleveur de brebis sur la commune de Montegrossu, en Balagne, Jean-Marie Agostini sait de quoi il parle. Cette semaine encore, il a retrouvé vingt-quatre femelles adultes et quatre béliers, morts ou agonisants, égorgés par des chiens errants. Ce n'est pas la première fois que cela arrive et il sait très bien qu'il aura encore à subir des pertes comme beaucoup de ses confrères, en Balagne ou dans d'autres microrégions de l'île.
Face à un problème qui devient récurrent, les éleveurs ovins tirent la sonnette d'alarme. Las d'en appeler à la responsabilité des propriétaires de chiens, ils entendent aujourd'hui demander aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour enrayer ce fléau, car ces chiens qualifiés d'errants ne sont pas pour autant des animaux sauvages. Tous ou presque ont des maîtres, aimants le plus souvent, qui les laissent divaguer à leur guise, principalement dans le monde rural. Livrés à eux mêmes jour et nuit, les chiens se regroupent et forment de petites meutes qui s'en prennent quasi systématiquement aux troupeaux. Si certaines races (husky, bergers allemands, beaucerons et autres chiens de gros gabarits) ont un instinct de chasse plus prononcé, d'autres animaux, totalement dociles et inoffensifs, peuvent devenir agressifs dès lors qu'ils se déplacent en bande.
Attaques traumatisantes pour l'ensemble du cheptel
«La loi existe. Il suffit de la faire respecter. Nous ne pouvons plus tolérer que nos troupeaux soient ainsi décimés», s'indigne le berger. Outre les pertes animales, ces attaques à répétition laissent des traumatismes sur les troupeaux. Les bêtes, sous l'effet du stress, changent totalement de comportement. Parfois de manière définitive. C'est principalement le cas des ovins (voir les explications du vétérinaire par ailleurs); les chèvres, quoique également exposées, sont plus méfiantes, plus agiles et plus agressives. Et même si dans la plupart des cas, les assurances indeminsent les éleveurs, les dommages sont conséquents. Et la récurrence du phénomène peut générer des réactions de rejet vis à vis de la race canine. Même s'ils savent que ce n'est pas une solution, beaucoup de bergers avouent qu'ils n'hésiteraient pas à tuer des chiens pour protéger leur troupeau. «Souvent , lorsque nous découvrons nos bêtes égorgées le matin, les chiens sont déjà loin. Et même si on sait pertinement de quel animal il s'agit, il est difficile d'apporter des preuves formelles. Souvent aussi les propriétaires refusent d'admettre la réalité.»
Il faut savoir aussi qu'un chien, même le plus inoffesnsif à la base, conservera son instinct prédateur après une première attaque. Et y reviendra quasi systématiquement. «Le renard peut nous prendre un agneau ou deux parce qu'il a faim. Les chiens tuent ou blessent les brebis pour rien. En moyenne, nous perdons au minimum 3 ou 4 brebis par trimestre. C'est beaucoup !» conclut Jean-Marie Agostini.
Isabelle VOLPAJOLA
Source : Corse matin, 20/04/2008
Un correspondant de presse local, membre d'une association de défense du patrimoine et de l'identité pyrénéenne déclare à propos des chiens errants : «Comme nous l'avons vu en avertissement, manipulations et mensonges sont la règle dans le domaine de la prédation afin de coller avec les théories et idéologies des groupuscules écologistes militants et plus particulièrement de quelques associations qui ont pour fond de commerce l'introduction / réintroduction / importation de grands prédateurs. Des revues (NDLB: Une cabale!) n'hésitent pas à procéder de la même manière pour coller au politiquement correct d'écologistes de salon constituant l'essentiel de leur lectorat. Ce genre de manipulation des chiffres (NDLB: sur la prédation des chiens errants) a été exercé par Sciences et Avenir et Alpes Magazine.»
Selon laurent Garde du CERPAM (Le CERPAM, le SIME et l'Ecole Nationale d'Ingénieurs des Travaux Agricoles de Clermont-Ferrand (ENITAC) se sont associés pour élaborer une base de données concernant les dégâts de chiens errants ou divagants sur les troupeaux ovins dans le Luberon) :
«Les premiers résultats concernant 5 territoires et 163 troupeaux montrent un taux de prédation annuel moyen variant entre 0,1 et 0,3 % selon le territoire. (...) Les chiens sont un réel souci pour les éleveurs, qui sont vigilants en raison d’approches fréquentes des troupeaux. Par contre, le "passage à l’acte" est rare, 70 % des éleveurs n’ayant subi aucune attaque sur la période considérée. Mais un très petit nombre d’éleveurs subissent des attaques récurrentes qu’ils ne parviennent pas à enrayer en raison de conflits de voisinage. En effet, l’un des résultats remarquables de cette étude est que les chiens sont repérés à l’attaque dans la plupart des cas (80 %), et leur propriétaire le plus souvent identifié. Il s’agit de chiens divagants de résidents de proximité, rarement des chiens de touristes, exceptionnellement des chiens abandonnés et réellement errants (1 seule attaque en 4 ans).» (Source : Lettre du CERPAM n°10)
Dans une autre étude, dans le Jura cette fois, selon le professeur Brunschwig (professeur de zootechnie au département «agriculture et espace» de l’Enitac de Clermont-Ferrand) : «le massif du Jura enregistre la plus forte prédation canine recensée, avec 0,41 attaque par élevage et par an (soit une attaque tous les deux ans et demi environ)». Pour lui, «le chien attaque généralement de jour, est vu à l’attaque dans 90% des cas, et n’hésite pas à s’approcher des fermes. Le loup n’est vu que dans 5% des cas, ses attaques sont nocturnes et territorialisées, rarement près des fermes.»
«En matière de savoir-faire des éleveurs», le professeur Gilles Brunschwig note aussi «que dans toutes les zones où le loup a fait son apparition, des mesures de protection ont été prises rapidement, ce qui a réduit le nombre de victimes par attaque du loup. Après le pic de 1999, à six victimes par attaque, les mesures de protection ont permis de revenir en 2005 à 3,8 ce qui est un premier indicateur d’efficacité.» (Source Bruno Besche Commenge : "Des Alpes au Jura, attaques de chiens : les faux chiffres des associations pro-ours et pro-loups. OU quand l’invention remplace la connaissance.")
Dans Le droit des brebis, Mathieu Erny écrit : "le problème des chiens errants est réel et mérite d'être traité sérieusement. Car il faut savoir que si un éleveur va à la gendarmerie se plaindre d'un problème de chiens errants, l'agent pragmatique lui répond souvent: "Eh bien ... tâchez de ne pas vous faire prendre!" Sachant pertinemment qu'une intervention légale est généralement impossible à pratiquer. L'éleveur ne se vantera donc pas." (Source : Le droit des brebis)
Ce phénomène des pertes dues aux chiens errants ou divaguants non déclarées est récupéré par Louis Dollo, le correspondant de presse local précité, quand il écrit : «Personne n'en parle ! Pourquoi donc ? Peut être qu'il n'y en a pas ou si peu… Mais alors comment se fait-il que seuls les défenseurs de l'ours nous avancent des statistiques oratoires en disant : "il y a plus de prédations par chiens errants que par ours". Comment le savent-ils puisque personne n'en parle et qu'ils sont eux-mêmes incapables de fournir des chiffres précis comme il en existe pour l'ours ?» (Source : Pyrénées-pyréniais)
Télécharger l'étude "Attaques de chiens sur les troupeaux ovins dans le Luberon et comparaison avec la prédation en territoires à loups" par Laurent GARDE du Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée.
C'est bien connu, les corses sont des menteurs, mais là où il n'y a ni ours ni loup, on en parle, malgré la loi du silence. Etonnant, non?