Les pratiques agricoles de nos ancêtres auraient-elles commencé à réchauffer le climat des milliers d’années avant que nous ne brûlions industriellement du charbon et conduisions des voitures ? Bien que controversée, cette hypothèse récente a ses arguments, révélait un article fort intéressant, «La révolution néolithique a-t-elle modifié le climat ?», de William Ruddinam, paléo-océanographe, professeur émérite de sciences de l’environnement à l’Université de Virginie, aux Etats-Unis,
Voici des extraits de son article paru dans le magazine Pour la science [Pour la science, n°330, avril 2005, pp.31-37. W. Ruddiman est l’auteur de Plows, plagues and petroleum : how humans took control of climate, Princeton University Press, 2005.] : « Les hommes de l’ère industrielle ne sont peut-être pas les premiers à avoir modifié de façon globale. Je suis récemment parvenu à la conclusion que nos ancêtres agriculteurs ont commencé à émettre ces gaz dans l’atmosphère il y a plusieurs millénaires, et que la modification du climat global, sous l’effet des activités humaines est intervenue bien plus tôt qu’on ne pensait. » S’étant aperçu que l’évolution des gaz à effet de serre s’est modifiée il y a environ 8 000 ans, et qu’on ne pouvait la déduire des comportements antérieurs, il en a conclu que « les activités humaines liées à l’agriculture - le déboisement et l’irrigation des cultures en
particulier - avaient libéré du dioxyde de carbone et du méthane supplémentaires dans l’atmosphère. Ces activités expliqueraient à la fois les renversements de tendance des gaz à effet de serre et leur augmentation jusqu’au début de l’ère industrielle, augmentation qui s’est en outre accélérée avec l’essor technique et économique de l’humanité. »
Si cette théorie est contestée, comme toutes les théories et celles relatives au climat en particulier, elle a le mérite d’aborder le sujet sous un angle assez tabou. En effet, jusqu’à une époque récente la révolution néolithique (en réalité c’est une rupture) était parée de toutes les vertus. Les temps changent désormais.
Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées" commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.
Stephan Carbonnaux