En dehors du cas de certains animaux devenant familiers, l’ours est un animal discret ou farouche, qui évite l’homme, que l’on voit peu [Le constat de cette rareté est symbolisé par la fameuse formule de « l’homme qui a vu l’ours » !], y compris quand sa population est dense. L’ours est un animal solitaire, qui parcourt un vaste territoire, aux limites imprécises, variant au long de la vie de l’animal. Les comportements sont très différents selon les sexes :
- les femelles adultes, catégorie la moins vagabonde, utilisent un territoire de 30 à 60 km2, qui comporte des zones favorables à l’alimentation des jeunes. Les jeunes restent deux ans avec la mère et l’apprentissage des ressources alimentaires du milieu paraît très important. Les mises bas, habituellement gémellaires ou triples, ont lieu tous les 3 ans. La mortalité juvénile est assez forte, par accident ou prédation, y compris par les ours mâles adultes dans certaines régions (Cantabrique). Les mères «gardent leurs filles auprès d’elles en leur cédant une partie de territoire, mais chassent leurs fils pour qu’ils ne risquent pas de se reproduire avec elles».
Cette explication imagée [Marko Jonosovic, Institut forestier slovène.] correspond à une réalité constatée partout. Les femelles sont organisées en groupes familiaux. Ce comportement est mis en évidence en Scandinavie par du suivi radio de longue durée ; il est constaté en Slovénie et en Cantabrique, en phase de recolonisation, avec l’apparition et l’accroissement de groupes de femelles reproductrices. L’ours subadulte, après trois ans, a peu d’ennemis, hormis ses congénères, et l’homme. La longévité est d’environ 25 ans. L’espacement des naissances et la mortalité de jeunes font que le taux d’accroissement de la population est lent, de l’ordre de 10% annuel au plus. - les mâles ont un comportement erratique au départ, puis évoluent sur des territoires très vastes d’environ 100 km2 ou plus, variant au long de leur vie en fonction de leur statut social. Les territoires des mâles dominants, reproducteurs, sont centrés sur celui des noyaux de femelles. Pour les Pyrénées, c’est l’ensemble du massif qui est susceptible d’être fréquenté par des individus mâles, colonisateurs ou erratiques. Il faut d’ailleurs noter que des mâles issus des animaux réintroduits en 96/97 dans les Pyrénées-Centrales (d’où l’espèce avait disparu dans les années 1980) se sont dispersés aux confins des Pyrénées-Orientales (Boutxy) et des Pyrénées-Atlantiques (Néré).
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Superposition du domaine vital d'un ours mâle sur plusieurs domaines vitaux de femelles. © Photo Baudouin de Menten. Slovénie
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