Dans les trois pays européens visités, des territoires ont ainsi, comme dans la proposition présentée supra, été délimités. Leur représentation cartographique existe avec une large diffusion. Sont représentées les zones où la présence de l’ours est reconnue et acceptée, et les zones dans lesquelles la présence de l’ours est, soit considérée comme impossible parce que les habitats adéquats n’existent pas, soit parce que la densité d’occupation humaine et les activités sont jugées incompatibles avec la présence de l’ours.
Cette délimitation s’est faite avec la participation des élus et de la population. Dans le contexte pyrénéen actuel, en tenant compte, d’une part, de la biologie de l’ours, qui pourrait l’amener à réoccuper tout l’espace montagnard occupé il y a un siècle, et, d’autre part, de l’opposition majoritaire actuelle des acteurs locaux à la présence de l’ours, il n’est évidemment pas envisageable aujourd’hui de délimiter unilatéralement des zones par un trait sur une carte, c’est-à-dire de définir un zonage, comme il est proposé ici, sans la participation de toutes les parties prenantes et «l’adhésion de la population locale [Lettre du Secrétaire Général de l’Elysée du 1 septembre 2007 au maire de Saint-Lary]».
La mission n’était évidemment pas mandatée pour esquisser une telle négociation sur un, ou plusieurs, territoire(s), ni sur des critères de choix de territoires. Elle estime que la proposition de qualification de territoires de présence, et l’attente, sinon la nécessité, de trouver une «porte de sortie honorable pour tous», qu’elle a ressentie pendant les voyages et lors de ses entretiens de terrain, est l’occasion d’engager cette participation.
Cela pourrait se faire, soit par une négociation entre les représentants des différents intérêts en présence, sur le contour de ces territoires, avec un accord préalable sur la représentativité des participants et sur la méthode ; soit par l’application plus ou moins mécanique de critères de choix des territoires, l’établissement de ces critères ayant fait lui-même préalablement l’objet d’une négociation ; ou par tout autre vecteur [A cet égard, la mission a pris connaissance de la proposition d’étude de faisabilité «portant sur la réalisation d’un cantonnement d’ours dans les Pyrénées», proposée en mai 2007 par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (ASPAP)] ou méthode de concertation à mettre en place.
Sur la base de ses propositions de qualification, la mission recommande la mise en place d’un groupe de travail pyrénéen permettant de remettre les acteurs autour d’une table, pour engager le travail technique d’évaluation de ces propositions et la négociation politique de leur acceptabilité sociale.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de le buvette
La "mise en place d’un groupe de travail pyrénéen permettant de remettre les acteurs autour d’une table, pour engager le travail technique d’évaluation de ces propositions et la négociation politique de leur acceptabilité sociale" va t-elle se faire en quelques mois ou ... en quelques années. Il y a urgence. Il ne faudrait pas refaire un nouvel IPHB, une usine à réunions. Les antis ont tout intérêt à faire traîner les choses et à continuer leur travail de sape sur le terrain (battues, braconnage, dérangements...). La première réunion de présentation a bien eu lieu, la suivante est prévue pour l'automne. Surtout ne pas se presser.
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