Protection contre le loup: gare aux patous

Aides bergers et parcs de nuit, les mesures de protection portent leurs fruits, mais les éleveurs sont réserves par rapport aux chiens patous. Et la situation est plus difficile dans les nouvelles zones de colonisation comme en Savoie.

Le loup a colonisé de proche en proche presque tout l'arc alpin en France et le climat s'est petit à petit apaisé autour de son installation.  Ce qui ne veut pas dire que les éleveurs acceptent dans leur ensemble l'arrivée de Canis Lupus. Le climat a changé pour des raisons politiques. L'arrivée du loup au début des années quatre vingt dix avait correspondu à la présence au gouvernement de Dominique Voynet, ministre ( Vert) de l'Environnement, période pendant laquelle les défenseurs du loup avaient, reproche formulé par les opposants au canidé, "leurs entrées" au ministère, les éleveurs se trouvant dans l'opposition politique.

Eleveurs et bergers déploraient le déséquilibre juridique entre une espèce protégée, et leur propre «espèce» qu'ils considéraient menacée par le contexte économique, mais aussi par l'arrivée du loup. Manifestations et braconnage ont défrayé la chronique pendant plusieurs années.

La situation est apaisée. L'évolution du contexte politique y est pour quelque chose. Le monde pastoral a eu le sentiment d'être plus écouté depuis que la droite est revenue au pouvoir. La droite a fait droit à des revendications de base du monde de l'élevage ( et agricole) , en légalisant en particulier les « prélèvements » , réalisés par l'autorité publique, rendu possibles cette année, par les éleveurs et bergers eux-mêmes dans des conditions strictes ( voir l'infothèque d'Enviscope: loup) La mise en place de toute une série d'aide techniques a contribué à adapter éleveurs et bergers à des conditions nouvelles de travail, qui restent souvent difficiles.

Dégâts globalement stabilisés

Les niveaux de dégâts se sont globalement stabilisés. Les attaques dépendent encore du niveau de protection des troupeaux, mais aussi des conditions locales et de la météo. Un temps brumeux favorise les attaques. Les attaques dépendant aussi de l'environnement. Un «secteur comme le nord de Belledonne, avec des forêts proches des troupeaux reste un secteur sensible" explique Yves Raffin, directeur de la Fédération des Alpages de l'Isère. Plusieurs attaques ont eu lieu cette année, dans des zones de présence permanente, dans le secteur de la Chapelle en Vercors, de Treschenu, de Saint Agnan, aux confins de la Drôme et des Hautes Alpes. Les secteurs de colonisation nouvelle ou incertaine, peuvent poser problème, comme en Savoie, où les bovins allaitant restent dehors et où des veaux ont été agressés.

Si les techniques de protection passive (filets, etc) et si les aides sont approuvées par les bergers et par les éleveurs, les professionnels critiquent les chiens patous, au nom de la sécurité «Tous les jours, il y a des problèmes», note Yves Raffin de la Fédération des Alpages de l'Isère. «Les patous cela ne marche pas dans nos secteurs où 75 % des alpages sont parcourus par des randonneurs. Il y a des plaintes, il y a des accidents,un jour il y aura un accident plus grave».

En fait, explique un technicien, les patous peuvent poser un problème de gestion a aux éleveurs et aux bergers, non pas tant sur le plan de la sécurité et de la responsabilité, qu'au niveau de la charge représentée par l'animal. Un patou doit être élevé, nourri à l'année, même lorsqu'il ne travaille pas. Il peut aussi poser des problèmes dans les villages où il séjourne en dehors de la saison d'estive.

Il n'en reste pas moins qu'en Savoie, en particulier en Maurienne, en particulier cette année, trois chiens patous ont été retrouvés empoisonnés par leur propriétaire depuis le début de l'année. (Lire : Des chiens meurent empoisonnés) Plusieurs randonneurs ont été mordus, plusieurs dizaines de promeneurs ont été impressionnés, effrayés par ces chiens de plus de 50 kilos dressés pour défendre énergiquement leur troupeau. Des responsables d'entreprises touristiques mettent en garde contre les risques de remise en cause de la fréquentation de certains secteurs. En plus du loup, c'est le patou qu'il faut surveiller.

Michel DEPROST
Source : Enviscope

Rare sont ceux qui disent encore "Les patous, celà ne marche pas". Par contre, ceux qui refusent la protection des troupeaux par les patous (suivez mon regard) utilisent souvent comme argument :

  • Le danger que représente le patou pour les promeneurs
  • La responsabilité du berger en cas d'attaque, les procès qu'il encoure..

Comme pour tous les chiens, l'éducation du patou est importante. L'éducation du promeneur l'est aussi, il doit savoir comment se comporter en montagne.

Pour que "celà marche", il ne suffit d'acheter un patou et de le lâcher avec le troupeau. Pour bien comprendre la problématique des chiens de protections, ce qu'il faut faire pour que la protection soit efficace, pour trouver des solutions aux problémes des bergers, voici quelques notes importantes :

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