Sur la planète, les ours vivent dans différents types d’habitats, la plupart sous couvert forestier [Bears – statut et conservation – Rapport de la commission spécialisée de l’UICN sous la direction de Christopher Servheen, co-président de la commission spécialisée de l’UICN sur l’ours, responsable de la gestion de l'ours grizzly aux Etats-Unis - United StatesWildlife and Fish Service (USWFS)] : forêts tropicales, forêts de conifères et de feuillus, forêts de montagne.
Schématiquement, les ours bruns occupent, de nos jours, deux types de milieux :
- les forêts et toundras arborées nordiques, où les ressources alimentaires végétales sont dispersées, ou disponibles sur une courte période, et où il trouve souvent des ressources complémentaires en poissons, carcasses, micro mammifères. Les densités d’ours y sont faibles, de l’ordre de 1 individu pour 100 km2, sur des surfaces immenses ;
- les montagnes tempérées et méridionales, où la diversité et la quantité de nourriture est importante, sur des territoires réduits. La densité d’ours atteint 10 individus pour 100 km2 dans les Carpates et les Alpes dinariques, environ 3 pour la même superficie en Cantabrique et dans le Trentin.
L’habitat préférentiel de l’ours en Europe est la forêt tempérée de feuillus. Elle a été largement détruite et il n’existe plus de grands massifs forestiers de plaine hébergeant l’ours brun qu’en quelques territoires d’Ukraine et de Russie méridionale.
L’ours des montagnes méridionales est un animal essentiellement forestier :
- En Asturies, il vit dans un milieu très boisé, partiellement occupé de landes à genêt, qui s’est étendu dans la deuxième moitié du XXème siècle, favorisé par le climat océanique.
- Dans le Trentin, il occupe l’espace forestier, qui comporte sur 1000m d’amplitude altitudinale (500-1500m) une forêt feuillue riche en hêtres et châtaigniers, et se situe entre les vergers fruitiers en bas et les alpages à moutons en haut, faisant des incursions saisonnières dans ces deux milieux pour compléter son alimentation.
- En Slovénie, l’ours occupe les forêts continues du karst, se rapprochant aussi pour s’alimenter des lisières urbaines et agropastorales.
L’ours brun, issu d’une lignée de mammifères carnivores, peut se nourrir presque exclusivement de végétaux à condition qu’ils soient à haute teneur en protéines, glucides, vitamines.
Il passe une grande partie de son temps à rechercher une nourriture riche, mais dispersée. L’ours explore pour cela rapidement de vastes superficies, jusqu’à ce qu’il trouve à satisfaire ses besoins vitaux du moment. Ces besoins alimentaires sont très proches de ceux de l’homme. L’ours surmontant sa méfiance peut rechercher des ressources alimentaires en se rapprochant de l’habitat humain : petits animaux domestiques, miel, fruits, déchets. Cette tendance paraît être accentuée quand l’ours vit dans des milieux naturels pauvres, telles les Rocheuses centrales aux USA, et/ou quand la population ursine est dense comme en Slovénie.
La répartition de la population pyrénéenne ressemble à celle des autres montagnes du sud de l’Europe, c’est-à-dire devenue progressivement isolée par la destruction de l’habitat forestier en plaine et par la chasse, depuis l’époque romaine.
De nos jours, des Asturies au Pakistan, en passant par les Pyrénées, les Alpes, l’Apennin, le Taurus, le Caucase, l’Elbourz, on trouve des populations d’ours brun isolées dans les montagnes du sud. Ainsi, dans les Pyrénées, la population était encore présente au début du XXème siècle sur l’ensemble du massif avec 150 individus estimés ; c’est vers le milieu du XXème, avec un effectif chuté à 70 individus que la population s’est séparée en deux noyaux [D’après Elodie Bonnemaison, mémoire en mastère « Pratiques cynégétiques en présence d’ours brun dans le Haut-Béarn » - janvier 2006] : le Béarn et les Pyrénées centrales.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
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