par Patrick Pappola
Une caricature bien réelle
N'hésitant pas à faire feu de tout bois pour taper contre l'ours, fabuleux bouc-émissaire, les «ultrapastoraux» qui ne voient la montagne que par leur activité d'élevage exclusive et excluante, tentent d'utiliser le concept de biodiversité pour essayer de disqualifier l'ours (NDLB: L'ours serait néfaste à la biodiversité) qui fait pourtant partie intégrante du patrimoine naturel et culturel pyrénéen qu'elles sont censées défendre d'après leur intitulé (défense de l'Identité, du Patrimoine ...).
Faut-il réellement s'attarder sur ce concept anti-ours de « biodiversité à visage humain » qui fut le thème principal des Pastoralies 2008 organisées par l'association anti-ours ASPAP ?
Lors de ce rassemblement estival, la FNSEA, bien connue pour son amour sans limites pour la nature, donc pour la biodiversité (mais aussi, les OGM, ou les eaux farcies de nitrates et de pesticides), est venue remettre de façon spectaculaire un chèque de 3000 euros pour dédommager les délinquants qui ont saccagé le village d'Arbas le 1er avril 2006. Il s'agissait de payer une partie de l'amende que le tribunal a infligé à des personnes qui n'hésitent pas à incendier le mobilier d'un village, à détruire une œuvre d'art par le feu, à saccager la mairie, l'école et un appartement de particulier (qui fut blessé) pour affirmer leur haine de toute idée et de tout effort pour cohabiter avec l'ours. Nous replongeant dans une ambiance d'autodafé en plein XXIème siècle.
Arbas a en effet le tort impardonnable pour les ultrapastoraux de savoir conjuguer biodiversité pyrénéenne (sans exclusive cette fois) et mise en valeur du territoire et du travail de ses habitants. Haro sur Arbas !
Selon nos ultrapastoraux, il existerait donc une «biodiversité à visage humain» version FNSEA qui exclurait des Pyrénées (et des montagnes en général) ours, loups, lynx et même vautours ! (NDLB: néfaste à la biodiversité ou génant pour l'élevage sans gardiennage?) C'est ce que contient le manifeste signé par nos ultrapastoraux à Paris le 10 octobre 2007, manifeste exigeant «l’arrêt de la réintroduction d’ours et son cantonnement dans des zones appropriées ; le retrait des loups dans les zones d’élevage et la régulation des populations de vautour et de lynx.» On sait très bien ce que cela signifierait pour ces espèces dans notre pays. C’est donc cela le visage «humain» de la biodiversité, un visage d'éradicateur.
Le glissement insidieux
Voilà pour la caricature violente et brutale mais néanmoins bien réelle par laquelle on tente de «tordre» le concept de biodiversité jusqu'à en faire son contraire. Pourtant, les ultrapastoraux savent aussi se faire plus subtils et utiliser l'illusion pour en arriver au même objectif. Pour cela, ils essayent d'utiliser un allié de taille : l'écologie !
Depuis quelques mois, on les voit en effet utiliser le réseau européen Natura 2000, entre autre pour justifier leur existence (pourtant tout à fait légitime et que la présence de l'ours ne remet nullement en cause) et apparaître comme les «nettoyeurs ou jardiniers de la montagne» ou les seuls véritables «garants de la biodiversité des estives» (pâturages de montagne) avec comme sous-entendu, l'idée grotesque selon laquelle l'ours serait l'ennemi de cette biodiversité puisqu'il est forcément l'ennemi de leur «biodiversité à visage humain», celle qui ne pense qu'à l'éradiquer. En effet, selon eux, "les troupeaux permettent de sauver la biodiversité des montagnes en permettant, grâce au broutage, de maintenir les milieux ouverts", c'est à dire en l'état de prairies, de pâturages sur lesquels la dent du mouton empêche la forêt de recoloniser les espaces que, pourtant, l'homme lui a pris depuis des siècles à grand renforts de défrichements et d'incendies.
Ce raisonnement peut paraître séduisant si on l'embrasse de façon superficielle, si l'on ne connait pas la situation réelle sur le terrain ou si l'on souhaite à tout prix l'utiliser contre l'ours. C'est en réalité une grossière escroquerie intellectuelle.
(NDLB: lire « L'ours, véritable ami de la biodiversité des estives du même auteur».)
Revenons un instant sur le rôle que joue le pastoralisme pyrénéen actuel pour maintenir les milieux ouverts avant de se pencher sur Natura 2000 et ses limites puis sur la place qui y est faite pour l'ours dans les sites pyrénéens de ce réseau européen.
Le pastoralisme actuel n'est plus capable de jouer le rôle qu'on veut lui assigner
En effet, «la montagne s'embroussaille». La déprise agricole constante depuis des années, provoque un abandon de prairies et la forêt gagne du terrain un peu partout, dans les Pyrénées comme ailleurs dans notre pays. Ce n'est d'ailleurs pas forcément un problème, bien au contraire : il s'agit bien souvent d'un retour à une situation où la quasi-totalité de notre pays était couvert de forêt, avec des clairières et des espaces "ouverts" en mosaïque.
(NDLB: La carte animée "Evolution probable des zones boisées de 500 av. J.C. à 2000 montre bien la disparition progressive de la forêt et qu'il s'agit donc bien d'un timide retour. Lire aussi "Quand la nature reprend ses droits" par Stéphan Carbonnaux.)
Qui peut imaginer que de nos jours, pour en rester aux Pyrénées, le pastoralisme pourra faire reculer cette avancée de la forêt avec ses faibles moyens ? Comment le pastoralisme pourra arrêter sa déprise actuelle, alors que non rentable, dépendant au deux tiers des subventions françaises et européennes, subissant actuellement la très grave crise sanitaire de la fièvre catarrhale, il concentre en priorité son attention au combat contre les grands prédateurs et pas aux causes, bien plus graves, de son déclin. ? Assurément personne, sauf quelques politiciens locaux, impliqués eux-mêmes dans ce qui ressemble à un suicide collectif.
Alors pourquoi les ultrapastoraux tentent-ils de le faire croire au public, aux élus, aux décideurs et à eux mêmes finalement en laissant entendre que les estives et les espaces intermédiaires seront maintenus ouverts par les troupeaux ? C'est ignorer l'énorme déprise agricole qu'a connu notre pays jusqu'aux années 80 et les Pyrénées illustrent très fortement cette situation. Il faudrait multiplier le cheptel pyrénéen par combien de centaine ou de milliers pour obtenir que les troupeaux freinent l'avancée de la forêt sur tout le massif pyrénéen ?
Alors même qu'aujourd'hui les filières ovines, que ce soit pour la viande ou même pour le lait, peinent tant à vendre leurs productions face à la concurrence internationale et déjà à celle de la plaine, tout simplement.
Qui osera dire à ces éleveurs la vérité qu'ils connaissent pourtant parfaitement. Avec leurs troupeaux, ils peuvent maintenir certaines parties des paysages "ouverts", mais en aucun cas maintenir la biodiversité floristique des immenses prairies d'altitudes. Et l'ours n'y est pour rien !
La biodiversité "élue" de Natura 2000
Peut-être que cet aveuglement face à ce que le pastoralisme est capable ou pas de réaliser pour "la biodiversité" à notre époque est dû au fait que les gestionnaires de la nature, les rédacteurs des DOCOB (documents d'objectifs pour chaque site Natura 2000) et in fine, les préfets et l'Etat, ont tellement voulu brosser le monde agricole dans le sens du poil pour éviter toute opposition aux mesures de conservations préconisées pour les habitats (Natura 2000 est un réseau sensé protéger les "habitats naturels" et les "espèces" inféodées à ces habitats), qu'à force de distiller à tout bout de champ l'idées selon laquelle il n'y aurait pas de biodiversité sans troupeaux, cette image s'est insinuée dans les esprits d'une partie non négligeable de la société.
Voilà peut-être un effet collatéral d'un excès de communication visant certainement à arracher des négociations favorables avec les agriculteurs dans le cadre de la rédaction des "DOCOB" (Documents d'Objectifs de chaque site Natura 2000).
Pourtant, tout en reconnaissant l'intérêt de mettre en place un tel réseau européen, des critiques de fonds désormais audibles ont été faites au sujet de Natura 2000 et de son impact réel sur la préservation de la biodiversité. Après la redoutable manipulation de la « biodiversité à visage humain » par l'ASPAP, de quelle biodiversité parle-t-on ? Voilà ce qu'en dit dès 2004, le naturaliste Gilbert COCHET, agrégé de sciences naturelles et correspondant au Museum National d'Histoire Naturelle, président de la Réserve Naturelle des Gorges de l'Ardèche (extraits de "La voie du loup" N°19, page 10, fin 2004.) :
"(...) Je pense que Natura 2000, avec ses listes d’espèces et d'habitats, a entraîné une dérive malgré les avancées de ce principe : " j’ai une liste d’espèces, il faut que je produise ces espèces ! ". Et donc, on aménage tel milieu pour produire telle espèce. Quand le fonctionnement d'un écosystème est rendu totalement artificiel, pourquoi pas ? Mais il faut faire très attention aux messages que l’on fait passer et ne pas oublier les habitats primaires des espèces. (...).
"(...) On est dans cette situation là : aujourd’hui dans notre pays, on a la chance immense d’assister au retour de la forêt. Mais il est vrai que ce stade de réinstallation n’est pas le meilleur, c’est long. Vous savez, quand on entretient une pelouse à orchidées, vous passez la " tondeuse " et quelques mois après ¬ quelques années parfois -, c'est bon, pour le gestionnaire c’est merveilleux : s’il a un programme LIFE [L'Instrument Financier européen de l'Environnement ] de cinq ans, il a des résultats ! Mais si vous mettez un programme équivalent sur la forêt, vous verrez qu’il faut presque des siècles pour que les équilibres se réinstallent. Or, comme les hommes politiques, nous voulons des résultats immédiats ! (...)"
"(...) C'est là qu’il y a une erreur et ça revient à ce que l’on disait au préalable. On a créé des milieux ¬ reprenons l’exemple de la pelouse à orchidées ¬ où on a une densité énorme d’orchidées et en passant régulièrement la " tondeuse "¬ le mouton ¬ dans le cadre d’un plan de gestion précis, on va favoriser ces espèces avec des concentrations qui sont totalement artificielles, il faut quand même le dire. De là, comme ces espèces se développent en grande quantité dans ces milieux ouverts, on croit qu’elles n’existaient pas dans les milieux fermés.
Prenons l’exemple des oiseaux : lorsqu’on regarde les espèces présentes dans la forêt primaire de Bialowieza, en Pologne, on se rend compte de leur grande diversité, on rencontre la pie-grièche écorcheur (avec la meilleure densité d’Europe), l’alouette lulu, la grue cendrée, les rapaces comme la buse variable, le faucon crécerelle. C’est-à-dire des espèces qui, chez nous, se sont adaptées secondairement à des milieux agricoles. Il n’existe aucune espèce inféodée au milieu agricole, celui-ci a été créé bien après l’apparition de ces espèces. Il s’agit uniquement d’une adaptation secondaire de leur part car il ne s’agit pas de leur milieu originel.(...)"
Critiques sur la méthode Natura 2000
Au delà de cet important débat sur le retour de la forêt, de sa biodiversité et même de ses milieux ouverts, (Gilbert COCHET précise aussi que «des milieux forestiers uniformément fermés, ça n’existe absolument pas ; c’est toujours des mosaïques de petits milieux ouverts dans des milieux dits fermés.» dans "La voix du Loup n° 19" - Octobre 2004, p10), des critiques sur la méthode Natura 2000 ont été émises par des spécialistes de la conservation de la nature. Ainsi dans son article «Préserver la biodiversité, une stratégie pour éviter les pièges», Marc CHEYLAN, Maître de conférences à l’Ecole Pratique des Hautes Études et rattaché au laboratoire de l’Université de Montpellier publie dans "Espaces Naturels" n° 20 d'octobre 2007, p. 28 confirmant les critiques de Gilbert COCHET à propos de Natura 2000, : « (...)sa conception est fixiste, elle n'envisage guère l'évolution des systèmes naturels. Sa mise en œuvre repose d'ailleurs sur l'utilisation de la phytosociologie, discipline fortement remise en cause aujourd'hui. (...) certains de ses présupposés sont aujourd'hui caducs, notamment la stabilité dans le temps des associations végétales. (...) ».
Suite à une demande de précision de la part d'Emmanuel LIERDEMAN, ingénieur agronome, écologue et géographe qui abonde dans son sens, Marc CHEYLAN poursuit dans le n°22 de cette même revue nationale des professionnels des espaces naturels sous le titre "Phytosociologie contre dynamique végétale", en p. 41 : «On peut donc s'étonner que les artisans de la directive européenne Habitats [charpente de Natura 2000 avec la Directive Oiseaux] aient fait appel à cette discipline [la phytosociologie] pour orienter les politiques environnementales européennes. (...) cette conception a été remise en cause par de nombreux auteurs pour qui les dynamiques végétales sont aussi contrôlées par les hétérogénéités locales, les perturbations (incendies, tempêtes...) et les impacts anthropiques.(...). Dans certains cas très particuliers, les conditions environnementales peuvent malgré tout maintenir des formations végétales en état de quasi-stabilité (...) mais dans la majorité des cas, l'équilibre observé est instable, voire fugace. (...).»
Une gestion par le petit bout de la lorgnette
Marc CHEYLAN termine ainsi : «Pour le praticien de la conservation, ce débat n'est pas neutre. Dans un cas, il s'agira en effet de maintenir coûte que coûte un "bon état de conservation" [c'est le jargon de Natura 2000] des formations végétales dont il a la responsabilité ; dans le second, il s'agira d'observer sans forcément intervenir la dynamique végétale naturelle. Il n'est pas neutre non plus car bloquer un processus dynamique peut coûter pas mal d'argent, alors qu'il en coûte peu de laisser évoluer un paysage. Les recommandations actuelles (en France du moins) vont plutôt dans le sens du premier choix : celui de maintenir en l'état la situation observée au temps T zéro.
Or ce qui est essentiel, c'est que les dynamiques qui opèrent à l'échelle d'une région, d'un pays, voire de l'Europe tout entière, assurent le maintien de la diversité végétale (et animale associée) actuelle. Peu importe donc si l'association Querceata pubescentis [inféodée au Chêne pubescent] régresse localement sous l'effet d'une sécheresse excessive par exemple, si par ailleurs cette association progresse sur d'autre sites.»
En d'autre terme, si l'on s'efforce d'utiliser partout sur les estives des troupeaux pour stopper l'avancée de la forêt comme le préconisent les ultrapastoraux, on raisonne par le petit bout de lorgnette car on n'envisage pas ces espaces à l’échelle du continent mais à l'échelle nationale, voire à l'échelle de sites extrêmement réduits. On risque de bloquer des processus naturels d'évolution de la végétation tout aussi intéressants en termes de biodiversité. On risque de favoriser artificiellement l'état « figé » de certains habitats naturels (pensons à l'exemple de la haute concentration artificielle en orchidées évoquée plus haut par Gilbert COCHET) et on risque aussi de gâcher des moyens humains et financiers considérables pour s'échiner à produire in fine de l'habitat artificiel en croyant faire du naturel, quand la nature pourrait agir seule et gratuitement !
On n'a jamais vu l'ours planter des arbres dans les estives
Malgré ces importantes réserves concernant Natura 2000, il faut reconnaitre que ce réseau européen procède d'intentions forts louables et qu'il obtiendra probablement de bons résultats ici ou là, ne serait-ce que parce qu'il permet un inventaire précis, une meilleure connaissance des sites qui le constituent même s'ils ne sont pas assez nombreux, notamment en France. De plus, la démarche a le mérite d'essayer d'impliquer (ou d'afficher en tout cas cet objectif) tous les usagers d'un site en tentant de dépasser les antagonismes traditionnels.
Il est honteux que dans notre pays, des élus aient agité le chiffon rouge de Natura 2000 sous prétexte que les mesures imposées allaient empêcher aux habitants la jouissance traditionnelle de ces sites (ainsi le député Jean Lassalle qui en a fait son grand thème de croisade. Notons, et ce n'est pas surprenant, qu'il est aussi l'un des élus les plus opposés au maintien d'une population d'ours dans les Pyrénées...).
Simplement, le dispositif Natura 2000 est perfectible et ne devrait pas être utilisé voire instrumentalisé et même dénaturé de façon dogmatique pour laisser s'installer la bêtise selon laquelle seul le pastoralisme peut-être garant de la biodiversité, fusse celle des estives. Pourtant, combien de "DOCOB" vont généraliser cette erreur quasi "générique" ?
Non seulement il peut être souhaitable de laisser évoluer certaines prairies en forêt, mais, une fois de plus, qu'à à faire l'ours dans ce débat ? Ce n'est pas lui qui est responsable de l'avancée de la forêt, on n'a pas encore vu d'ours planter des arbres dans les estives, et de toute façon, même s'il affectionne la sylve, l'état actuel de la forêt pyrénéenne lui convient très bien. Il n'a pas nécessairement besoin de forêts supplémentaires bien que cela ne puisse pas lui être préjudiciable. Enfin, il n'est pas responsable non plus de l'incapacité matérielle, numérique et donc mathématique du pastoralisme pyrénéen à maintenir «ouverts» tout le territoire d'estives potentielles actuellement en train de s'embroussailler ou de «s'enforester».
Non, l'ours n'est pas l'ennemi de cette conception «Natura 2000» de la biodiversité des estives, peut-être trop «jardinée».
Double négation pour l'ours
Par contre, au sein du réseau Natura 2000, l'ours brun devrait jouer un rôle à sa mesure puisqu'il est classé «espèce prioritaire» de la Directive Habitat et que donc, ses effectifs doivent être maintenus «en bon état de conservation», toujours selon la terminologie du dispositif.
Or que constate-t-on ? Très peu de sites Natura 2000 pyrénéens ne se soucient de l'espèce et aucun à ma connaissance ne le traite comme «espèce prioritaire» (avec mesures de protection et de gestion de son habitat). Peut-être qu'à force de ménager la chèvre et le chou, les élus locaux, les agriculteurs, les chasseurs, la France est en train de réussir à mettre l'ours à la trappe d'un réseau qui à l'origine aurait dû lui permettre de trouver toute sa place! Aussi incroyable que cela puisse paraître, Natura 2000 dans les Pyrénées ignore très largement l'ours des Pyrénées !
De même, les créateurs du Parc Régional Ariégeois pratiquent l'obscurantisme mais cela est dû à une situation politique bien connue qui consiste à faire du négationnisme concernant l'ours. Circulez, il n'y a rien à voir. C'est d'ailleurs la consigne hiérarchique dans les offices du tourisme d'Ariège : l'ours n'existe pas.
Augustin BONREPAUX, président du département (participant en personne aux battues à l'ours illégales ou au saccage du village d'Arbas) veille sur l'omerta et de très près, les représailles envers le personnel «résistant» ne sont pas une vue de l'esprit. Ceci aide à comprendre les plusieurs dizaines de miliers d'euros (impossible de savoir) de subvention pour une fête anti-ours d'une journée : les Pastoralies 2008, organisées par l'ASPAP, déjà subventionnée à hauteur de 20 000 euros par le même département. Donc, même partition : l'ours (évidemment présent sur le territoire) n'existe pas pour le futur Parc Régional.
Comment réagira le CNPN (Conseil National de Protection de la Nature) et le ministère de l'écologie lorsqu'il s'agira de valider (ou pas!) une telle incohérence?
De même, la Commission Européenne ne risque-t-elle pas d'épingler la France (menaces d'amendes à l'appui) pour son échec à maintenir «en bon état de conservation» l'ours brun, espèce européenne «prioritaire» comme ce fut le cas pour le gypaète barbu ? On ne peut qu'espérer (sans trop d'illusions) que ces instances réagissent enfin contre cette double négation dont l'ours est victime dans les Pyrénées à cause de l'activisme d'une minorité d'éradicateurs.
Comme l'écrivait déjà Claude Dendaletche il y a près de 30 ans dans la revue «L'univers du Vivant» : «Comment accepter que l’impuissance de certains hommes expulse définitivement des montagnes d’Europe occidentale ces prodigieux animaux que sont les ours ? Des dizaines de millions d’Européens peuvent-ils accepter que sous prétexte de rentabilité, quelques irresponsables détruisent les sanctuaires les plus précieux de notre continent ?»
Patrick PAPPOLA
simple citoyen attaché à des Pyrénées vivantes et sauvages AVEC l'ours.