Par courrier d’août 2007 [lettre de mission], la secrétaire d'Etat à l'écologie a demandé au chef du service de l'Inspection générale de l'environnement (IGE) un appui à ses services dans l’objectif d’aboutir à une «meilleure définition des territoires de présence des ours» des Pyrénées «au regard des contraintes imposées aux élevages, mais aussi des avantages économiques pouvant être tirés de la valorisation de la présence de l’espèce», ainsi qu’à l’étude d’un «renforcement du suivi des populations d’ours et du partage de ces informations auprès des organisations et des publics concernés».
Le principe de cette mission avait été annoncé par la secrétaire d’Etat à la suite de la réunion qui s’était tenue le 26 juillet 2007 à Toulouse sur le Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises.
Denis Laurens, ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts, et Georges Ribière, chargé d’inspection générale, tous deux membres de l’IGE, ont ainsi été désignés pour assister dans cette tâche la direction de la nature et des paysages, en liaison avec le préfet de région Midi-Pyrénées, coordonnateur de massif, et avec l’assistance technique de la direction régionale de l’environnement Midi-Pyrénées.
Cette mission devait en particulier examiner la situation d’autres pays pour en établir des comparaisons avec la France et formuler sur les bases de ces «analyses comparatives» [en anglais «benchmarking»] des «propositions visant à une meilleure cohabitation entre ours et activités humaines».
Quatre déplacements ont été effectués : en Espagne dans les Monts cantabriques du 26 au 29 novembre 2007 ; en Italie dans la région du Trentin-Haut-Adige du 10 au 13 décembre 2007 ; en Slovénie dans le secteur de Kocevje du 12 au 15 février 2008 et aux Etats-Unis dans le Montana du 25 au 29 février 2008. Pour chacun de ces déplacements, la délégation française, emmenée par la mission IGE, était constituée d’élus locaux, de fonctionnaires, de représentants des éleveurs et/ou des bergers, de représentants des chasseurs et d’associations d’environnement.
Même si les calendriers choisis, relativement serrés, les contraintes de chacun et les inévitables impondérables de dernière minute n’ont pas toujours permis la représentation idéale des diverses sensibilités, la mission a pu observer une satisfaction globale de la pertinence de ces voyages, tant dans leur principe que dans les enseignements que chacun a pu en tirer pour sa sensibilité. Il faut cependant signaler que la principale association d’opposants à l’ours, présente lors des deux premiers voyages, n’a pas souhaité participer aux deux derniers.
Nonobstant, la configuration choisie a permis de nombreux échanges croisés avec les uns et les autres, permettant d’assurer un climat naturellement empreint de courtoisie, relativement serein et même, il faut le dire, non dépourvu de convivialité.
La mission tient à remercier de leur disponibilité et de leur qualité tous les participants à ces voyages. Elle remercie aussi la direction de la nature et des paysages et la direction régionale de l’environnement Midi-Pyrénées, ainsi que les ambassades, consulats et missions économiques de France à l’étranger, pour leur assistance et leur compétence dans la préparation des déplacements.
Elle remercie enfin tous les hôtes qui ont accueilli avec plaisir, dynamisme et excellence les quatre délégations venues visiter leurs pays et leurs régions et connaître et apprendre leur gestion de la cohabitation entre les ours et les activités humaines.
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Lire la suite : 2.2 Méthode de travail