L’approche proposée ici par la compacité du territoire forestier correspond à la biologie de l’ours par ses choix spontanés de localisation d’habitat à l’échelle de ces ensembles, mais ne permet pas d’optimiser précisément les territoires de présence permanente de l’ours, dont la connaissance découle d’une capitalisation d’observations.
Le travail de thèse [Thèse de Jodie Martin sur la sélection de l’habitat de l’ours, en cours – Universités de Lyon et de Norvège – sous la direction de Jon Swenson, responsable du programme de recherches sur l’ours brun en Scandinavie] en cours à l’ETO devrait permettre cette évaluation précise de la capacité d’accueil de l’ours sur la chaîne pyrénéenne. On peut d’ailleurs regretter qu’il ait fallu attendre 2008 pour l’entreprendre [L’explication en est que le modèle visé nécessite la connaissance de l’utilisation des milieux par les ours réintroduits encore pourvus d’un dispositif télémétrique]
Pour que ce travail puisse contribuer efficacement à une définition plus précise des territoires à ours, il paraît essentiel que cette thèse ait un prolongement sous la forme d’un travail identifiant deux catégories de paramètres ou facteurs caractérisant le territoire à ours : il s’agirait de distinguer les paramètres qui sont invariants de ceux dont la présence ou l’intensité dépend de la gestion du territoire. Ce travail devrait être mené par l’ONCFS dans le cadre de son programme d’études et de recherche 2007-2010.
- parmi les premiers : la topographie, l’emprise et la composition en espèces des massifs forestiers (invariants au moins à moyen terme), mais aussi les voies de circulation publiques au titre du dérangement.
- parmi les seconds, la richesse de la forêt en fruits forestiers, la nature et l’intensité du pastoralisme, les densités d’ongulés, le dérangement éventuel occasionné par la fréquentation touristique.
Dans le cadre de ce travail, l’impact de la modification d’un des paramètres variables (réduction du nombre de cervidés et sangliers, diminution de la fréquentation touristique…..) pourrait ainsi être évalué, ou du moins approché, permettant d’opérer des choix efficaces pour le maintien ou l’amélioration de la qualité du territoire à ours, ainsi que de préciser les enjeux d’une modification de ces paramètres sur l’habitat de l’ours.
Par ailleurs, l’analyse du territoire forestier montre que les territoires à ours correspondent à des parties du massif pyrénéen où la discontinuité forestière avec le versant espagnol est la plus faible : au-delà il paraît essentiel que les relations entre les territoires des deux versants puissent être précisés, et que l’étude en cours prenne en compte les données sur la zone frontalière Espagnole.
Bien entendu, cette optimisation des territoires de présence devra lui aussi être suivi et travaillé avec l’ensemble des parties prenantes comme présenté dans la note précédente : "La concertation sur la qualification des territoires".
Source : Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations
Commentaires de la Buvette
Je suis curieux de connaître le contenu des travaux de Jodie Martin du laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive de l'Université de Lyon 1.
Lire la suite : 4.4 Les mesures à prendre dans les territoires de présence