La crise extraordinaire des vautours en Inde : le Diclofénac

En l’espace de dix ans, de 1994 à 2004, le monde a assisté à la diminution catastrophique de 97% des populations du vautour indien (Gyps indicus), du vautour à long bec (Gyps tenuirostris) et du vautour changoun (Gyps bengalensis), si bien que ces espèce endémiques d’Asie du Sud-Est ont été inscrites par l’UICN dans la catégorie "En danger critique d’extinction" dans la «Liste rouge de l’UICN», qui est la plus haute catégorie de menace. Les conséquences écologiques, économiques, sanitaires, sociales et spirituelles de cet effondrement sont immenses en Asie.

Au terme de quelques années de recherche, il a été démontré que ce déclin s’explique surtout par un traitement du bétail au moyen d’un anti-inflammatoire appelé Diclofenac, que les vautours ne supportent pas. Rappelons que l’utilisation vétérinaire de ce médicament a été immédiatement suivie des décès massifs des vautours. L’UICN a ainsi lancé un cri d’alarme en 2004 [Déclaration de l’U.I.C.N. lors du Congrès mondial de la nature, 17-25 novembre 2004, Bangkok, Thaïlande.]

D’où il ressort que l’utilisation d’une molécule en apparence inoffensive peut avoir dans le monde de l’élevage des conséquences désastreuses, très rapides et imprévisibles. Il serait imprudent de considérer que ces menaces ne toucheraient que les pays dits «pauvres». Jean-François Terrasse n’exclut pas la possibilité d’une crise dans notre Europe occidentale. Dans l’absolu, les populations de vautours des Pyrénées ne sont pas à l’abri des effets de telles molécules.

Stéphan Carbonnaux

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

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