750 € d'amende avec sursis requis contre le propriétaire d'un patou

Ils étaient venus pour quelques heures. Le troupeau d'Auguste Favre passait hier par Saint-Jean-de-Maurienne pour finir l'estive à Montpascal. Au fond du Val-d'Ambin, en Haute-Maurienne, où il avait passé les derniers mois, les attaques de loup sont trop fréquentes, et les bêtes difficiles à protéger dans un terrain escarpé, malgré trois chiens spécialisés. «Il en faudrait vingt, mais apparemment, en France on ne sait pas le faire comme en Italie», explique Hubert Covarel, président de la Fédération ovine de Savoie.

Le même jour, René Gros était convoqué devant le tribunal de police. Alf, son berger des Abruzzes, avait mordu, début juin à Aussois, Claire Bermond, gardienne du refuge de Plan-Sec.

Celle-ci ne souhaitait pas spécialement porter plainte, mais seulement s'exprimer. Elle ne réclame d'ailleurs pas de dommages-intérêts. Les éleveurs mauriennais avaient décidé de marquer leur soutien à René Gros en faisant traverser Saint-Jean-de-Maurienne par le troupeau d'Auguste Favre. Tout aurait dû se terminer d'une façon «pittoresque», pour reprendre le terme de Me François Bern, avocat de l'éleveur aussoyen.

Douche froide, le  réquisitoire du substitut a échauffé les esprits. Lors de précédents cas similaires devant ce tribunal, les représentants du Parquet s'étaient toujours montrés très modérés. Gilbert Lafaille a au contraire imputé une «faute caractérisée» à l'éleveur : «négligence à voir le chien sauter les enclos sans réagir, négligence dans le choix du chien même s'il a été confié par la DDA, négligence au niveau de la formation». Peine requise : 750 € d'amende avec sursis.

Me Bern se déclare «abasourdi», rappelle que l'usage de chiens de protection est une obligation mise à la charge des éleveurs par l'État, s'ils veulent être indemnisés en cas d'attaque de loup. «Des filets plus haut, ça n'existe pas !» s'exclame-t-il, «qu'on nous trouve la race de chien labellisée, qui lèche la main des touristes et met le loup en mille morceaux !»

Le jugement sera rendu le 27 novembre. Mais dehors, la colère gronde déjà. Les moutonniers ne veulent plus partir. Ils s'installent devant la mairie de Saint-Jean-de-Maurienne, avec la compréhension de la municipalité. «Qu'on parle de la caste des éleveurs, c'est l'injure suprême, qu'on nous dise comment faire notre métier en restant assis dans un fauteuil, c'est insoutenable», déclare Hubert Covarel. Avec leurs 1 300 bêtes, ils sont décidés à rester là tant qu'ils n'auront pas été reçus par le préfet. Et à Saint-Jean-de-Maurienne.

Source : Le Dauphiné.com

Commentaire de la buvette

On voudrait retirer les patous des élevages qu'on ne ferait pas autrement. Je suis solidaire du berger.

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