Tir de l'ours Balou en Ariège : réaction de Jean-Paul Mercier

Par Jean-Paul Mercier

Nous revoilà, une fois encore, en face de l'inacceptable. La dernière décision dans l'affaire Cannelle et l'excessive prudence de notre Ministère de tutelle aboutissent à ce nouveau désastre.

Aujourd'hui, on évoque un tir "instinctif". Il est vrai que l'Ariège est un des hauts lieux du "tir instinctif". Chaque année, ces messieurs blessent ou tuent des vaches, des chevaux et des ânes et même, il y a quelques années, un cycliste !

D'ailleurs il s'agit d'une catastrophe annoncée. Depuis très longtemps, ils ont prévenu qu'ils allaient "flinguer" tous les ours et les exhortations à la destruction, de la part de gens comme Lacube ou Huez, la reine des ânes, ont certainement contribué, chez certains chasseurs ou éleveurs ariégeois bornés comme j'en connais (beaucoup?), à excuser le passage à l'acte.   

Peut-être que, s'il était mort sur place, nous n'en aurions jamais entendu parler. L'affaire aurait été réglée "entre amis". Mais un ours blessé qui va mourir plus loin, ça fait "tache"! Alors on parle d'accident !

Cette fois, le laxisme et la mauvaise foi ne peuvent plus être admis! Il faut engager une action à l'échelon national et mobiliser le plus de gens possible, dans les Pyrénées, mais aussi dans tout le pays !

Il faut se faire entendre dans les médias et pilonner les radios, les télévisions et les journaux, leur montrer que la cause de l'ours peut aussi bien "se vendre" que les mensonges des antis.

Que chacun, dans sa région, contacte un journaliste de ses relations et fasse son siège pour diffuser notre nouveau maître-mot : relâcher un ou deux ours chaque année jusqu'à obtention d'une population viable dans les Pyrénées. 

Le temps des faux-semblants et de la tergiversation se termine

Si notre gouvernement entend réellement rétablir une population viable d’ours dans les Pyrénées, il doit s’en donner les moyens. A défaut, nous prolongerons cette politique des apparences que nous connaissons bien, dans laquelle aucune décision volontariste ne doit être prise sans concertation, sans consultation des groupes concernés.

Chacun sait que la concertation n’a jamais, dans ce dossier, amené aucune avancée, surtout avec la politique de la «chaise vide», c'est-à-dire l’option exactement inverse, que pratiquent depuis de longues années les opposants. La plupart de ceux-ci instrumentalisent l’ours pour des mobiles qui n’ont rien à voir avec lui :

  • Les vieux politicards pratiquent un clientélisme d’un autre âge par lequel ils espèrent survivre.
  • Certains éleveurs utilisent l’ours pour clamer leur désespoir, alors qu’ils sont morts économiquement il y a 20 ans et qu’ils coûtent bien plus à la collectivité que ce programme ours qu’ils dénoncent.
  • Les responsables agricoles renchérissent pour détourner l’opinion publique de leurs erreurs d’orientation qui ont en partie provoqué la situation actuelle des éleveurs ariégeois en particulier (vente en agneau de bergerie, choix de la «tarasconnaise» qui n’est pas une race à viande performante).

L’élevage ovin doit maintenant faire face à une épizootie de grande ampleur qui risque d’asséner le coup de grâce à beaucoup. N’aurait-il pas été plus judicieux de dépenser toute l’énergie et l’argent utilisés contre l’ours à mettre en place des mesures de vaccination ou d’alerte sanitaire plus performants ? Les associations et manifestations comme les Pastoralies, fiasco financé en particulier par le Conseil Général où l’on a passé la journée à dénigrer sans fin les ours, coûtent, en fait, à tous les ariégeois qui devraient avoir leur mot à dire.

Pourquoi dénoncer les dégâts causés par l’animal (environ 300 brebis au maximum), si l’on oublie de parler des 30 000 pertes par an dans les Pyrénées, dues en grande partie au manque de surveillance ? Les journalistes, en recherchant le sensationnel (apparent), ne sont certainement pas les derniers responsables. Une analyse objective de la situation ne pourrait-elle pas tempérer, de temps en temps, cette recherche forcenée du plus grand nombre de lecteurs ? Le maniement subtil d’insinuations ou d’affirmations équivoques ne contribue-t-il pas à créer un climat défavorable ? Le dossier pyrénéen de l’ours doit être traité objectivement, comme il l’est chez nos voisins où les interférences sociopolitiques restent réduites et ne masquent pas le travail des scientifiques et des responsables de terrain.

Désormais, nous devons nous attaquer aux problèmes réels. Il convient de se donner les moyens de parvenir à une population viable :

  • procéder à des lâchers réguliers d’un ou deux individus chaque année.
  • mettre en place sur les voies de communication importantes, dans les secteurs les plus fréquentés, des passages à gibier (ponts verts) comme il en existe dans d’autres pays (Croatie, Trentin, Slovénie etc…).
  • Créer de véritables zones préservées à l’intérieur desquelles la chasse du sanglier en battue serait interdite et où les éleveurs auraient l’obligation de mettre en place un gardiennage permanent avec conduite des troupeaux, chiens de protection et regroupement nocturne, les aides au fonctionnement et les indemnités en cas de pertes étant liées à la mise en place de ces moyens.

Souhaitons que le groupe Ours, dont la prochaine réunion est prévue à la fin de ce mois s’attaque enfin à un tel programme. Tous les sondages démontrent l’intérêt de la majorité des français pour la présence de l’ours dans les Pyrénées. Doit-on continuer à donner, en priorité, la parole à des personnages pour lesquels l’ours n’est qu’un prétexte ?

Jean-Paul Mercier
membre de l'ADET

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