Un article de Didier Arnaud dans Libération
Et de multiples réactions
Dans les Bauges, en Savoie, parler du loup est toujours tabou. La présence même du prédateur dans le massif est sujette à caution. Sauf pour les éleveurs, qui comptent les morts parmi leurs troupeaux. Et perdent patience.
Le loup est là, mais on le tait. Michaël, 22 ans, l’a pris en photo, depuis son jardin de Jarsy, en Savoie. C’était un petit matin d’août, dans les Bauges. Comme souvent à 7 heures, il y avait un peu de brume. Le loup aime bien ça, la brume. Les Bauges sont un massif ouvert avec de grands alpages verdoyants, au-dessus de Chambéry. Le loup se tenait à trois cents mètres de Michaël. Le cliché a été publié dans le Dauphiné libéré. On y voit l’animal, assis. «Je ne peux pas en parler, dit Michaël, mystérieux. On m’a dit de me taire. Ça fait quelque chose de se dire qu’il y a un loup à côté de chez nous.» Des chasseurs ont chambré Michaël. Ils lui ont dit qu’au lieu de son appareil, il aurait mieux fait d’aller chercher le fusil. Un autre randonneur a eu le loup dans son viseur, près de Bellecombe-en-Bauges. Il a fait parvenir le cliché aux autorités. Mais il a préféré ne pas donner son nom. Le loup est un sujet tabou.
Dans les Bauges, ceux qui ont vu le loup, ils sont nombreux à le dire, sont regardés de travers. On ne veut pas les entendre. «Ça fait des mois qu’on disait qu’il était là. Ils ne nous croyaient pas. On se foutait de notre gueule», explique Pierre Dupérier, le maire de Jarsy, exploitant forestier et chasseur. «On», c’est, pêle-mêle, les autorités, la direction départementale de l’agriculture et de la forêt (DDAF), l’office de la chasse. «Les gens voyaient les animaux, mais ils n’apportaient pas de preuve», répond en écho un employé de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
Prouver que le loup est là n’est pas simple. Les photos prises au mois d’août ? Elles sont en cours d’analyse. Même si le novice croit qu’il s’agit d’un loup, cela ne va pas de soi. Est-ce le même animal sur les deux photographies ? Pas de réponse, pour l’instant. Le protocole scientifique destiné à affirmer la présence du loup est complexe. Il faut des poils, des crottes, mais aussi de la salive. Enfin, en ce qui concerne les attaques - «constats de dommages», en termes administratifs - et les indemnisations afférentes, c’est une autre paire de manches. Même si les procédures ont été simplifiées, les gardes - «dans le massif, on les appelle "les uniformes"», dit un habitant - doivent venir faire des relevés, étudier la nature et la localisation des morsures. Il y a «une batterie de critères» destinée à s’assurer que d’autres animaux ne sont pas en cause : des chiens errants, un lynx.
Entre les autorités - silencieuses - et les éleveurs, le fossé se creuse. Eric Marboutin, le responsable des études loups et lynx à l’ONCFS, reconnaît que les gens les plus confrontés au problème, les éleveurs, sont ceux qui reçoivent le moins d’informations. Quand les gardes font des relevés pour les expertises après les attaques, ils ne se montrent guère loquaces. «Ils sont tenus à un devoir de réserve. Ce ne sont pas eux qui décident si le berger va être ou non indemnisé», dit ce spécialiste. Alors, quand le berger qui a vu le loup leur demande s’ils pensent que c’est bien le loup, ils répondent dans le vide.
Louis Petit-Barrat, un éleveur qui a perdu plus de dix chèvres dévorées par le loup, raconte comment une «stagiaire» venue faire le constat lui a suggéré que c’étaient des lynx qui avaient fait le coup. «Faut pas me prendre pour un con», tranche Louis, encore en colère. Pour prouver aux autorités que le loup était là, Denis Dupérier, un éleveur, avait porté la dépouille d’un animal devant la maison du parc des Bauges, à Ecole-en-Bauges, en 2005. L’animal menaçait son troupeau, à Margériaz. Il a tiré une fois. Le loup est revenu. Et il l’a eu. Denis est passé au tribunal en avril 2006. Il risquait six mois d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende. Il a expliqué qu’il avait pris le loup pour un chien errant. Le loup est protégé par la convention de Berne et la directive européenne Habitats, faune, flore. Dupérier a été relaxé. Mais le parquet a fait appel et il sera rejugé à Grenoble (Isère). Son avocat, malin, a insisté sur le fait qu’à l’époque, personne ne disait officiellement qu’il y avait du loup dans les Bauges.
Distance et psychose médiatique
Dans les Bauges, aujourd’hui, on n’est plus trop d’humeur à jouer à «Loup y es-tu ?» Le loup est là et il croque les chèvres, comme dans d’autres massifs. C’est ce que disent les éleveurs. «On» leur répond officiellement qu’il y aurait au moins un individu recensé. Un individu, cela veut dire un qui reste au moins deux hivers. Les éleveurs n’en croient pas un mot. Ils pensent qu’il y en a plus. Dans les Bauges, au moins huit constats de prédation ont été effectués l’an passé, sept cette année (lire encadré cicontre). Et ce n’est pas fini, car le gros des attaques a lieu en août et en septembre. L’an dernier, un tir de «prélèvement» a été effectué. Mais cela a été un fiasco. Les éleveurs en rient encore.
«Le sujet est très épidermique, dit Bernard Viu, responsable de la DDAF. On préfère donc centraliser la communication.» Les gardes de l’ONCFS observent le silence. Ne prononcent jamais le nom du loup. Bernard Viu, lui-même, ne dit pas «le loup» : «Ce n’est pas la première fois qu’on nous dit qu’on a vu du loup.» Ce «du» met un peu de distance avec l’animal. Une distance que les autorités reprochent aux «médias» de ne pas observer. «Ils en font trop sur le loup.» On les accuse de relayer la psychose de la population. «Il y a plein de chiens meurtriers [d’êtres humains] et on en parle peu, finalement, par rapport aux dégâts du loup», affirme un spécialiste. Ultime argument, les médias, en relatant les attaques du loup, contribueraient à attiser l’énervement des chasseurs.
Si dans les Bauges, les gens sont plutôt calmes, ce n’est pas la même histoire dans d’autres massifs. En 2000, à Allevard (Isère), la dépouille d’un loup, pendue par les pattes arrière, a été trouvée accrochée à un arbre. Sur une pancarte était écrit : «Ras-le-bol du loup.» Dans le massif de Belledonne, en janvier de cette année, un autre animal, tué d’une balle, a été retrouvé décapité dans le lit d’une rivière. Le Dauphiné en a parlé. Il a même publié la liste des communes où le loup a été vu.
A l’alpage de l’Arcluz, 1 800 mètres d’altitude, accessible par une piste cahoteuse, Sylvie Petit, 22 chèvres, 15 chevrettes et 30 génisses, confesse ses craintes : «Je suis chasseuse. D’habitude, je n’ai pas bien peur. On a souvent parlé du loup, mais on ne s’attendait pas à le voir.» Sylvie évoque les six attaques subies par son troupeau depuis le début de l’année. Une fois, le loup est venu chercher ses proies jusqu’à la bergerie. «Quand je l’ai vu là, en train d’attaquer les chèvres, ça m’a beaucoup impressionnée», dit-elle. La bête, raconte-t-elle, s’est arrêtée pour la regarder. Une autre fois, Christophe, son mari, a tiré en direction du loup avec sa carabine Browning. Depuis, elle hésite à grimper en lisière de forêt. «Si je me retrouve nez à nez avec ça, je ne sais pas ce que je ferais.» Depuis le début de l’année, elle a perdu deux chèvres et un cabri. Sur un autre alpage, Cédric dort avec ses quatre patous, des gros chiens des Pyrénées qui servent aussi à se protéger des ours, à côté de sa caravane. Le soir, il enferme ses bêtes dans un enclos. Sa mère, Odile, raconte : «Il a entendu le loup hurler l’hiver dernier.» Plus loin, un chasseur raconte qu’il a vu un éleveur prendre son permis, bien qu’il n’aime pas les fusils, parce qu’il avait peur.
Menaces de mort et pneus crevés
A Aillon-le-Jeune, Louis Petit-Barrat nous parle de la Chèvre de monsieur Séguin pour expliquer combien ses bêtes aiment la liberté. Et combien le loup leur fait mal. «Il leur manquait tout le train arrière et elles étaient vivantes», raconte-t-il, encore ému. Cette année, il les a enfermées derrière un grillage électrique. Comme beaucoup d’éleveurs, il pense que «les paysans d’ici se sont couchés devant le loup». Roger Miguet, le maire d’Aillon-le-Vieux, va plus loin. Il craint qu’avec le loup, le pastoralisme ne «foute le camp». «On a accepté que la vie soit bouleversée par la présence de quelqu’un [le loup] qui n’apporte rien.» Pire, les patous commencent à mordre des randonneurs qui s’approcheraient trop près des troupeaux.
Marboutin regrette l’absence de communication organisée. «On ne communique pas facilement sur cette espèce-là. L’Etat parle plus facilement des licenciements que des loups.» Ce qui laisse le champ libre à toutes les rumeurs et interprétations. Ici, cette mère d’éleveurs dit être sûre que les loups ont été amenés dans des cages pour repeupler les montagnes. «Il y a un niveau passionnel derrière le dossier "loup" qui met la population à un niveau d’agressivité extraordinaire», constate un expert. Des représentants de l’Etat, voire des spécialistes du sujet, ont eu droit à des menaces de mort, à des pneus crevés. «Le loup suscite la haine, écrit Geneviève Carbone, ethnologue. Cette haine rejaillit sur ceux qui l’étudient. Ces émotions jalonnent son parcours et éclaboussent ceux qui le protègent. Dans le monde des gens du loup, il y a beaucoup de cruauté et peu d’humanité.» Certains murmurent que les éleveurs pourraient régler leur compte au loup, en douce, sans s’en vanter. D’autres disent que c’est déjà fait.
DIDIER ARNAUD
Libération
400 «victimes» en Savoie cette année
- Eradiqué en France à la fin des années 30, le loup est réapparu fin 1992 dans le massif du Mercantour (Alpes-Maritimes), venant d’Italie. Aujourd’hui, ils seraient 120 à 180 individus sur l’ensemble de l’arc alpin.
- Le loup se promène beaucoup. Il vit sur un territoire de 300 km2 et peut parcourir 40 km en une nuit.
- Dans le département de la Savoie, 95 constats d’attaque ont été effectués pour 397 victimes cette année (101 constats pour 927 victimes l’an passé).
- Les éleveurs savoyards ont perçu 145 000 euros d’indemnisations en 2007 (190 000 euros en 2006). Sans qu’on soit toujours sûr à 100 % qu’il s’agisse du loup.Dans un souci d’apaisement ?
Les éleveurs ont trouvés via la presse le moyen de véhiculer leur peur du loup et leur envie de na pas avoir à cohabiter. Mais dans l'opinion publique, cette information orientée semble ne pas passer aussi fluidement. L'opinion résiste et n'apprécie guère ce rejet de la vie sauvage. La preuve ? Lisez les réactions des lecteurs de Libération ci-dessous...
maria leçon
qu'ils aillent en Italie, prendre des cours de coexistence.
Xavier (73) récurrence scandaleuse
et c'est parti!!! normal, le loup revient..et pourquoi?? tout simplement parce que le monde de l'élevage Ovin ne reçoit pas ses subventions comme il le voudrait, que le prix de l'agneau est au plus bas, donc, périodiquement que font nos éleveurs assistés par Bruxelles depuis ..depuis..longtemps? ils activent le tirroir "LOUP" et c'est parti. jamais filière animale française n'a été à ce point aussi assistée, bichonnée, subventionnée. ras le bonbon du "loup". demandons aux éleveurs caprins, bovins (viande + fromage réunis) si ils reçoivent autant de subventions que ces éleveurs là. divisons les montants des subventions allouées aux éleveurs ovins de france par 12 mois (avt vente du produit, forcément), et comparons avec ce que gagne une caissière de super marché..y'en a marre du prétexte loup à la fin. espagnols, canadiens, italiens, américains s'en arrangent parfaitement, et tout va bien. cette récurrence loup est proprement scandaleuse, mais ne finit par tromper personne.
bruno93 loup y es tu ?
Comment expliquer que les espagnols cohabitent avec 300 ours sans problèmes et que les italiens ont des centaines de loups sans avoir de poussées de haine tous les étés ... La france est un pays d'assistés ou chacun ne tolère rien de l'autre et encore moins de la nature ... Les éleveurs et bergers ne diront rien quand leurs moutons vont griller sous la foudre en montagne ou rouler dans un ravin et se prendre une fièvre maligne par dizaines mais pleurer pour un coup de dents .. La bétise est ancestrale ici et il faudra donc apprendre l'espagnol aux ours et l'italien aux loups !!!
Gierda kick ze mouton
Les éleveurs s'imaginent que la Déesse a pondu le monde pour eux et leurs stupides moutons. Le mouton c'est laid et c'est fait pour être mangé !
Strega les loups sont là
mais c'est normal. Ce sont plutôt les humain qui prolifèrent anormalement ! Moi le loup ne me dérange pas, et s'il croque une brebis abrutie c'est tant mieux. de toute façon, les moutons sont moches et mous et sentent pas bon. Alors Avé Lupus.
? Solution
"Cette année, il les a enfermées derrière un grillage électrique." BAH VOILA! C'est si compliqué que ça? Ah mais oui, il faut d'abord commencer par se remettre en question et arrêter de croire que la montagne nous appartient. Difficile quand on est éleveur ET chasseur, c'est à dire doublement intéressé par la disparition de cet animal.
- Trop de lynx dans le canton de Vaud, les chasseurs ont horreur de la concurence. Ils veulent réguler!
- Les chasseurs du Jura n'aiment pas la concurrence sauvage
Volpone C'est bien
Le loup avait disparus de nos montagne et il y reviens! C'est bien. Il aura du mal face au gros con à moustache armé d'un fusil et bourré au gros rouge qui lui n'a jamais disparus de nos campagnes et de nos montagnes...souhaitons lui du courage et longue vie.
Drômois : Sensationnalisme
Le pénible dans cet article est moins les approximations nombreuses et les gros manques de contextualisation (économie de la filière ovine, situation biologique du loup, aucun point de vue de scientifique ou naturaliste, etc) que le parti pris de sensationnalisme, depuis le chapeau introductif jusqu'au bout. Pire que le Dauphiné libéré, c'est dire. Quand les journalistes comprendront qu'ils sont, en intervenant, des protagonistes de leur sujet et donc qu'ils ont des responsabilités dans la société autres que celle de trimballer des clichés et de vendre de la copie, on aura peut-être, sur ce sujet comme tant d'autres, des médiateurs qui accompagnent les questionnements et cheminements de la société, au lieu de prétendre en être seulement des miroirs (inintelligents, comme chacun le sait :-)
Fred moindre effort
Ses chèvres aiment la liberté. Soit. mais en montagne, la loi de la liberté, c'est la loi de la nature. Et donc du prédateur qui a faim. Les éleveurs français ont tellement pris l'habitude de laisser seuls leurs troupeaux que la coexistence ne fonctionne pas alors qu'en Italie, en Pologne, Slovaquie, dans ces pays où loups et ovins sont nombreux, il n'y a que très peu de problème. Le fameux moindre effort français...
gerdil loup
Le problème du loup et la réaction des éleveurs auront au moins permis de rappeler qu'il n'y a pas que des animaux dans les montagnes. La vie humaine, au coeur de nos massifs, est fragile, difficile. La montagne, ce n'est pas que de la nature, c'est aussi une culture, une présence humaine. Et cette présence humaine, ce n'est pas de l'industrie, du capitalisme, de l'escroquerie, du travailler plus pour gagner plus. C'est juste des gens qui aiment leur montagne et qui essaient d'y vivre.
berber au loup!!
a vous tous ,grands predateurs et bandes d'ecervelés, vos réactions epidermiques me font gerber, (je ne suis ni eleveur ni partisan du loup,ni chasseur) mais il est là c'est un fait, faut il vivre avec ou sans ? il fait des degats considerables et bcp de gens en soufre si nous choisissons de vivre avec il faudra cracher au bassinet pour indemniser les eleveurs et cela peu de gens sont capables d' accepter ce fait car les eleveurs sont tout de meme là pour apporter un peu de vie dans nos montagnes autrement la solution est radicale, la chasse au loup ,mais attention aux débordements qui peuvent vite arriver.Arreter de dire qu'il a été ammené en cage, le loup ,comme le sanglier est un trés grand voyageur quand il est en sur nombre, comme en italie , il peut parcourir plus de 100 kms/jour; cette recrudescence est aussi due a la dépopulation de nos montagnes)
Manu Un profond malaise...
Un article dans lequel je retrouve le désarroi réel d’une profession qui se sent trahie. Trahie par ses représentants professionnels (FNSEA et Confédération Paysanne pour des motifs biens différents). Trahie par ses représentants institutionnels (Direction de l’Agriculture phagocytée par le Ministère de l’Environnement et la mouvance Ecolo-totalitariste) et dont les conclusions s’illustrent notamment dans le récent rapport Bracque-Guth (Mars 2008) et tous les plans loup qui ont été établis. Trahie aussi, par l’incompréhension d’une large partie de l’opinion publique qui considère que le refus de cohabitation avec des prédateurs n’est qu’un caprice de « mauvais éleveur » (qui ne sait pas garder ses bêtes) et qui ne comprend pas « comment on ne peut pas faire avec » alors que tout semblerait bien se passer ailleurs … (douce illusion) et qu’il est facile de se protéger du loup avec une clôture électrifiée et un patou qui bouffe les promeneurs (re-douce illusion) !
- La position ultrapastorale en matière de biodiversité
- L'influence des excès des ultrapastoraux sur l'opinion publique de plus en plus défavorable au pastoralisme
Manu Réserve...sur témoignage
Je ne mettrais qu’un seul bémol : le témoignage de Geneviève Carbone qui devrait être présentée non pas seulement comme une ethnologue, mais surtout comme une actrice majeure dans le dossier loup. N’est-ce pas cette personne qui a dévoilé au printemps 1993 dans Terre Sauvage que des loups étaient réapparus dans le Mercantour ? N’est-ce pas cette personne qui a développé depuis cette époque tout un « business loup » (Ouvrages, Réserve à St Etienne de Tinée)… Le grand danger est qu’elle se présente au dessus de la mêlée comme une «scientifique »…victime !
Manu les réactions...ou là là
Ce qui est à noter, c’est le mépris voire la violence qui se dégagent des réactions à l’article. Celle qui apparaît comme la plus réfléchie (celle de Drômois) vise à relativiser l’impact du loup. Il fut un temps où les attaques observées étaient le fait de chiens errants…aujourd’hui, Drômois (et si ce n’est pas lui, ce sont donc ses frères) veut occulter le problème du loup derrière des critères économiques et … scientifiques « sérieux » !
Manu pour conclure
Bravo M. Didier Arnaud pour l’excellente restitution du climat et qui conclut sur une réalité que personne ne veut voir. Je rappellerais, simplement, que les vrais éleveurs ne s’en sont jamais cachés. Ils font ce qu’ils disent !
Un gars des Bau le loup et l'élevage : pas compatibles
Je suis dégouté par vos réactions (surtout les premières), je m'explique. Le loup avait disparu,pourquoi ? Car les anciens savaient que les activités pastorale n'étaient pas compatibles avec le loup.
On dit qu'en Italie le loup cohabite avec les moutons pourquoi ? Car en Italie on élève des moutons pour faire du lait et non de la viande donc pour produire du lait il faut traire et donc on rentre les troupeaux tous les soirs mais ceci est possible car les troupeaux sont de plus petites tailles. En Italie les éleveurs utilisent des patous, résultat il y beaucoup de problèmes avec les promeneurs (morsures plus ou moins grave).
De plus avez-vous deja vu dans quel états sont les animaux après une nuit à l'étable : ils sont très sales (que l'on vienne pas me parler de bonheur animal...) sans parler des risques liés aux maladies (qui se transmettent plus facilement). Si l'on supprime les activités pastorales (car il va falloir choisir entre le loup ou l'élevage) nous allons être confronté à un autre problème : l'enfrichement. Les paysages vont se fermer, la forêt va envahir le paysage : fini les alpages, s'il n'y a plus d'alpages on peut dire au revoir au station de ski car s'il n'y a plus de prés entretenus il faudra deffricher mécaniquement donc augmentation du prix des forfaits (avec la baisse du pouvoir d'achat ce n'est pas le top). On dit "oui" au loup car sa présence augmente la biodiversité de nos montagne mais sachez que si l'élevage disparait d'autre espèce disparaitront. C'est le cas du Tétras-lyre qui est menacé par l'enfrichement (il a besoin de prés pour élever sa progéniture). La fermeture du paysage aura des effets négatifs sur une autre activité économique qui est importante en Savoie :le tourisme. En effet si les paysages se ferment il y aura moins de touristes donc moins de retombées économiques. Donc je dis NON au loup et OUI à l'élevage pour que l'on puisse continuer à vivre dans nos montagnes.
- Tester les patous
- Quand la nature reprend ses droits
- Mythe fondateur : l'entretien des paysages
- Le pastoralisme et la prétendue biodiversité
- L’impact du pastoralisme sur la population de grands tétras
Pauline : Aberrant...
6 mois de prison (en théorie j'espère) pour avoir tiré sur un loup? Mais on vit dans quelle société....?!
Lacourt il y a pire
Derrière le loup, l'ours, pointe la volonté de "contrôle de la totalité du paysage en faveur des gds prédateurs" (cf. UICN 1997 "Livestock subsidy systems in Europe and reformeproposals to benefit large carnivore conservation"). Comme par hasard on retrouve ses desiderata dans le récent bilan officiel Guth (Inspection gén. environ.) Bracque (Conseil général Agric) sur le loup (mars 2008): pas à sa place dans les zones d'élevage intensif; chez lui dans les espaces pastoraux de montagne où ovins et caprins n'apportent, je cite: ""qu'une opportunité supplémentaire au prédateur opportuniste". C'est pas uniquement le loup qui est choisi, c'est une forme d'agriculture qui continue à être privilégiée: oui,
zorg vive le loup
si ces gens gardaient leurs bêtes ( grillage le soir , chiens ) comme en italie ou il y a plusieurs centaines de loup , on ne verrait pas ce défilé de pleureuses.
assez ! Le vrai problème n'est pas
Le loup ou l'ours, mais le maintien du pastoralisme dans les conditions actuelles. Un éleveur avec moins de 100 bêtes ne peut plus vivre de sa pratique, ce qui n'était pas le cas avant. On se réfugie derrière des boucs émissaires en invectivant la faune sauvage avec laquelle vivaient nos anciens. C'est de la langue de bois pour faire parler de soi mais sans poser les bonnes questions. L'attaque du prédateur "sauvage" est indemnisée, mais combien d'ovins crèvent de maladie ? crèvent à cause des chiens ? se font écraser ? se font tirer dessus ? Avec le pic de fièvre aphteuse, les agneaux ne seront pas remboursés et les aides seront très insuffisantes. Allelujah ! quand un loup est décelé, car ça fait du fric qui rentre.
Sans loup ou sans ours, on laisserait crever en silence cette profession. Que faut-il ? Des aides pour maintenir les petites structures qui garantissent des bons produits. Des aides au gardiennage pour multiplier les bergers (sur les alpages et les estives, un berger pour un regroupement de 2500 bêtes qu'il ne connaît pas !!), des aides à la formation de patous et autres chiens en nombre (trois chiens pour ces 2500 têtes, est-ce assez ? Bien sûr que non). Les clôtures électriques ? Pourquoi pas... Mais, ce qu'il faut ce sont des hommes. Les montagnes se vident. Le tourisme vert pourrait participer. Là où les touristes marchent (alpages, estives), la bête sauvage recule. Sans coup de feu. Respectons la profession sans chercher ailleurs les causes réelles de son désarroi. L'ours ou le loup supprimé, la galère continuerait...
- Alpes magazine - le coût du loup : une goutte d'eau dans l'océan des subventions agricoles ! (Milan Presse)
- Benjamin Moriamé : Le loup face à l'économie de marché
moi : toi
Berber, les éleveurs sont déjà indemnisés , et largement au-dessus de la valeur réelle. Des animaux d'élevage ne peuvent pas être laissés en pleine nature sans aucune surveillance. Dans la nature, chaque espèce a évoluée en élaborant un système de défense contre son prédateur. Pour protéger les brebis, l'homme a sélectionné un chien depuis très longtemps, chez-nous c'est le patou, il est d'ailleurs utilisé en amérique du nord ou son efficacté à écarter les prédateurs naturels est très largement reconnue, il doit-être considéré comme un chien de travail. l'état fournit des aides pour la mise en place de ces chiens et aussi pour l'emploi d'un berger. Manu tu en fait trop, et tu n'es pas vraiment crédible.
Steph de Modane : Un choix de société...
A terme, il faudra choisir entre les loups et les bergers. Si les bergers partent qui entretiendra nos alpages ?
assez ! Steph de Modane...
Même sans loup, sans lynx, sans ours, sans chien errant, les bergers partent. Le problème n'est pas là, voyons. Soyons un peu plus réaliste et attaquons-nous aux vrais problèmes du pastoralisme. Sinon, on perdra encore quinze ans à ne rien faire sur le fond. Quel type d'élevage voulons-nous ? Pourquoi n'est-ce plus viable dans notre société de vivre d'un troupeau de moins de cent bêtes ? C'est là qu'il est le problème. le loup, tu sais, ça rajouter une belle prime quand on en est victime... Les vaccins, la concurrence d'une viande à bas coût : voilà ce qui nous ruine.
phil73 : à manu steph de modane et autres...
Quand on parle d’entretien de la montagne avec les troupeaux, vous me faite bien rire ! Avez-vous franchement regardé un alpage après le passage de 200 à 300 moutons ? Steph, si tu es de Modane, fais donc un tour un jour au lac des balmettes, dans la vallée des Villard…un troupeau reste tout l’été sur les pentes, le lieu c’est transformé en un dépotoir sans nom de merde de mouton et d’urine. Pas un rocher, pas un morceau de chemin n’est pas crépi de déjection. Des ruisselets d’urine coulent tous vers le lac et je serais vraiment surpris de voir une fois une analyse d’eau faite avant l’arrivée des moutons et une autre à leur départ !
Plus près de toi, monte simplement à l’Orgere, prend le sentier qui monte après le refuge au lac et av admirer les alpages « entretenues » par nos bergers ! Tu ne trouveras que des crottes par milliers et une puanteur infecte, le plus beau c’est qu’a cette endroit la tu es dans le Parc de la Vanoise !! Non tous cela me fait trop rire jaune, sous prétexte de garder les jeunes à la montagne (ce qui est merveilleux) on arrose d’aide en tout genre (aide pour payer un berger, pour construire un abris pour le berger, pour l’élevage en montagne..etc.) les éleveurs de moutons qui nous empeste les alpages avec leurs tondeuses à 4 pattes.
Cela serait intéressant de voir depuis quand il y a autant de moutonniers en Savoie ! Dans les années 70 et 80 c’était tout bêtement des vaches, mais la il faut bosser et s’en occuper tous les jours, les moutons, ils les montent en juin, remonte deux out trois fois voir s’ils sont toujours la et ensuite les redescendent fin septembre. Alors les pleureuses des alpages il y en à marre ! Qu’ils surveillent leurs troupeaux comme avant et ils auront moins de problème ou qu’ils arrêtent carrément de « faire » du mouton en haute montagne !
- Pastoralisme - Crise ovine
- Quelques conséquences de l’élevage pour la nature et l’environnement humain
Moi :toi
je ne crois pas qu'il s'agisse de choisir entre le loup et le berger , bien au contraire il est bien plus logique de penser que le berger constitue la présence humaine indispensable au côté d'un troupeau surtout avec la présence du loup.
Rofocale : Strega a bien raison
le mouton est sale, malodorant, pas très futé, panurgiste (normal !) - il est là pour se faire sacrifier de toute c'est un bien vilain symbole. A mort le mouton !
houroukhai : pleureuse
Un pays tel que la France est incapable de faire cohabiter une espèce sauvage comme le loup et ses agriculteurs. Et nous nous permettons ensuite de donner des leçons aux pays Africains afin qu'ils préservent leurs troupeaux d'éléphants qui font bien plus de dégâts que nos quelques carnivores et cela sans aucune indemnisation pour les paysans. Lamentable !
Rural : Les loups à Fontainebleau
Une suggestion: les citadins étant pour la réintroduction du loup dans leur espace naturel, pourquoi ne pas réintroduire les loups en forêt de Fontainebleau ou de Saint Germain? Tout le monde serait content. Les éleveurs débarrassés d'un nuisible et les bobos écolos avec leur vision "jardin public" de la nature pourraient s'entrainer avec les loups sur les rochers de Fontainebleau.