Un ours tiré ce matin en Ariège ?

Un ours a été tiré ce matin en Ariège lors d'une battue au sangliers. Il serait au moins blessé.

Le dernier ours tué en France lors d'une chasse au sanglier était l'ourse Canelle, tuée par René Marquèze le 2 novembre 2004. L'émotion qui a suivi était très forte.

Selon Louis Dollo "un ours aurait été blessé, aujourd’hui, au cours d’une partie de chasse sur la commune de Prades en Ariège Pyrénées. Nous ne connaissons pas les circonstances précises de cet incident. Nous savons que ce sont les chasseurs qui ont immédiatement alerté la gendarmerie et l’équipe de suivi de l’ours afin d’entreprendre les recherches du plantigrade blessé."

Louis Dollo (toujours sur les bons coups quand du sang d'ours coule; kairn avait déjà annoncé "en exclusité" l'accident du minibus) essaie de "couvrir" les chasseurs en citant un "témoin local" : "Nous pouvons noter le civisme des chasseurs qui auraient pu ne rien dire" . Belle mentalité.

Après, sentant monter la colère des associations environnementales, il poursuit "Ce type d’accident (ou incident) avec un ours est de plus en plus à craindre que ce soit avec des chasseurs, des randonneurs ou des automobilistes. Ce genre de rencontre n’est pas nouveau et ira en s’accroissant au fur et à mesure que le nombre d’ours augmentera dans des zones relativement urbanisées ou, du moins, ayant une activité humaine régulière.

Malheureusement, il est à craindre, qu’une fois encore, la polémique monte en puissance dans les jours qui viennent face à un incident banal de chasse comme nous l’avons vu par le passé pour les ourses Melba et Cannelle voir même pour l’ours Palouma mort accidentellement seul." (sic)

Pas de doute, la polémique va monter. "La saison s'annonce bonne pour les chaseurs" titrait Ariègenews il y a quelque jour. Pas sûr. On ne sait pas encore si l'ours a été tué ou s'il n'est que blessé. Rappelons que l'ourse Franska était criblée de plombs. Avant-elle l'ours Papillon avait subit le même sort. Mais la chasse au sanglier se fait à balle, pas avec des plombs!

Premières réactions

Dans un premier communiqué, l'association ADET-Paysdelours demande à l’Etat "un véritable plan de restauration d’une population d’ours viable dans les Pyrénées." Alain Reynes déclare "Nous devons donc sortir de la logique des « coups » consistant à lâcher quelques ours tous les dix ans. Pour cela, la seule voie claire et raisonnable est, comme nous l’avons déjà exprimé, de lâcher un ou deux ours chaque année, jusqu’à constater la viabilité de la population, en intégrant tous les paramètres démographiques de reproduction et de mortalité des animaux."

Dans le communiqué suivant, l'ADET annonce qu'elle va déposer une plainte contre ce chasseur pour destruction d’espèce protégée : "le tir avant identification est un manquement grave aux règles éthiques et de sécurité les plus élémentaires pour un chasseur; il aurait pu tirer sur n’importe quoi, et même sur n’importe qui ! Il s’agit d’une faute inadmissible et inexcusable."

FERUS, quant à elle rappelle "qu’il est totalement inacceptable de voir se répéter des tirs de chasseurs sur les ours. Ces comportements sont inexcusables. Les chasseurs et leurs dirigeants disent tous qu’on ne tire que sur un animal parfaitement identifié et qu’en cas de doute, on ne tire pas. Dans ces conditions, peu importe qu’on ait signalé ou non la présence d’un ours aux chasseurs. Ce n’était pas un sanglier, on ne devait pas tirer. Espérons, contre toute probabilité, que l’ours s’en remettra."

En cas de mort : exigeons le remplacement immédiat

En juillet dernier, lors de sa visite à Toulouse pour présenter le Groupe National Ours, Mme Kosciusko-Morizet avait lancé quatre missions pour améliorer le plan ours 2006-2009. Les rapporteurs avaient également proposé le remplacement "sur-le-champ" des ours "qui auront été éliminés par des causes humaines".

Vu que c'était la période de l'ouverture de la chasse, la buvette a publié dernièrement le dossier de Stéphan Carbonnaux sur l'ours et la chasse. On est en plein dans l'actualité !

Dès 1996, et de manière prémonitoire, l'étude AScA de l'époque (p.125) sous l'égide de Christopher SERVHEEN avait identifié les trois facteurs majeurs menaçant la survie de l'ours :

  1. accident de chasse,
  2. chute dans un habitat dangereux,
  3. collision avec un véhicule.

Les trois morts par accidents de chasse des ours femelles Claude en 1994, de Mellba en 1997 puis de Cannelle, dernière ourse pyrénéenne, en 2004, suivies en août 2006 du dérochement de l'ourse Palouma et enfin en août 2007 de la collision de l'ourse Françka avec deux véhicules, correspondent exactement à la prédiction. Ainsi sont mortes l'une des deux ours femelles lâchées en 1996 et deux des quatre ours femelles introduites en 2006.

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