On cite parfois la réalisation d’aménagements touristiques comme une des raisons qui empêcheraient l’ours de vivre sereinement dans les Pyrénées. S’il est vrai qu’une station de ski comme celle de La Pierre Saint-Martin, dans les Pyrénées-Atlantiques, a eu un impact important sur l’ours (mais il faut compter aussi malheureusement dans cette région avec l’élimination directe des derniers ours de la Soule), les Pyrénées ne sont pas altérées gravement au point d’être inhabitables par l’espèce.
Toutefois, des projets actuels comme ceux de l’extension de la station de ski de fond de Mijanès en Ariège sont à proscrire, tant du point de vue écologique (grand tétras et ours) qu’économique, comme le Comité écologique ariégeois l’a si bien décrypté.
Il va aussi de la cohérence d’une politique de restauration et de la conservation de l’ours brun que les services de l’Etat ne délivrent pas d’autorisations de travaux lourds au cœur de secteurs vitaux de l’ours encore utilisés il y a 30 ans. Par exemple, en Haute Soule, a été réalisée en 2006 une piste dans un des canyons de Sainte-Engrâce afin d’installer dans la salle dite de La Verna une centrale hydroélectrique. Notons qu’un des derniers ours du noyau occidental fréquente encore le haut de ces canyons souletins, que les milieux sont encore riches et peuvent être un jour recolonisés par l’ours.
- Lire la suite : "L'espace de l'ours : les sports dits de nature"
- Retour à "Stéphan Carbonnaux : l’espace vital pour l'ours dans les Pyrénées."
Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées" commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.