Ce matin, Jean-Louis Borloo était sur France-Inter, dans l'émission "Le sept dix" de Nicolas Demorand. Et bien surprise, Jean-Louis Borlloo ne connait le dossier de l'ours que de très très loin !
Question d'Alain Reynes (ADET) à Jean-Louis Borloo : "L'union européenne comme le Grenelle de l'Environnement ont décidés de stopper l'érosion de la biodiversité. Je me posais la question de savoir si en France, dans ce cadre, nous allions sauver l'ours brun dans les Pyrénées dont je rappelle qu'il ne reste qu'une vingtaine d'individus avec une situation particulièrement dramatique à l'ouest de la chaine avec 3 ou 4 individus qui sont les derniers ours des Pyrénées et qui malheureusement ne sont plus que des mâles ?"
Réponse de Jean-Louis Borloo : "D'abord, la biodiversité, j'allais dire il était temps ! On est dans une situation de dégradation extrêmement importante de la biodiversité... En ce qui concerne l'ours, de mémoire, il y a une ou deux femelles qui sont aujourd'hui installées dans les Pyrénées donc je pense que..."
France Inter : "Et ce sont des ourses slovènes; ce ne sont plus des ours pyrénéens."
Jean-Louis Borloo : "Oui, ce sont des ours slovènes DANS les Pyrénées."
France Inter : "Et bien merci..."
Allons sauver l'ours brun dans les Pyrénées ?
Pour la question "Allons sauver l'ours brun dans les Pyrénées", il faudra attendre pour avoir une vraie réponse. Visiblement, pour l'ours, c'est plus à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET qu'à Jean-Louis Borloo qu'il faut poser les questions. Alors je pose la question à NKM ?
Madame la secrétaire d'Etat, vous avez répondu à Monsieur J.F. Darmstaedter, Président de l’Association Ferus que "pour tirer toutes les expériences des accidents survenues ces dernières années, je souhaite que figure dans les premiers axes de travail du groupe pyrénéen ours, la définition des mesures techniques pouvant assurer la compatibilité entre la pérennité de la population d’ours et les activités humaines, dont la chasse."
Le Groupe National Ours devait être convoqué pour septembre. On est mi-octobre et rien ne bouge. Le GNO ne va t-il pas mettre en place, par sa lenteur et son urgent besoin d'attendre, un enterrement de première classe pour l'Ours des Pyrénées ? Echaudé par l'expérience désastreuse de l'IPHB, la seule chance de sauvegarder la population d'ours dans les Pyrénées ne va t-elle pas passer par des voies judiciaires au niveau européen, à l'encontre de la France qui ne fait rien pour tenir ses engagements ?
A la journaliste de France Inter, pour qui les ours des Pyrénées ne sont que des ours slovènes, je cite Gérard Bozzolo, Ingénieur Aronome, professeur de Zootechnie à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (extrait de "La tute de l’ours : chaudron pro-ours anti-ours") :
"A l’inverse, parmi les espèces sauvages, on ne peut parler de races, tout au plus de populations qui peuvent, compte tenu de leur isolement géographique, concentrer à la marge, quelques particularités phénotypiques. La pureté raciale est donc une chimère pour les animaux sauvages. L’ours slovène et celui des Pyrénées peuvent génétiquement se distinguer peut-être encore moins qu’une vache Limousine d’une Blonde d’aquitaine ! Au contraire, l’introduction d’un patrimoine génétique un peu élargi ne peut qu’apporter de la variabilité génétique salutaire qu’un trop grand isolement géographique n’a pu que réduire. L’ours de Slovénie et celui des Pyrénées sont de la même espèce. Ce ne sont que les barrières mises en place par l’homme qui font que ce premier ne fait pas actuellement le voyage, par ses propres moyens, depuis la Slovénie jusqu’en Pyrénées.
Indiquer, qu’il vaudrait mieux laisser l’ours slovène là où il est constitue un trait trop simpliste pour servir de justification ! Toutes les espèces domestiques animales et races un peu anciennes ont été importées.
Ensuite, donner des leçons au pays tiers pour les exhorter à préserver leur faune en voie de disparition : tigres du Bengale, éléphants, rhinocéros nains, aujourd’hui hippopotames etc. ou bien même à créer des sanctuaires forestiers (poumon vert amazonien, africain, asiatique) alors que depuis le néolithique nous avons éradiqué nos espaces forestiers sans soif, détruit tous les grands prédateurs au comportement voisin de l’Homme (loup, ours etc.) tient du ridicule opportuniste, axé sur une profitabilité à court terme sans scrupule."
Source : France Inter - Inter Activ du 14 octobre 8:41:00, invité : Jean-Louis Borloo
Télécharger le lourd podcast - La question d'Alain Reynes se situe à 00:18:08.
Photo : France-Inter