14000 ours brun en europe

Pastoralisme

En Europe il y a environ 14 000 ours brun, séparés en 10 populations distinctes. On trouve de petites populations d'ours bruns isolées dans plusieurs pays d'Europe : Espagne, Bulgarie, France, Italie, Autriche...

En Italie, entre 1999 et 2002, sept femelles et trois mâles capturés en Slovénie ont été relâchés dans le Trentin où subsistaient trois ours autochtones.

80% des effectifs d'ours brun ont disparu en Europe au cours du 20e siècle.

En France, en réduction depuis l'époque romaine, l'ours brun est encore présent vers l'an mille dans toutes les forêts de montagne mais les zones d'habitat se réduisent au XVIe siècle aux parties les plus inaccessibles des Vosges, du Jura, du Massif Central, des Alpes et des Pyrénées. A la fin du XVIIIe siècle, le développement des activités humaines comme le pastoralisme, l'exploitation des forêts ou l'utilisation des armes à feu accentue sa disparition et au milieu du XIXe siècle sa présence n'est plus constatée que dans quatorze départements du Jura, des Alpes et des Pyrénées. Il disparaît d'abord du massif jurassien (vers 1860) puis des Alpes (estimation 300 ours en 1800, 70 en 1860, 20 en 1900, dernière observation en 1937 dans le Vercors) pour ne subsister que dans les Pyrénées où sa population atteint quasiment le seuil d'extinction.

En 1995, la France comptait une population d'ours brun relictuelle de 5 individus dans les Pyrénées occidentales. Sans la capture en Slovénie et le relâcher de 2 femelles en 1996 et d'un mâle en 1997 dans le cadre du programme de réintroduction en Pyrénées centrales, l'ours brun était condamné à une disparition certaine.

Mais en 1997 et en 2004, deux ourses suitées, Melba d'origine slovène et Cannelle la dernière ourse de souche pyrénéenne, ont été abattues par des chasseurs lors de battues. La réintroduction a permis de faire remonter la population à une quinzaine d'individus en 2005 mais ne pouvant être considérée comme viable à long terme, nombre trop faible de femelles et problème de consanguinité.

Il s'est avéré que les deux femelles réintroduites (Ziva, Mellba) s'étaient accouplées sur leur territoire d'origine avec le mâle lui aussi réintroduit (Pyros). Cette situation a conduit le gouvernement français à mettre en œuvre un plan de renforcement avec un apport de 4 nouvelles femelles (Palouma, Franska, Hvala, Sarousse) et d'un mâle au printemps 2006 (Balou).

On estime à 200 000, la population totale des ours bruns dans le monde, 20 à 25 dans les Pyrénées.

On estime à 573 000, le nombre d'ovins dans les Pyrénées, deux fois plus de brebis dans les Pyrénées françaises que d'ours dans le monde. Ce n'est pas comparable, je sais, mais donne une idée de qui est en danger d'extinction. Les brebis ne risquent pas de disparaître dans les Pyrénées. Pour l'ours dans les Pyrénées, il est moins une.

L'exception française

Marc LAFFONT
"Cela demande vérification (je demande à Jean-Paul Mercier, spécilaiste de l'ours brun en Europe), mais à ma connasissance, aucun des pays européens qui disposaient encore d'une population viable d'ours brun en 1900 n'a, depuis, fait disparaître cet animal de son territoire.

Si la France y parvenait, elle pourrait ainsi se targuer, à défaut du titre de championne d'Europe de football, de celui de championne continentale de destruction d'espèce emblématique. Après avoir déjà éradiqué de son sol la grande outarde au cours du XXème siècle.

Rappelons aussi que, si on trouve du bouquetin des Alpes en France, c'est parce qu'il a survécu en Italie et a, à l'instar du loup un peu plus tard, reconquit progressivement ses anciens territoires français à partir des années 60. Il avait disparu du versant français au milieu du XIXème siècle.

A peine quelques décennies avant son "cousin" ibérique dans les Pyrénées. Lui n'a pas pu revenir : les pyrénéens espagnols l'ont fait disparaître de l'autre versant il y a environ 10 ans.

Le lynx, exterminé de France vers 1910, est revenu par la Suisse.
Le vautour moine a été éradiqué à peu près au même moment.

Belles performances de la part d'e la France qui se veut régulièrement donneur de leçons."

Baudouin de MENTEN
"Un argument pour faire comprendre la procédure de la SEPANSO envers l'Etat au opposants qui ne vont sans doute pas manquer de parler "d'appât du gain" ou de démarche intéressée..."

Jean-Paul MERCIER
"Marc a raison. A ma connaissance, aucun des pays d'Europe qui abritaient en 1900 une population viable n'a vu la disparition totale de ses ours.

Mais beaucoup ont frôlé l'extinction et cette menace pèse toujours sur de nombreuses régions. La Slovénie et la Slovaquie comptaient l'une et l'autre pas plus de 30 ours dans les années 1930. Plus récemment, la Grèce n'a du le sursaut de ses effectifs qu'à une politique législative énergique, aiguillonnée par des associations très actives, Arctos et Callisto.

Enfin, les Pyrénées et le Trentin n'ont (à deux individus mâles près pour les Pyrénées) plus d'ours autochtones, ayant "bénéficié" de transferts venus de Slovénie.

L'Autriche, si rien n'est fait, va voir s'éteindre ses derniers plantigrades d'ici quelques années. Le sex-ratio y est complètement déséquilibré. Dans le centre du pays, ne subsisteraient plus que des mâles.
Des  pays comme l'Albanie, la Macédoine, le Monténégro, le Kosovo ou la Serbie, dont il est actuellement difficile d'évaluer les effectifs, sont victimes d'un braconnage effréné. En Albanie, les braconniers vendent des dépouilles aux Musées, alors que l'animal est protégé par la loi !

Dans cette sinistre compétition vers l'extinction, la première place sera, malheureusement, âprement disputée !

Marc LAFFONT
Une petite nuance sur l'Autriche : l'ours en avait disparu vers 1830 ou 1840. Du coup, ce pays ne rentre pas dans la catégorie des populations viables en 1900. C'est un cas un peu spécial de disparition, puis de retour et de renforcement. Et peut être, de re-disparition.

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