Calme plat à la Dépêche du Midi, pas d'ours en colère à se mettre sous la dent. Pas de sang frais par la faute du plantigrade, triste semaine. Alors, les journalistes nous ressortent le "Pobre Luis", le chasseur du Val d'Aran que Hvala a "corrigé" après avoir été levée par les chiens lors d'une battue au sanglier. «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue» avait déclaré Luis déja remonté contre le "fauve"
«Luis ne peut pas oublier l'attaque de l'ours»
...titre La Dépêche. "Lorsqu'on lui demande comment il se sent, son visage s'assombrit. Il avoue : «C'est la nuit, le plus dur. Je me réveille souvent et je revis cet instant terrible. La chasse, je n'y suis pas retourné et si le lendemain de l'accident, je disais que j'y repartirai, depuis, je n'en ai pas eu envie.» Pas aussi facile d'oublier ce moment."
Pauvre Luis. La Dépêche n'est pas mal informée, elle trie... car du sang il y en a eu, mais ce journal n'a pas soufflé mot du chasseur qui a été attaqué par un sanglier le week-end dernier à Ascou, en Haute-Ariège. Ce chasseur est aussi éleveur de brebis. Un anti-ours bien connu blessé par un sanglier, c'est moins porteur pour la cible agro-pastorale de ce canard qu'un chasseur effrayé par une ourse.
Pourtant le sanglier y a mis du coeur : le sauvage ongulé qui ensauvage les forêts pyrénéennes s'est acharné sur le chasseur, le traînant sur plus de 15 mètres. Il ne doit la vie sauve qu'a l'intervention des chiens. Sa jambe est tellement "hachée" que les médecins sont dans l'obligation de l'endormir pour le soigner et l'héliporter. Il est à l'hôpital Rangueil de Toulouse pour plusieurs semaines, voire pour des mois. Des greffes de peau seront nécessaires pour essayer de réparer les dégâts.
Au lendemain de cette boucherie, les chasseurs avaient remis cela. Un autre sanglier ou le même a fait faire plusieurs fois le tour d'un arbre au frère du maire Claude Carrière. Il a du se protéger à coups de crosse avant de pouvoir retourner l'arme et tuer le sanglier vengeur.
En Ariège et à Ascou, l'animal dangereux, ce n'est pas le sanglier, c'est bien connu... c'est l'ours. D'ailleurs La Dépêche-du-Midi confirme : silence radio sur cette affaire relatée par la gazette ariégeoise. Aucun intérêt pour la Dépêche qui préfère la jolie cicatrice du "Pobre Luis" aux mésaventures d'un lecteur qui pense ce qu'il faut penser au Pays du Comte de Foix. Les envies de chasse de Luis se sont envolées, voilà au moins une bonne nouvelle. La semaine n'est pas si mauvaise.
