L'éleveur et son patou relaxés

Bonne nouvelle, l'éleveur poursuivi pour l'agressivité de son chien patou est relaxé. Le substitut du procureur imputait, comme il l’avait mentionné dans son réquisitoire, une «faute caractérisée» à l’éleveur car son chien est de race Marennes des Abruzzes et non Montagne des Pyrénées (patou). La Marennes des Abruzzes est pourtant un chien sélectionné pour... protéger les troupeaux, comme le patou !

Son chien avait mordu une gardienne de refuge : l’éleveur relaxé

Le 25 septembre, les réquisitions avaient provoqué une levée de boucliers de la filière ovine et du monde agricole savoyard dans son ensemble. Hier, René Gros a été relaxé par le tribunal de police devant lequel il était poursuivi pour "blessures involontaires par manquement à une obligation de sécurité ou prudence imposée par la loi ou le règlement".

Début juin, Alf, l’animal, avait mordu, sur un sentier, la gardienne du refuge de Plan-Sec, à Aussois. Le substitut Gilbert Lafaille avait relevé une triple négligence : René Gros aurait trop souvent laissé son chien sauter la clôture du parc à moutons, aurait choisi un berger des Abruzzes (confié par la DDA) plutôt qu’un montagne des Pyrénées réputé moins dangereux, enfin aurait omis de se former suffisamment. Autant la rigueur du ton employé que la réquisition (750 € d’amende avec sursis, alors que dans des affaires similaires, jamais aucune peine n’avait été réclamée) avaient suscité la colère. Pendant trois jours, les éleveurs avaient campé en plein centre-ville de Saint-Jean de-Maurienne, réclamant une clarification de leur situation. L’utilisation de chiens de protection leur est imposée par l’État, mais est de plus en plus critiquée par le monde du tourisme, qui enregistre de nombreuses plaintes de promeneurs confrontés à l’agressivité naturelle de ces chiens. Ceux-ci protègent les troupeaux contre les prédateurs, mais aussi contre tout intrus, fût-il humain.

Frédéric THIERS
Dauphine Libéré, édition 73A du 28/11/2008

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