Jean Lassalle a côté de la plaque une fois de plus. Alors que les hommes s'entretuent, exploitent et pillent les ressources de la terre bien au delà des possibilités de renouvellement, gaspillent la nourriture, consomment trop, multiplient les emballages, détruisent les espèces et les espaces naturels, le chanteur du Béarn continue à choisir l'Homme d'abord et se fout du reste.
Alors que l'agriculture continue à utiliser des produits reconnus comme nocifs pour l'homme, les abeilles et, le chanteur béarnais pousse un couplet désaprobateur sur ceux qui ont décidé de remettre les chose à plat. L'évalage ovin est en crise, maladivement déficitaire, la consommation d'agneau s'effondre, les exploitations deviennent intensive, sans personnel de garde, les bêtes sont à peine soignées. Pendant que les syndicalistes chantaient avec les politiciens sur les podiums, la maladie tuait. L'agriculteur s'éloigne de la nature, néglige les demandes de ses clients et se recroqueville sur les intérêts de sa profession.
Jennifer PARISOT a écouté le sermont lyrique du grand homme venu de la montagne pour Le Dauphiné
Jean Lassalle : « L'Homme a fini par choisir le loup plutôt que son espèce »
Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, et coauteur d'un appel pour des "États généraux des campagnes françaises", est l'invité de ce 62e congrès de la FDSEA, à Bonneville. Cet élu, membre du Modem depuis sa création, a toujours bousculé la classe politique. En juin 2003, il entonne l'hymne béarnais dans l'hémicycle pendant les questions au gouvernement pour obtenir le maintien d'une gendarmerie près du tunnel du Somport. En 2006, il entame une grève de la faim pour sauvegarder plus d'une centaine d'emplois dans sa région. Issu d'une longue lignée de bergers, il se dit comme les marins qui maîtrisent la mer, un fin connaisseur du monde agricole. Sensible à la problématique de la réintroduction «des fauves dans nos montagnes».
Vous êtes l'invité de ce 62e congrès, qui a pour thématique des sujets inquiétants comme la baisse du revenu des agriculteurs, quel sera votre discours ?
Jean Lassalle : «Une note d'espoir. Je vais leur dire : vous êtes les jardiniers, les gardiens de la nature. Réapprenez à travailler ensemble, à mutualiser les moyens et réapprenez le militantisme. Vous devez dire ce que vous êtes ! Pas en étant sur la défensive, avec le ton agressif que cet état d'esprit sous-entend, mais plutôt avec enthousiasme. Car c'est un message humaniste, qui dit "ne nous laissons pas nous désapproprier des territoires dont nous avons la charge". Vous êtes les pères de famille de cette nature que nous aimons tant. Regagnez la reconnaissance d'antan.»
«Les paysans sont devenus minoritaires et ont perdu la reconnaissance de leur métier». Pour vous, les agriculteurs ont perdu leur statut et donc leur force ?
«Le monde rural et les paysans sont devenus minoritaires dans notre société. Ils étaient 4 millions en 1860, ils ne sont plus que 170 000. Leur poids aussi a diminué au sein de l'opinion et donc, en conséquence, leur statut aussi. Leur métier a toujours été aussi difficile mais, avant, ils représentaient l'indépendance, la liberté et la sagesse. On savait que c'était eux qui entretenaient la nature, les cours d'eau pour éviter les catastrophes en plaine. Grâce à leurs prairies, on évite aux grands feux de se propager. Ils ont perdu cette reconnaissance. Et on sait tous qu'il est plus facile quand on est reconnu de susciter l'envie. Notamment celle d'un fils pour prendre la relève. Ce qui manque. »
C'est donc ce manque de reconnaissance qui serait à l'origine de ce bras de fer entre le monde agricole et l'opinion publique face à des problématiques comme l'ours dans votre région, et le loup sur nos terres...
«Oui. Tout le monde vit en banlieue. Il n'y a plus vraiment de citadins, les villes sont désertées pour des bureaux, ni plus vraiment de campagnards. Il y avait pourtant un plaisir à vivre à la ville ou à la campagne. Alors dans une société où la plupart des gens vivent dans ces banlieues, chacun a l'espoir d'un monde meilleur avec de vertes campagnes, sans pollution, sans bruit... Alors, on sublime le beau : les paysages, la biodiversité et les espèces mythiques, comme l'éléphant en Afrique, l'ours et le loup chez nous. On les réintroduit. Un petit geste pour la nature afin de fermer les yeux sur toutes les grosses pollutions qui dérangent. Et on se retrouve dans un monde, où les Hommes ont fini par choisir le loup plutôt que leur propre espèce. Dans la banlieue, on voit le berger qui veut tuer le loup uniquement pour sauver son petit troupeau. Et on se dit : "il est déjà dans un endroit paradisiaque à la montagne, et il en veut encore plus. Sans parler des primes qu'il reçoit pour ça". Le paysan doit retrouver sa dignité pour se faire comprendre.»
Source : Jennifer PARISOT pour Le Dauphiné
Pour démonter le côté pleunichard de ce berger en politique, je vous invite à lire "L'enjeu des habitats ouverts en montagne, L'apport des ORGFH de Midi-Pyrénées.
La montagne sera-t-elle aussi vivante sans les ours en Béarn ? Qui croira que oui ? Personne à part vous. Personne ne parle de faire des Pyrénées ou de la terre un sanctuaire, il est bien trop tard pour cela ! Les Pyrénées doivent rester une montagne vivante, où la vie est partagée entre tous les être vivants, le plus justement possible.
Je me souviens de la passe d'armes entre Jean Lassalle et Nicolas Hulot en janvier 2008 :
Nicolas Hulot, mis en cause par Jean Lassalle dans les «Grosses têtes» sur RTL, lui a répondu par courrier.
Ces deux-là n'iront pas randonner en montagne ensemble. Mercredi dernier, le député Jean Lassalle était l'invité d'honneur des «Grosses têtes», sur RTL. En fin d'émission, Philippe Bouvard lui demande : «Qu'est-ce que vous reprochez à Nicolas Hulot ?». En effet, l'élu béarnais n'épargne pas le présentateur écologiste dans son livre «La parole donnée» (Ed. Cherche-Midi), publié cette semaine. à l'antenne, Lassalle en remet une couche : «Je reproche à Nicolas Hulot son manque de sincérité. Il est sur une posture qui lui vaut beaucoup de louanges, qui le classe parmi les personnalités les plus aimées, mais il fait semblant». Et d'accuser Hulot, «dans ses grands shows payés par les firmes qui polluent le plus au monde», de filmer «les paysages de rêve», mais de ne pas pencher les caméras sur les enfants en train d'y mourir de faim.
On pouvait s'en douter, l'homme de télé n'a pas apprécié l'agression. Et dès le lendemain, c'est par courrier qu'il adresse la réponse du berger à la bergère. «A mon égard, votre attitude tourne déjà à l'obsession. Je crains qu'ajoutée aux séquelles physiologiques et psychologiques de vos jeûnes successifs, cette aigreur permanente vous affecte trop profondément et je crains pour votre santé. [?] Vous êtes dans le mensonge, les préjugés et l'ignorance ; ces trois pestes des relations humaines qui vous semblent si familières».
Conclusion de Nicolas Hulot : «Je hais les procureurs. Il y a des amitiés qui dérangent. Il y a des inimitiés qui flattent. Continuez de me haïr, c'est ma fierté». Séquence détestation, comme aurait pu dire l'animateur, à l'époque d'« Ushuaïa ».
Sources : Sud-Ouest