Objectifs 2007
Le suivi de la population des ours dans les Pyrénées consiste à estimer annuellement :
- l’aire de répartition géographique
- les effectifs et paramètres démographiques : âge, sexe ratio, naissance, mortalité
- la tendance démographique générale
Pour des raisons de disponibilité du personnel et de logistique, le suivi est organisé de façon différente selon les 3 niveaux de fréquentation reconnus :
- Hors zone de présence, il s’appuie essentiellement sur l’expertise des témoignages et dégâts.
- En zone de présence occasionnelle , les techniques ci-dessus peuvent être complétées par l’aménagement de stations de suivi (pièges à poils, appareils photo) et prospections annexes suite à des témoignages et dégâts (dans le Vicdessos entre le noyau central et oriental, en Navarre, …).
- En zone de présence régulière, le dispositif s’adjoint d’un suivi périodique d’itinéraires référencés, équipés de stations de suivi surtout destiné à détecter les ourses suitées. Concrètement, il s’agissait de travailler dans la partie occidentale (vallées d’Aspe et d’Ossau) et sur la zone centrale (Couserans), zone la plus active de la population (avant lâchers de 2006).
Suite au lâcher de cinq ours au cours de l’année 2006, un des objectifs principaux fut également le suivi de ces animaux et l’incidence de leur présence sur les paramètres démographiques.
Un effort fut plus particulièrement porté sur la réactivation du Réseau Ours Brun dans les Pyrénées Centrales avec un effort sur l’amélioration de la circulation de l’information et sur une plus grande implication des membres du ROB.
Méthodes d’étude
Le suivi de la population d’ours repose en grande partie sur la recherche d’indices indirects (empreintes, poils, crottes, etc…).
La répartition géographique est renseignée par les indices de présence ou tout témoignage ou dommage validé. Les deux derniers sont une source d’information importante, car susceptibles d’apporter des renseignements dans des zones peu prospectées.
Le statut démographique est abordé par l’examen de la taille des empreintes de pattes, les silhouettes des ours sur photographies prises par les appareils à déclenchement automatique et les analyses génétiques qui permettent d’apporter des renseignements indispensables à l’identification des individus (lignée, filiation, sexe). La prise en compte des manifestations simultanées d’ours en des sites éloignés permet ensuite de tenter une estimation du nombre d’individus typés de façon semblable (empreintes, photos, profil génétique).
Les membres du ROB collectent des données de terrain (indices spontanés, stations de suivi) auprès de témoins ou lors d’opérations spécifiques (ORSO, Indices d’Abondance, Recherche d’oursons, Prospections d’itinéraires fixes). Toutefois, l’expérience nous a permis de constater que les aléas de la météo (qui sont notamment en rapport avec la qualité et l’abondance des empreintes pouvant être relevées) et les incertitudes des comportements individuels des ours peuvent altérer la fiabilité du suivi annuel. De ce fait, pour atténuer les biais, des synthèses sont présentées par périodes quinquennales.
Contexte 2007
Le lâcher de 5 ours en 2006, les déplacements de Balou et Sarousse dans des zones de piémont et la mort de l’ourse Palouma, ont ravivé les tensions entre les opposants et les partisans au programme de réintroduction d’ours.
Parmi ces nouveaux ours, Francka a été un catalyseur du fait des nombreux dégâts qu’elle causa. Son collier GPS arrivant au terme de son fonctionnement, un suivi journalier a été organisé pour renseigner au mieux les éleveurs sur la présence de cette ourse près de leur troupeaux. Elle fut tuée par une voiture le 9 août 2007 alors qu’elle réitérait un franchissement de la voie rapide reliant Lourdes à Argelès, le secteur dans lequel elle avait passé sa saison hivernale 2006-2007. Les gardiens itinérants ont aidé quotidiennement les éleveurs touchés par les attaques de Francka.
On notera que quelques attaques d’ours atypiques, reprises par les médias, ont continué d’alimenter le refus de l’ours par le monde pastoral. Hvala est sortie de tanière accompagnée de deux oursons.
Tout au long de l’année, un suivi discret et fin de cet animal a été entrepris, sachant que les ourses suitées sont extrêmement sensibles aux moindres perturbations de leur environnement. Le suivi des ours Balou et Sarousse s’est effectué en alternance avec nos homologues espagnols car ces deux animaux ont séjourné entre les deux versants du massif pyrénéen.
Diverses opérations inattendues ont conduit à régulièrement mobiliser une partie du personnel de l’ETO et de nombreux membres du ROB au détriment des opérations de suivi routinier, comme les stations de suivi et les prospections de détection des ourses suitées.
Par ailleurs, il faut noter des conditions météorologiques défavorables aux relevés d’empreintes (douceurs climatiques ayant entraîné des précipitations incessantes et un très faible enneigement).
Source : suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007