Bilan des dommages d’ours bruns sur le versant français des Pyrénées
Le bilan total des dommages (versant français) 2007 établi par la DIREN Midi-Pyrénées fait état de 319 animaux et 24 ruches imputables ainsi que de 219 animaux indemnisés au bénéfice du doute.
On remarque que l’Ariège et les Hautes-Pyrénées sont au premier rang des dégâts. Les autres départements étant relativement peu touchés. En Ariège, une partie importante de la zone de montagne est concernée. Deux dérochements ont été indemnisés, en raison de la présence avérée de l’ours brun dans le secteur simultanément au dommage : l’un sur Lercoul (21 animaux, 30 juin) et l’autre sur Orlu (94 animaux, 8 juillet). Dans les Hautes-Pyrénées, le nombre élevé d’animaux imputables s’explique par les prédations à répétition de Francka, ainsi que par un dérochement sur la commune d’Estaing.
Evolution de la prédation par l’ours sur le versant français des Pyrénées depuis 1996
Afin d’étudier la prédation ursine, deux paramètres sont à prendre en compte : le nombre d’attaques imputables (mise à mort ou blessure d’un ou plusieurs animaux, destruction d’une ou plusieurs ruches, sur le même lieu géographique, à la même date estimée) et le nombre de dégâts (animal domestique tué ou blessé, ruche détruite partiellement ou en totalité lors d’une attaque d’ours) imputables. Depuis 1996, le protocole d’expertise des dommages a évolué, ce qui risque surtout d’entraîner un biais dans l’analyse. Cependant, les chiffres de 2007 ont été intégrés aux données 1996-2007 afin d’étudier les grandes tendances.
Les ruchers
Le nombre d’attaques sur ruchers montre d’importantes variations inter-annuelles et il paraît difficile de dégager une tendance. Dans la partie orientale du noyau centro-oriental (Aulus les Bains-Aude-Pyrénées-Orientales), l’évolution du nombre d’attaques sur ruchers semble liée à l’évolution du nombre d’attaques dans la partie orientale. Ailleurs, ce type de prédation est très rare (1 dans chaque noyau), le nombre d’attaques sur ruchers est inférieur à 2006 mais reste conforme à la moyenne annuelle (14,5) de ces 12 dernières années. Dans le noyau oriental, la majorité des attaques se situe autour du Plateau de Beille et ont lieu au printemps. La Haute-Garonne et le Vicdessos (Ariège) concernés en 2006 n’ont pas été touchés.
En 2007, le nombre de ruches détruites à l’échelle du massif est, comme le nombre d’attaques sur ruchers, inférieur à 2006 et conforme à la moyenne annuelle (22) observée depuis 1996.
Le bétail domestique
En 2007, 124 attaques sur troupeaux domestiques ont été recensées versant français. Ce chiffre plus faible que celui de 2006 est supérieur au nombre annuel moyen (84). A l’échelle des 3 noyaux de population, l’évolution annuelle du nombre d’attaques est assez variable.
Noyau occidental : Des augmentations temporaires sont à noter. Elles sont dues à des individus particulier : Néré (2000), Papillon (2003) et Francka (2006). Néanmoins le nombre d’attaques dans ce noyau est inférieur à 2006 (départ de Francka à l’Est) et comparable à la moyenne annuelle. L’essentiel des attaques se concentre en Béarn, avec tout de même une attaque et un dérochement important dans la Vallée d’Estaing (Hautes-Pyrénées).
Noyau centro-oriental (partie centrale) : Le nombre d’attaques, relativement bas jusqu’en 2005, se concentrait sur des zones géographiques restreintes : Luchonnais et Cagire en Haute-Garonne (1996-1999), Haute-Vallée du Salat en Ariège (2002-2005). A partir de 2006, le nombre d’attaques augmente fortement en raison des ours réintroduits : Balou et Hvala en 2006 (essentiellement en Haute-Garonne), Hvala (limite Haute Garonne-Ariège) et surtout Francka (Hautes-Pyrénées Est) en 2007.
Noyau centro-oriental (partie orientale) : Le nombre annuel d’attaques est relativement stable depuis 1999. En 2007, il est inférieur à 2006, essentiellement en raison d’une diminution des attaques printanières. Les attaques sont réparties assez équitablement sur toute la zone géographique propre à ce noyau.
En revanche, en 2007, le nombre d’animaux domestiques tués ou blessés par l’ours brun est supérieur à 2006 et marque un record depuis 1996. Ce phénomène est directement lié à l’augmentation des dégâts occasionnés par Francka qui représentent 40% du nombre total d’animaux domestiques imputables. Si le nombre d’attaques commis par Francka en 2007 (41) est comparable à 2006 (36), le caractère meurtrier des attaques menées par cet animal est nettement plus élevé en 2007 (3,1 victimes en moyenne par attaque) qu’en 2006 (1,6 victimes en moyenne par attaque). Dans le reste du noyau central, Hvala contribue également à l’augmentation du nombre de dégâts en prédatant 52 animaux domestiques (essentiellement dans le Biros, Ariège) contre 31 en 2006. Dans les deux autres noyaux, le nombre d’animaux domestiques prédatés reste comparable à 2006.
Source : suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007