Un partenariat est né entre le parc Alpha du Mercantour et le Cheetah Conservation Found
Véronique Luddeni est vétérinaire, elle exerce en clientèle mixte et est responsable du suivi des loups du centre Alpha à Saint-Martin-Vésubie (Mercantour, Alpes-Maritimes) qui oeuvre pour la cohabitation entre faune sauvage et élevage.
Véronique Luddeni est en France, mais aussi en Afrique, comme en témoigne son aventure au parc d’Etosha en Namibie, où elle découvre la similitude entre les problèmes liés à la proximité des prédateurs et des troupeaux dans les élevages domestiques namibiens (lions, guépards, léopards, etc.) et français (loups, ours, lynx). Dès son plus jeune âge, le chien de race "berger d’Anatolie" est immergé dans le troupeau. Cette éducation spécifique est similaire à celle du Montagne des Pyrénées, gardien de moutons en France.
Avec son époux guide de haute montagne et organisateur de voyages, elle se promet alors de retourner en Namibie pour mieux comprendre cette problématique et les solutions adoptées localement. Cette fois-ci, elle se rend au Cheetah Conservation Found (CCF ), qui défend les mêmes valeurs que celles adoptées par le parc Alpha au travers de l’action de médiation quotidienne de notre consoeur avec les éleveurs. Créé il y a vingt ans par Laurie Marker, aujourd’hui docteur honoris causa pour son travail et sa réussite dans ce projet, le CCF a une mission principale : sauver le guépard de l’extinction qui le menace et agir pour son acceptation par les éleveurs.
Ce voyage permet à notre consoeur d’initier une coopération active et ciblée entre ce parc et celui de Saint-Martin-Vésubie dans le domaine de la gestion de la relation entre les éleveurs et les promoteurs de la conservation de la faune sauvage. La rencontre avec Laurie Marker sera passionnante et mettra en lumière leur intime conviction d’agir dans la même direction en actionnant les mêmes leviers : économiques, sociaux et écologiques (voir la note Aspects économiques, sociaux et écologiques - Des problématiques françaises et namibiennes similaires).
L’objectif commun est de voir cette initiative suivie dans le temps par les dif érents acteurs, puisqu’elle devrait aboutir à un partenariat culturel et scientifique ( ENV, stagiaires. mémoires, etc.) visant un échange d’expériences entre le Nord et le Sud. Le but est en effet d’améliorer durablement la réimplantation ou le retour des grands prédateurs dans leurs biotopes naturels et de favoriser le développement de l’élevage ovin et bovin en relation étroite avec la faune sauvage autochtone.
Valentine Chamard
La Semaine Vétérinaire - N°1346 - 6 février 2009