Les éleveurs et les chasseurs vont se rassembler le 18 avril à Thônes, près d'Annecy.
Les chasseurs veulent tirer du loup
Par la voix de son président, Jean-Louis Prevond, la Fédération Départementale des Chasseurs de Haute-Savoie écrit aux présidents d'ACCA, d'AICA et chasses privées pour leur confirmer "qu'un grand rassemblement de sensibilisation de l'opinion publique et de nos élus sera organisé de concert entre les partenaires agricoles et la Fédération Départementale des chasseurs. (...) Nous ne serons écoutés et entendus que dans la mesure où nous sommes nombreux et que notre comportement est exemplaire. Il en va notre image et de notre crédibilité".
Dans cette lettre dont le logo est "Instinctivement Nature", les chasseurs désirent "véhiculer la demande" - en 4X4, j'imagine - que "le loup soit géré, régulé par un plan de chasse et que la convention de Berne soit modifiée en conséquence." La chasse au loup serait donc un instinct : un comportement inné qui constitue la nature humaine!
La FDSEA, Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles entre en campagne
Christophe Léger, président de la FDSEA74 fait de même en écrivant à sa base et déclare "avoir oeuvré pour une sensibilisation des chasseurs, des acteurs économiques et offices du tourisme des différents secteurs". Il s'engage "à faire bouger les lignes". "Le travail conduit avec leurs partenaires "ovins" et "caprins" devrait permettre d'obtenir quelques avancées significatives, certainement que cela dérange".
Autant en profiter pour régler quelques comptes entre syndicats agricoles : le président de la FDSEA s'en prend à la "Conf" : "Il est attristant de voir que le dossier loup est utilisé par certains comme un tremplin politique ou un faire valoir." Que la haine de la nature soit utilisée pour faire des carrières politiques, on le savait depuis longtemps! "Que certains souhaitent prendre du pouvoir avec ce dossier, s'approprier nos acquis, ils en répondront le moment venu. Il est par exemple étonnant de constater que la Confédération paysanne, lors du dernier comité loup départemental n'a pas soutenu notre proposition concernant le déclassement du loup dans la convention de Berne. (...) Au final, la société comprendra, même si cela prend du temps, le rôle prépondérant que jouent les éleveurs dans le milieu... c'est un enjeu pour elle."
Outre différentes motions classiques : aides financières, meilleures indemnisations des animaux tués, responsabilité des éleveurs utilisant des chiens de protection, opérations d'effarouchement en alpages, tirs de défense "à l'aide d'armes, moins dangereuses à canon lisses", tirs de prélèvement etc ; une motion surprenante à été prise à la fin de la réunion du comité départemental. Etaient-ils encore tous conscients, mystère? "La mise en application d'une réglementation très stricte sur le braconnage a également unanimement été réclamée, tout comme le renforcement de la répression de l'empoisonnement."
FERUS estime pour sa part, que plus de 100 loups ont été braconnés en France depuis 2000! Il semble donc que dans le dossier du loup, les éleveurs ont depuis longtemps décidé de s'occuper seuls du "problème", "prendre leur responsabilité", ils appellent cela. Sans l'assumer publiquement bien sûr.
La défense des braconniers et empoisonneurs va-t-elle devenir plus difficile? Cette dernière motion (Lire Le Dauphiné) risque bien d'être oubliée par les éleveurs et chasseurs furieux de cette initiative, unanimement réclamée parait-il. Les faux culs.