Professionnel de la protection de la nature depuis quinze ans, Jean-Claude Génot fait le constat qu'il ne suffit plus de mettre la nature "en réserve" pour la protéger.
Le jardinage écologique et l'intervention systématique dans des réserves surprotégées au milieu d'une nature ravagée est une voie sans issue dans laquelle trop de protecteurs se sont engouffrés. En voulant la création de réserves, les protecteurs n'ont pas vu qu'ils acceptaient en même temps le principe qui les sous-tend, à savoir la destruction de la nature partout ailleurs.
Plus grave encore est ce goût de l'artifice qui conduit de plus en plus de protecteurs à gérer les milieux naturels dans une course à la biodiversité, faisant croire ainsi à la société tout entière que la nature ne peut exister sans l'homme.
Qu'il s'agisse de la réintroduction du lynx ou de la protection de la nature en forêt, des conservatoires de sites naturels ou des parcs, partout la volonté d'intervention est la plus forte, souvent sous de faux prétextes scientifiques, mais toujours selon des choix philosophiques non exprimés.
Ce livre n'a pas d'autre ambition que d'ouvrir un débat toujours salutaire en période de pensée unique, le temps de l'écologiquement correct. Il tente également de faire comprendre que la protection de la nature n'est pas seulement affaire de science, mais surtout de coeur, qu'elle est soumise à l'éthique et qu'il est nécessaire de préciser QUELLE nature nous souhaitons protéger.
SOMMAIRE
- Préface, par François Terrasson
- Introduction
- De l'écologiquement correct
- La nature en conservatoire
- Faut-il avoir peur de l'écotourisme ?
- La re-création de nature: une récréation
- De la biche à l'arbre en tranche
- Le crépuscule de la chouette
- La nature en sandwich
- Le lynx: histoire d'une vraie fausse réintroduction
- Bientôt Noé en solitaire ?
- Les parcs naturels régionaux: équilibre ou schizophrénie ?
- On vit une nature formidable
- Des bêtes et des hommes
- Instants de nature
- Protection contre nature