Le 20 septembre, La Dépêche du Midi publiait une interview de Chantal Jouanno à propos de l'Ours des Pyrénées. François Arcangeli, président de l'association ADET-Pays de l'Ours et le FIEP ont réagit.
Chantal JOUANNO : "J'ai reçu ses conclusions (NDLB: celles du Groupe National Ours des Pyrénées) début septembre. Le Gnop préconise la mise en œuvre d'une charte chasse, la reprise du dialogue avec les éleveurs, une étude sur l'ours et le tourisme. Pour la partie centrale des Pyrénées, il faut rapidement réaliser une expertise pour savoir si la question de la pérennité du noyau des ours se pose de manière scientifique. Dans les Pyrénées-Atlantiques, il ne reste plus que des plantigrades mâles ; il faudrait théoriquement amener des femelles."
François Arcangeli : "L'ours ne fera jamais l'unanimité dans les Pyrénées"
François ARCANGELI, président de Pays de l'ours-Adet, Maire d'Arbas réagit à l'interview accordée par Chantal JOUANNO à la Dépêche du midi.
Le gouvernement ne cesse de prendre des décisions contre une opinion publique
souvent très défavorable, à tort ou à raison chacun peut avoir son idée
là-dessus, et dans ce dossier « ours » où une très forte majorité de l’opinion
publique est favorable (76 % des français, 69 % des habitants des départements
pyrénéens…) il faudrait que le sujet fasse l’unanimité !?
Je le dis solennellement à Madame la Ministre, l’application de la Loi et des engagements
internationaux de la France sur l’ours ne fera jamais l’unanimité
dans les Pyrénées et c’est une faute politique que de prioriser ceux qui
s’opposent à l’application de la Loi, ceux qui justement ont boycotté la
concertation, et ceux qui menacent, cassent et tuent.
J’espère
que la France ne fêtera pas en 2010 l’année internationale de la biodiversité
en cherchant à enterrer le dossier Ours.
Les associations seront là pour le rappeler."
Autre réaction, le FIEP a également publié un communiqué le 25 septembre.
FIEP : Le Ministère de l'Écologie et l'ours : Il
est urgent de ne rien faire!
Suite aux
récentes déclarations dans la presse de la Secrétaire d'État à l'Écologie sur
la préservation de l'ours dans les Pyrénées, le FIEP s'inquiète de la tournure
du dossier. (voir La suite du texte)
Mme Jouanno
déclare qu'il faudrait théoriquement amener des femelles dans les Pyrénées
Atlantiques où la question de sa survie se pose. Elle indique qu'elle souhaite
mener une large concertation avec l'ensemble des acteurs locaux.
Pour le FIEP,
l'heure de la concertation est terminée. En 2004, lors de la signature du 2ème
contrat de la charte IPHB, au nom de la concertation, on a recompté les
ours pour rien. En 2006, il n'y a pas eu de renforcement en Béarn, à cause du
véto de l'IPHB.
Après l'évaluation du plan de restauration à mi parcours, en juillet 2007, le
groupe national ours (GNO) a été crée pour la concertation après les
conclusions des missions d'inspections. Les réunions du GNO et des ateliers
thématiques ont représenté 13 réunions soit plus de 50h de concertation sans
compter les rencontres, échanges, réunions, rapports, inspections depuis 5 ans.
Les opposants à
l'ours ont décidé de boycotter le terrain du dialogue et se jouent du
flottement du ministère sur la question de la survie de l'ours.Sur quel dossier, en France, attend-on d'avoir un avis favorable de tous pour
prendre une décision, en particulier lorsque les 3/4 de l'opinion y est
favorable?
Le 1er novembre
2004, l'ourse Cannelle est morte en Béarn, abattue par un chasseur, reconnu
responsable au civil par la cour d'appel de Pau, il y a quelques jours. Cinq
ans après, on ne parle toujours pas de la remplacer. Qu'attend-on pour
renforcer la population d'ours particulièrement en Béarn ? Quelle disparaisse
pour devoir repartir de zéro ?
Les conclusions des inspecteurs généraux et du GNO sont sans appel : sans
renforcement dans les meilleurs délais, l'ours en Béarn est condamné.Pourtant la volonté de l'État se fait toujours attendre. La décision d'un
renforcement doit être prise cet automne pour des lâchers dès l'année
prochaine dans les meilleures conditions.
Les Nations Unies ont déclaré 2010 comme année internationale de la
biodiversité. 2010, c'est demain et si le ministère de l'Ecologie poursuit sur ce tempo
il va rater la marche.
Sources : Pays de l'Ours, FIEP
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