Le berger est mesuré dans ses propos. Julien Vergne, chargé de mission au conservatoire naturel des espèces naturelles de l'Ariège (ANA) explique bien l'origine et le type de pression exercée par les vautours sur les bêtes d'élevage ainsi que le temps qui sera nécessaire pour que la réouverture des "placettes" ait des conséquences positives sur le comportement des vautours qui se sont adaptés.
Pourquoi ne pas, comme dans la Drôme, organiser le dépôt des carcasses sur un emplacement déterminé, toujours le même, pour ne pas "polluer" différentes zones de l'estive ? Je mets polluer entre guillemets par ce que la décomposition lente d'un cadavre est bien plus polluante pour le sol, les ruisseaux ou la nappe phréatique que l’effet rapide du passage des nécrophages emplumés.
L'organisation de « placettes de dépôt » est une solution :
- économique (faible coût),
- propre (limitation de la surface puante où les bêtes refusent de pacager),
- sure (sans danger pour le bétail, il suffit de choisir l'emplacement)
- qui favorisera la diminution de pression comportementale sur les bêtes en difficultés ou en situation de fragilité.
Une fois de plus, c'est une décision humaine (la fermeture des « muladares » en Espagne) qui a modifié l'e fragile équilibre existant. Le vautour, afin de ne pas mourir de faim, n'a fait que s'adapter à un décision humaine irréfléchie. Cette décision faisant elle même suite à la maladie de la vache folle, une autre conséquence d’erreurs humaines, on ne nourrit pas des herbivores avec de la viande !
Un bel exemple de déni de responsabilité humaine où la faute est mise à tort sur le dos de l'animal sauvage qui joue une fois de plus le rôle de bouc émissaire. Difficile pour l'homme de reconnaître ses torts, son manque de bon sans, sa peur de la nature et de changer de comportement en respectant la nature et ses délicats équilibres.