Guillaume Chapron est un habitué de la Buvette. C'est le webmaster du site Carnivore Conservation. Ce scientifique a travaillé avec Pierre-Yves Quenette et Jean-Jacques Camarra sur la viabilité de la population d'ours des Pyrénées (voir les liens ci-dessous). Actuellement, il est assistant au "Grimsö Wildlife Research Station" de la "Swedish University of Agricultural Sciences" à Riddarhyttan, en Suède.
Dessin de Cabu dans Le canard Enchaîné
Et en plus, ses recherches se font en anglais... Que va dire Gérard DUBUC, le maire de St Lary en Ariège, un des multiples vice président de l'ASPAP qui, quand Chantal Jouanno utilise le mot "anthropisme" considère que la secrétaire d'Etat "utilise un langage teinté de parisianisme." Que comprend Gérard Dubuc a "Diagnosing Mechanisms of Decline and Planning for Recovery of an Endangered Brown Bear (Ursus arctos) Population" ou a "Which future for the French Pyrenean brown bear (Ursus arctos) population? An approach using stage-structured deterministic and stochastic models".Lors de la dernière manifestation anti-ours, Gérad Dubuc avait déclaré : «Nous sommes dans un combat à la vie, à la mort. L'écologie extrémiste ne gagnera pas la guerre des territoires. Les Pyrénées ne seront jamais cette frontière sauvage qui n'a jamais existé.» ce à quoi Chantal Jouanno a répliqué : "Quand on pense Pyrénées, on pense ours!"
Je me souviens du "Festival Résistances 2006 où Philippe Lacube s'était invité au débat pour défendre les casseurs d'Arbas. Dans la salle, un éleveur anti-ours s'était attiré la colère des spectateurs parce qu'il avait traité Farid Benhammou "d'intellectuel", l'injure suprême pour un opposant au plantigrade pour qui l'ours doit rester un problème basique. Là aussi, les arguments devaient sans doute être "teinté de parisianisme." N'en déplaise à Gérard Dubuc, Guillaume Chapron utilise la langue préférée des chercheurs et publie, avec R. Wielgus R, Pierre-Yves Quenette et Jean-Jacques Camarra une étude qui pourrait rapidement, vu l'actualité, se retrouver sur le bureau de Chantal Jouanno.
En France, les ours mâles
manquent de femelles
La population d'ours brun (Ursus arctos) en France est désormais si petite que
l'espèce pourrait y disparaître dans un avenir proche. Cependant, un nouvel
espoir apparaît sous la forme de nouvelles recherches, publiées le 28 Octobre
2009 dans la revue scientifique et en accès libre PLoS ONE, qui suggèrent que
le transfert de nouveaux ours n’accroît pas seulement la taille de la
population, mais peut aussi stopper certaines des causes du déclin de la
population.
"Nos résultats suggèrent que davantage de translocations d’ours sont
nécessaires pour avoir une population viable dans Pyrénées. En particulier, les
ours mâles ont besoin de plus de femelles», expliquent Guillaume Chapron, de la
Station de Recherche sur la Faune de Grimsö, Université Suédoise des Sciences
Agricoles, et ses collègues de l'Université d'Etat de Washington, et de
l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
Dessin de Marc Large
La population d’ours en France est restreinte aux Pyrénées et est divisée en
deux sous-populations: la sous-population centrale, créé à partir d'une
translocation précédente et celle endémique à l'Ouest, que l'on pense être en
déclin à cause d’une mortalité excessive induite par l’homme et de la
consanguinité.
Les chercheurs ont analysé les données recueillies sur le terrain de 1993 à
2005 et ont constaté que la sous-population occidentale avait un plus faible
taux de reproduction que la sous-population centrale. Ils suggèrent que cela
pourrait être la conséquence d’une forte consanguinité ou d’un sex-ratio
fortement biaisé envers les mâles dans la sous-population occidentale. Chez les
espèces avec un soin parental prolongé, comme l’ours, un sex-ratio fortement
biaisé envers les mâles peut induire de l’infanticide sexuellement sélectionné,
un comportement où les mâles tentent de tuer les oursons qui ne sont pas les
leurs, pour que les femelles retournent rapidement en œstrus, ce qui permet
ensuite à ces mâle de se reproduire.
Chapron et ses collègues ont ensuite utilisé un modèle démographique pour
calculer combien d'ours doivent être relâchés pour assurer la viabilité, et
montrent que la population pourrait récupérer à condition qu'un nombre
suffisant de nouvelles femelles soient transférées. Les données de terrain les
plus récemment recueillies vont maintenant être utilisées pour mettre à jour ce
modèle de population.
Ces résultats sont également importants pour la biologie de conservation de
manière générale. La recommandation habituelle lors de la planification d'une
translocation, est qu'elle ne devrait pas avoir lieu tant que les causes du
déclin de la population n’ont pas été supprimées. Ce n’est pas systématique,
d'après Chapron et ses collègues, qui suggèrent qu’une translocation pourrait
avoir lieu, même si le déclin n'a pas encore été inversé, à la condition que le
transfert lui-même supprime les mécanismes biologiques à l’origine du déclin.
Référence: Chapron G, Wielgus R, Quenette P-Y, Camarra J-J (2009) Diagnosing
Mechanisms of Decline and Planning for Recovery of an Endangered Brown Bear
(Ursus arctos) Population. PLoS ONE 4(10): e7568.
doi:10.1371/journal.pone.0007568.
La version en anglais de ces travaux sont téléchargeables sur le site de Plos One. Les auteurs ont fait un effort spécial pour Gérard Dubuc : ils ont remplacés "anthropique" par "induite par l’homme", histoire d'être compris par le vice-président de l'ASPAP. (L'insertion d'image poursuit le même but, que les auteurs me pardonnent pour le décalage entre le sérieux de leur travail et l'illustration légère de la buvette.)
Lire aussi
Which future for the French Pyrenean brown bear (Ursus
arctos) population? An approach using stage-structured deterministic
and stochastic models
Guillaume Chapron, Pierre-Yves Quenette, Stéphane Legendre, Jean Clobert (PDF 174 pages 410 ko)
Which future for the French Pyrenean brown bear (Guillaume Chapron, Pierre-Yves Quenette, Stéphane Legendre, Jean Clobert)
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Analyse de la viabilite de la population d'ours dans les Pyrénnées.pdf