Augustin Usseglio, 72 ans, a été mortellement touché à une jambe
C'est le dixième accident de chasse mortel pour la saison de chasse 2009-2010. On en est au même nombre de tués que l'année dernière à la même époque, malgré l'absence de mort en août et septembre 2009. Le mois d'octobre, avec 9 morts, a été particulièrement dramatique.
La victime occupait, lors de la matinée, un poste de piqueur (les hommes chargés de suivre les chiens), lorsque la meute a débusqué un sanglier.
Bagnols -Lirac (Gard). Le tireur, un chasseur de 60 ans, était intimement persuadé que le sanglier avait échappé à la vigilance des chiens. Il était persuadé que, là, au lieu-dit Jas du porc sur la grande montagne, à seulement une dizaine de mètres de lui, le gros gibier tentait de filer à l'anglaise derrière de très denses fourrés.
Il avait tort. Dans sa ligne de mire et au bout de la trajectoire de sa balle de calibre 300 se trouvait un ami chasseur, Augustin Usseglio, 72 ans, retraité entrepreneur dans la maçonnerie, pourtant habillé d'une chasuble fluorescente. Et la victime a de surcroît joué de malchance.
"À quelques centimètres, il aurait peut-être pu s'en sortir" jugeait hier le lieutenant Serge Bas-Guasch, commandant de la communauté de brigades de gendarmerie Roquemaure-Villeneuve. La balle est allée se loger dans le genou gauche du septuagénaire entraînant des dommages irréversibles. "Alors, le tireur a fait un garrot avec une corde à la jambe de son collègue" indiquait le militaire.
Ce chasseur, affolé par l'absence de tout réseau téléphonique, s'en est allé prévenir leurs partenaires de battue qui ont eux alerté les pompiers. Mais en revenant, il n'a pu que constater le décès d'Augustin qui s'était vidé de son sang par l'artère fémorale. La matinée s'est terminée sur un drame et l'auteur du coup de feu a été placé en garde à vue à la brigade de Roquemaure. Ce commerçant de Tavel, habitant à Lirac, pourrait être présenté au parquet aujourd'hui pour "homicide involontaire dans l'action de chasse" ou "blessures involontaires ayant entraîné la mort".
Hier, un médecin légiste a examiné le corps du défunt et des gendarmes techniciens en investigations criminelles ont ratissé les lieux. "C'était un monsieur connu de tous, très gentil et estimé" assurait hier le maire de Lirac, Jean-Louis Pothérat. "On est tous sciés. À mon avis, la saison s'arrête là pour nous" confiait l'un des chasseurs qui a participé à la battue, un proche d'Augustin.
"Quand on s'approche comme ça du gibier, il faut parler, communiquer" continuait le chasseur. "Mais Augustin entendait mal". Ses problèmes d'auditions lui ont-ils coûté la vie ? Les aboiements des chiens ont-ils couvert toute parole prononcée ? L'enquête tentera de le déterminer.
Source : La
provence et le Midi
Libre
Chasseurs de Lirac, pour votre collègue, raccrochez maintenant ! une paire de jumelles ou un appareil photo, c'est bien aussi. Voir tous les accidents de la saison de chasse 2009-2010 qui impliquent des chasseurs.