Natura 2000 Pics de Gar et Cagire : une gageure ou une réserve Ovina 2000 ?

"II faut préserver les lieux où vivent tes espèces ; à quoi servirait-il de sauvegarder l'ours si on détruit son habitat ?"(François Mitterrand, 6 octobre 1988, discours prononcé à l'inauguration d'une exposition sur l'ours.)

En Octobre 2003 paraît le n°3 du Bulletin d’information sur l’élaboration du DOCOB Natura 2000 Pics de Gar et Cagire, Montagne de Rie, Hourmigue. Il est rédigé par l’Office National des Forêts (ONF de Saint-Gaudens) : «Ce bulletin d’information vous apporte toutes les informations sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre des dossiers Natura 2000 sur les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne. Il vous donne aussi les contacts pour en savoir plus et pour poser des questions sur ce dossierIl y est abondamment question de la forêt.

Dans l’éditorial, Nathalie Marthien, Sous préfète de Saint Gaudens déclare : «(...)C’est ce partenariat riche de l’expérience et de la connaissance du terrain des acteurs locaux qui a permis d’aboutir à ce document et ainsi favoriser l’émergence d’actions concrètes et pertinentes pour la préservation de la biodiversité et du développement durable.»

Le site de Gar Cagire s’impose par l’importance de son massif forestier


La fiche technique n°3 est consacrée à la forêt. Le site de Gar Cagire s’impose par l’importance de son massif forestier : 2300 hectares de forêt domaniale, 2300 hectares de forêt communale, principalement de hêtraie, hêtraie sapinière. Ces forêts sont souvent visitées pour profiter de leur ambiance remarquable, y trouver des champignons, y chasser, y parcourir les sentiers ou encore y extraire du bois.

Elles sont cependant avant tout des habitats pour une quantité de faune et de flore. Certains recoins sont particulièrement riches et relèvent de l’intérêt communautaire au titre de la directive «habitats», c’est le cas des hêtraies acidiphiles (forêt de Casseport par exemple), des hêtraies calcicoles (forêt de Juzet en particulier) ou encore de tillaies de ravin (Montégut). Mais résident aussi dans nos forêts de nombreux animaux liés aux vieux bois ou au bois mort...

Habitats naturels d’intérêt communautaire (avec code Corine biotopes)

41.12 – Hêtraies acidiphiles
41.16 – Hêtraies calcicoles à Céphalanthères
41.41 – Forêts de ravin à tilleuls, frênes et érables (habitat prioritaire)
41.45 – Forêts thermophiles de ravin à tilleuls (habitat prioritaire)

Espèces d’intérêt communautaire habitant des forêts

  • Rosalie alpine Barbastelle (chauves souris) utilisant souvent les arbres creux ou les interstices du bois pour passer l’hiver, et chassant dans les allées forestières.
  • Rosalie des Alpes (çi-contre aux couleurs bleue et noire) et
  • Lucane Cerf-volant (insectes coléoptères xylophages) qui se nourrissent et/ou font leur cycle dans le bois mort.

Au delà de ce patrimoine directement lié à la démarche Natura 2000, il y a aussi sur le site de nombreuses espèces animales et végétales remarquables qui sont forestiers. On notera particulièrement le Pic noir, le Grand tétras (annexe II de la directive «Oiseaux ») et aussi le chat sauvage. »

image : Rosalie alpine, une des espèces prioritaire du site avec l'ours brun.

Ursus arctos aussi

Ursus arctos par Jean Chevalier L’ours brun, comme la rosalie alpine est une des espèces protégées prioritaires du site Natura 2000 Gar Cagire. C’est un habitat à ours.

La présence de l’ours brun a diminué dans ce massif dans les années 1970. Il y a eu des présences erratiques du plantigrade entre 1978 et 1980.

Dans le secteur de Soplan,  sur la commune de Bezins-Garraux en Haute-Garonne, l’ourse Mellba a été tuée par un chasseur (Jean-Philippe Gausseran, un maçon de 21 ans) le 27 septembre 1997 à 10 heures au col de Matet. Elle y avait élevé en partie ses petits. Ensuite il y a eu la présence de l'ours(e?) dit "de Miramont" qui y a été vu à plusieurs reprises en particulier vers le col des Ares où il avait fait des dégâts sur des ruches.

Le Bulletin d’information de 2003 sur l’élaboration du DOCOB Natura 2000 Pics de Gar et Cagire, Montagne de Rie, Hourmigue explique le contenu du projet de site Natura 2000.

Le pré-projet Natura 2000

Les estives

«Elles sont composées de pelouses et de landes d’intérêt communautaire actuellement en bon état de conservation grâce au pâturage existant sur ces secteurs (Cagire, Escalette, Gar...). La conservation du bon état de conservation de ces habitats passe par la bonne gestion de l’estive. Natura 2000 va donc dans le sens du maintien des bonnes pratiques actuelles en abondant dans le sens de l'importance d’avoir un gardien de troupeau et un diagnostic pastoral. L’estive peut ainsi être gérée de façon maîtrisée en évitant d’avoir des zones sous paturées et des zones sur paturées. Cela va dans le sens de l’optimisation de l’utilisation de ces espaces.

La gestion de l’estive passe régulièrement par des écobuages; ces feux sont soumis à autorisation, une commission locale d’écobuage évalue la pertinence et le danger de ces feux avant de donner un avis. Il est proposé de prendre en compte les habitats Natura 2000 dans les critères d’évaluation et de permettre si cela est possible et nécessaire la mise en place d’une solution alternative (débroussaillage).

De façon à préserver les insectes présents sur les estives (en particulier ceux qui permettent la décomposition des crottes et des bouses), il est préconiser de préférer la cydectine à l’ivermectine, molécule tout aussi efficace contre les parasites des brebis et moins toxique pour les insectes.»

La forêt

«les hêtraies acidiphiles, les hêtraies calcicoles et les tillaies de ravins sont les types de forêts directement concernées par Natura 2000 (habitats d’intérêt communautaire). Une grosse part des parcelles de hêtraies calcicoles et de tillaies ne sont pas exploitées (hors sylviculture) ce qui assure pour ces habitats-là une garantie de bonne conservation. Les hêtraies acidiphiles, toutes en forêt publique, doivent être traitées en futaie irrégulière avec régénération naturelle et sans coupe à blanc de grande surface. Toutes ces préconisations vont dans le sens de la gestion actuellement programmée dans les aménagements forestiers.

Il est également préconisé de prendre soin de ne pas dégrader le substrat des tillaies (éboulis, roche affleurante) en particulier en évitant toute traversée par une piste forestière.

Un axe important de travail sur les forêts est la conservation du bois mort, garant de la protection des insectes, champignons et chauves souris qui vivent en son sein...la fiche technique présente dans ce bulletin vous présente cette problématique dans le détail.

Le Genévrier thurifère, richesse exceptionnelle du site, hélas exposé aux incendies et qui en a été la victime cet été demeure un sujet d’attention particulière dans le cadre de la démarche Natura 2000 et de la Réserve forestière de Marignac. De nombreux experts se penchent sur cette rare population de la Montagne de Rié : génétique, dynamique, régénération...

Beaucoup de choses restent à découvrir. On a cependant établi que la poursuite des expériences déjà menées dans le cadre de la Réserve forestière (pâturage, enlèvement de chênes pubescents) pouvaient être envisagée dans le document d’objectifs. Reste un bilan post-incendie à faire avec le comité consultatif de la Réserve. Plusieurs outils de formation ou d’information ont aussi été envisagés vers les différents acteurs du site : motards, forestiers, promeneurs, bergers...»

Le DOCOB, un outil déjà utile à l’ONF

«(DOCOB : réunions d’élaboration du Document d’objectifs).  C’est en 1997 que naît le projet de création d’une piste sur le site du Montégut, afin d’améliorer la desserte des parcelles du versant est et d’en assurer la gestion préconisée dans le plan d’aménagement, rédigé au même moment. Les contraintes financières et administratives liées aux opérations d’investissement ont reporté la réalisation des travaux à l’année 2003.

Pendant ce temps, les inventaires réalisés pour la rédaction du document d’objectifs du site Natura 2000 de Gar Cagire ont révélé l’existence, sur le Montégut, d’un habitat particulier-le Tilio Acerion- tillaie de ravin d’intérêt communautaire prioritaire dans un état de conservation remarquable mais ayant déjà subi sur une de ses bordures des dégradations.

Bien que le document d’objectifs ne soit pas encore officiellement approuvé, l’ONF, en tant qu’opérateur, ne pouvait en ignorer les recommandations. En l’occurrence, la principale menace qui pèse sur cet habitat est de porter atteinte à l’intégralité de son substrat, en particulier par la création de dessertes.

Le tracé de piste envisagé passant en limite de cet habitat dont les contours sont par nature imprécis, la décision est prise d’abandonner le projet. Cette décision pourrait remettre en cause la vocation productive des parcelles qui auraient dû être desservies par la piste, à moins d’imaginer une desserte alternative, en concertation avec tous les propriétaires fonciers du Montégut.

les sujets ont pu être abordés : bilan de la richesse naturaliste, des enjeux socio-économiques et propositions d’actions. Les mesures permettant de réaliser des objectifs communs autour de la conservation des habitats d’intérêt communautaire se sont précisées et le projet n’a cessé de mûrir au fil de nos rencontres. »

Source : Haute-Garonne Equipement

4 ans plus tard, on ne parle plus de la forêt

Quatre ans plus tard, en novembre 2007 paraît un nouveau «Bulletin d’information sur l’animation des Documents d’objectifs Natura 2000».

Il est consacré au site :

  • Natura 2000 N° FR 7300884 « Gar Cagire » et
  • Natura 2000 N° FR7300883 « Haute Vallée de la Garonne ».
On va voir comment évolue le projet.Armand Sanséau, Directeur départemental délégué de l’agriculture et de la forêt signe l’éditorial :

«Après la Loi relative au développement des territoires ruraux et la Loi d’orientation agricole, la programmation française 2007-2013 de développement rural cofinancé par le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) est une nouvelle opportunité pour les espaces ruraux français.

Cette programmation marque une étape supplémentaire de la politique gouvernementale en faveur des territoires ruraux. Les nouveaux outils de soutien à l’activité agricole seront opérationnels en 2008. Les aides seront ciblés sur des enjeux considérés comme prioritaires en milieu rural, dont font partie les enjeux environnementaux pour lesquels les sites Natura 2000 ont été désignés. (...)

Les actions soutenues par le FEADER permettront de garantir la pérennité de la qualité des milieux remarquables, voire leur amélioration et l’atteinte des objectifs fixés dans la stratégie nationale pour la biodiversité.»

Les éleveurs exploitant des terres en zones Natura 2000 auront donc des possibilités supplémentaires de souscrire à des mesures agro-environnementales par le biais de contrats. Pour cela, les nouveaux dispositifs présentent des niveaux d’engagements environnementaux plus ou moins élevés, qui permettent une implication plus ou moins importante des éleveurs et agriculteurs dans la gestion écologique de l’espace rural.

Cette implication doit permettre une amélioration ou un maintien de la qualité de l’environnement, et avoir des retombées positives pour les exploitations. Elle reste le fait d’une volonté de l’exploitant ou du groupement d’exploitants d’y souscrire. Ainsi, une fois de plus, l’efficacité de ces dispositifs et leur mise en œuvre dépendra de l’engagement des acteurs locaux.
 »

Armand Sanséau.

Aie, je pense au "Contrat pas la contrainte" de l'IPHB de Jean Lassalle. Les éleveurs vont devoir s'engager à des actions qui devront permettre:

  • une amélioration ou un maintien de la qualité de l’environnement et
  • avoir des retombées positives pour les exploitations.

Vont-ils respecter l'équilibre entre bénéfices et contraintes ?

Le document de l’ONF présente :

  • les outils pour une bonne gestion des milieux agricoles sur les sites Natura 2000,
  • le projet Agro environnemental pour les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne et
  • les contrats Natura 2000 hors surfaces agricoles (pour la forêt).
Quels outils pour une bonne gestion des milieux agricoles sur les sites Natura 2000 ?

« Les mesures de gestion proposées dans le Document d’objectifs sont mises en œuvre, grâce à l'appui de la structure animatrice locale, par les propriétaires, agriculteurs, forestiers, chasseurs, associations, communes (...) grâce à des engagements volontaires type contrats qui permettent de rémunérer les pratiques favorables à la bonne gestion du site. (...)

Ces contrats sont fondés sur la reconnaissance du rôle et de la responsabilité de chacun dans l’aménagement et l’équilibre du site. Ils sont destinés à favoriser l’intégration de l’environnement dans les pratiques de gestion de ces espaces au quotidien. Ils doivent permettre la participation des acteurs du monde rural à la gestion durable des habitats naturels et des habitats d’espèce ayant justifié la désignation des sites figurant dans le réseau Natura 2000.

Ils doivent comporter, dans le respect du ou des cahiers des charges figurant dans le Document d’objectifs, des engagements propres à mettre en œuvre les objectifs de conservation du site. (...)

Un des enjeux principaux sur les sites est de maintenir les pratiques existantes (pastoralisme extensif) et de limiter la déprise pastorale qui conduit à un embroussaillement et donc à un appauvrissement progressif des milieux et des espèces qui les composent. Une bonne gestion pastorale est donc garante de l’équilibre et de la diversité des milieux d’altitude. (...) »

On voit apparaitre  de subtils changements d'objectifs. l'enjeu principal est le pastoralisme, l'embrousaillement et l'appauvrissement progressif entre en scène à la place des habitats forestiers protégés.

Quel projet Agro environnemental pour les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne ?

« Un engagement général est proposé : le dispositif PHAE 2 (Prime Herbagère Agro environnementale), valable pour les 2 sites, qui constitue l’engagement de base pour les surfaces en herbe en zone d’estive. L’objectif de cette aide est de stabiliser les surfaces en herbes, en particulier dans les zones menacées de déprise agricole et d’y maintenir des pratiques respectueuses de l’environnement (chargement optimal, gestion économe des intrants…) »

Les Contrats Natura 2000 hors surfaces agricoles

Ils concernent des bénéficiaires non agriculteurs et des terres non déclarées agricoles (c’est à dire hors S.A.U), qui peuvent être des pelouses, des landes, des forêts… C'est un contrat passé entre l'État et le propriétaire (ou ses mandataires ou tout ayant-droit : collectivités, communes, associations, fédérations …) d'une parcelle incluse dans un site Natura 2000, et concernée par une ou plusieurs mesures de gestion proposées par le Document d'objectifs.

Pour en bénéficier, le propriétaire ou l'ayant-droit doit en faire faire la demande. Le contrat peut donner droit à une rémunération compensatoire (aides à l'investissement ou pluriannuelles) en contrepartie de modes de gestion respectueux de l'environnement allant au-delà de la bonne pratique. »

Source : Haute-Garonne Equipement

Il est surprenant de constater que seulement quatre ans après, le «bulletin d’information sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre des dossiers Natura 2000 sur les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne» n'est principalement consacré qu'aux pratiques pastorales. Et la forêt ? On ne parle presque plus de la forêt !  Que sont devenus les :

  • «Il est également préconisé de prendre soin de ne pas dégrader le substrat des tillaies (éboulis, roche affleurante) en particulier en évitant toute traversée par une piste forestière.» et
  • «la principale menace qui pèse sur cet habitat est de porter atteinte à l’intégralité de son substrat, en particulier par la création de dessertes.»

C'était probablement des mesures trop contraignantes. Alors on oublie le "une amélioration ou un maintien de la qualité de l’environnement" et on garde dans le contrat les "retombées positives pour les exploitations." Du sur mesure pour les éleveurs en quelque sorte. Voilà "l'engagement volontaire des participants" des "contrats types". Cela ressemble furieusement au discours de l'IPHB. Et en effet, la biodiversité à visage humain est-elle passée par là.

Mais ce n’était que le début de la fin pour les préoccupations forestières ambitieuses du document de 2003. En effet, après la disparition de la forêt dans le document de 2007, 6 ans après ces déclarations pleines de promesses et de bonnes intentions, en octobre 2009...

6 ans plus tard, on trace des pistes pastorales en zone Natura 2000

Piste pastorale en zone Natura 2000

Yvan Puntous, une ex responsable associatif de l’AMOPYC qui observe les Pics du Cagire de son domicile raconte sur le forum du site Internet «Pays de l’Ours – ADET» :

« Montant au Pic du Gar par un sentier, nous découvrons une nouvelle piste, 5 à 6 mètres de large, un véritable massacre de la nature, arbres (sapins, hêtres) arrachées par les buldozers, zones humides comblées, etc...

Piste pastorale Pics de Gar et Cagire en zone Natura 2000

Au bout, pratiquement à l'estive du Gar jusqu'alors inaccessible aux engins motorisés, deux abreuvoirs nouvellement installés sur une source autrefois aménagée pour abreuver les troupeaux mais qui avait été laissée à l'abandon avec les environs transformés en zone marécageuse. Et une grande plateforme permettant de toute évidence de favoriser les demi-tours de camions.

Abreuvoirs pastoraux au bout d'une piste en pleine zone Natura 2000

La piste qui vient d’être tracée sur le Pic du Gar se situe en zone à ours et à grand tétras, en plein dans leur zone de chant et de nidification! La piste passe à 50 mètres d'un nid que je connaissais en 2008.

Mellba vivait ici et a été tuée à quelques centaines de mètres de la piste. On est :

  • à 3 km à vol d'oiseau du Col des Ares,
  • à 12 km d'où Hvala a été filmée avec ses oursons,
  • à 12 km de Melles où ont eu lieu les premiers lâchers d'ours,
  • à 12 km de l'endroit où a été vu Pollen ou Bambou récemment,
  • à 9 km de Burgalays, le lieu du lâcher de Palouma ;
et 12 km, c’est à peine 3 heures de marche  pour un ours. J'avais eu le bonheur de trouver des traces d'un ourson une quinzaine de jours avant sa mort en montant au Cagire. En 2008, j'ai rencontré des bûcherons au col de Caube, entre Gar et Cagire qui avaient trouvé des traces. La veille, avait eu lieu une expertise sur un troupeau non gardé. Au Gar il n'y a pas de berger.»

«Nature Comminges avertie, ça a remué de partout, de l'ONF à l'ONCFS en passant par la préfecture, cette piste serait la conséquence d'un gros couac en particulier de l'ONF.

Officiellement cette piste a été créée seulement pour mettre en place les deux abreuvoirs ! On dit maintenant qu'elle ne sera pas utilisée par les forestiers, pas par les chasseurs qui n'en veulent pas plus que Nature Comminges, pas par les éleveurs non plus, sauf.... pour permettre  aux vétérinaires d'accéder à l'estive (ne riez pas !)

Nature Comminges demande la remise en état du site, du moins ce qui pourra l'être car ce qui est détruit l'est définitivement. mais on ne parle toujours que de l'interdire à la circulation, on sait ce qui se passe dans ce cas.

Pour terminer, il faut savoir que cette piste a été financée par le plan de soutien à l'économie de montagne, donc par le plan ours à 80% et à 20% par le groupement pastoral.

C’est un gros «couac» de l'ONF et aussi de la DDEA où des personnes ont donné les autorisations « sans avertir les supérieurs » et « sans se renseigner sur les conséquences catastrophique de ce projet.» Mais ils savaient pour le tétras puisqu'ils ont dit qu'ils avaient attendu la fin de la période de nidification pour commencer les travaux, et c'est vrai puisque mi-juillet cette piste n'existait pas.

Ce site est en zone Natura 2000 et la piste a été faite sans aucune concertation préalable des partenaires de cette institution. Et c'est l'ONF qui est garante de ce site Natura 2000 Gar-Cagire.» termine Yvan Puntous.

Il parait que le pastoralisme entretient les paysages, que les "contrats peuvent donner droit à une rémunération compensatoire (aides à l'investissement ou pluriannuelles) en contrepartie de modes de gestion respectueux de l'environnement allant au-delà de la bonne pratique." Madame Jouanno, il est temps de vous souvenir : "Quand on pense Pyrénées, on pense ours". J'ai l'impression que "Quand on pense Natura 2000, on pense brebis."

Alors, le site "FR7300884 Zones rupestres xérothermiques du bassin de Marignac, Saint-Béat, pic du Gar, montagne de Rié" est-il un site Natura 2000 contenant des "Habitats ou espèces prioritaires, en danger de disparition sur le territoire européen des Etats membres et pour la conservation desquels l'Union européenne porte une responsabilité particulière"  ou un site Ovina 2000 ? Pyrénées, ta montagne fout le camp au profit de quelques-uns, au profit des brebis. Bêêê ! Y a pas de Mais ! Circulez, y a rien à voir.

Voilà des "contrats" qui ressemblent plus à un passage en force et qui feront du grain à moudre pour les députés européens qui ont décidé "d’interpeler la Commission européenne et se sont engagés à faire pression sur les autorités compétentes afin que soit donnée une suite au plan de restauration de l’ours brun, jusqu’à ce que la population soit considérée comme viable par les experts »la plainte contre la France."

Commentaires