Nelly Boutinot : ROC "promesses tenues"

Aux opposants à la chasse

Les promesses de rassemblement anti-chasse de la ligue ROC Nous sommes six administrateurs de la Ligue ROC à démissionner de notre mandat, car nous ne voulons pas cautionner ses dérives et n'avons plus espoir de redresser la situation.

Cinq d'entre nous ont expliqué les raisons de leur démission dans une lettre ouverte, que nous avons demandé à la Ligue ROC de publier dans son bulletin trimestriel. Nous n’avons pas d’assurances sur ce point. Aussi, n’ayant pas prémédité notre démission, et n'ayant pas détourné le fichier des adhérents quand nous l'avions en notre possession, nous aurons du mal à les joindre.

Nous vous envoyons donc cette lettre ouverte en pièce jointe, et vous prions de bien vouloir la transmettre à tous les adhérents ou opposants à la chasse que vous connaissez car nous jugeons qu'il est de notre devoir d'informer les adhérents ou futurs adhérents du ROC pour qu’ils ne soient pas dupes comme nous l’avons été.

Avec nos remerciements et en espérant vous retrouver dans les associations qui sont restées fidèles aux convictions de Théodore Monod.

Les administrateurs de la Ligue ROC signataires de la présente lettre refusent de cautionner plus longtemps, par leur présence au Conseil d'Administration, les dérives contre lesquelles ils ont lutté mais qui perdurent et s'aggravent. Ces dérives concernent autant les objectifs poursuivis que les procédés mis en œuvre.

Sur les objectifs, d'abord

Comme son nom l'indiquait, l'objectif du Rassemblement des Opposants à la Chasse (R.O.C.) était clair. Après le décès de son président Théodore Monod et l'arrivée d'Hubert Reeves, le nom est devenu "Ligue ROC" et les statuts ont été modifiés, de telle façon que disparaisse toute référence à l'opposition à la chasse, au nom de laquelle tous les membres du R.O.C. avaient adhéré. La plupart des administrateurs de l'époque ont fait confiance aux acteurs de ces changements, qui affirmaient que rien n'était changé sur le fond, mais plusieurs administrateurs - dont un fondateur du R.O.C. - ont démissionné immédiatement ou n'ont pas demandé le renouvellement de leur mandat.

Force est maintenant de constater que les adhérents du ROC ont été trahis. La lutte contre les méfaits de la chasse est devenue accessoire, au profit de la défense de la "biodiversité", considérée ouvertement comme essentielle, et à laquelle la quasi-totalité des ressources est consacrée. La biodiversité est très bien défendue par des associations d'une autre envergure. Elle n'est pas statutaire pour la Ligue ROC qui néglige deux de ses trois objectifs, à savoir l'animal être sensible et la défense des non chasseurs.

A la demande d'Hubert Reeves, la Ligue ROC ne s'oppose plus. Elle sert de caution aux ministères. Malgré les revers et les affronts subis, elle persiste à rencontrer autour d'une table ronde les représentants des chasseurs, de plus en plus favorisés par les pouvoirs publics. Il a été impossible aux administrateurs signataires d'obtenir qu'apparaissent sur son site toutes sortes d'informations sur les réalités de la chasse, indispensables à la formation objective de l'opinion publique.

La Ligue ROC n'est plus, comme avec Théodore Monod, une association militante d'opposition à la chasse ou à ses méfaits, mais de plus en plus une fondation suiviste qui a renoncé à promouvoir des idées non politiquement correctes et qui rend plus de comptes à ses sponsors qu'à ses adhérents. Ce grand tournant s'est fait à l'insu de ces derniers, les démissions précédentes ayant été discrètes. Les anciens adhérents du R.O.C. doivent tout particulièrement en être informés.

Sur les procédés mis en œuvre pour parvenir à ces résultats

La vice-présidente, Nelly Boutinot, contrôle totalement le fonctionnement de l'association: Les administrateurs ne peuvent correspondre avec leur président que par son intermédiaire. Les administrateurs ne peuvent pas correspondre avec le comité d'experts qu'elle a mis en place, ni réciproquement. Les administrateurs ont interdiction de correspondre entre eux sans en informer le directeur salarié. Bien qu'il ne participe pas aux Conseils d'Administration, Hubert Reeves en impose l'ordre du jour, sans que les administrateurs puissent y faire inscrire tous les sujets qu'ils jugent importants, par exemple sur la politique suivie.

L'opacité des pratiques, le non respect des statuts, la dissimulation et le mensonge, obligent à des vérifications constantes. Lors de la dernière Assemblée Générale, le jeu des pouvoirs a permis à dix personnes, dont les deux salariés, d'exprimer plus des deux tiers des votes, et cela pour des candidats dont les noms n'ont été révélés qu'en séance. Un administrateur a été coopté lors d'une séance du Conseil d'Administration réunissant pas le quorum statutaire. Un Conseil d'Administration favorable à la vice présidente - voire inconditionnel - et un Bureau assorti ont ainsi été mis en place. C'est cette dernière raison, retirant aux administrateurs signataires tout espoir de rétablissement, qui les a conduits à démissionner.

Ne pouvant pas s'exprimer démocratiquement, les administrateurs signataires sont contraints de faire sécession et de se rapprocher des associations anti-chasse qui sont restées fidèles à leurs convictions (ASPAS, CVN, RAC, ...). En démissionnant, ils se sentent moralement obligés d'avertir publiquement les adhérents de la Ligue ROC, par qui ils ont été élus, qu'il y a eu hold-up sur leur association.

Michèle Barberousse
Administratrice de la Ligue ROC, responsable du Réseau des Refuges, ancienne secrétaire générale, ancienne trésorière du ROC, ancienne correspondante locale du ROC, adhérente depuis 1977

Francis De Frescheville
Administrateur de la Ligue ROC, ancien vice-président de la Ligue ROC, ancien administrateur du ROC, Adhérent depuis 1988

Pierre Jouventin
Administrateur de la Ligue ROC, démissionnaire le 28/02/2009, membre du comité d'experts.

< p>Viviane Laurier
Administratrice du ROC, puis de la Ligue ROC depuis 1980, ancienne secrétaire générale du ROC, Membre dès la fondation ROC en 1976

Jean-Paul Péronnet
Administrateur de la Ligue ROC, ancien porte-parole mandaté du ROC, adhérent depuis 2000

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Louis Dollo a mené une longue interview de Nelly Boutinot en 1999, toujours avec des questions bien orientées. Nelly Boutinot y réaffirme le besoin d’un renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées en restant très diplomatiquement correcte, très peu militante. Par la suite, sur tous les forums, Louis Dollo a présenté Nelly Boutinot et le ROC comme ayant des thèses très proche de celles des éleveurs. Pourquoi ?

Nelly Boutinot est assez proche du député chanteur et une ardente adepte de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn, l'IPHB. Dans cette interview elle déclare: "Il y eut un moment où toutes les familles de pensée réunies dans l'IPHB ont décidé ensemble de l'accueil de deux ourses… preuve que la volonté d'aboutir a existé. Le défi à relever est de récidiver, avec une volonté encore plus forte. Tous les yeux sont braqués sur cette structure dont la charte est ambitieuse et digne. Dans le passé, même sans signature, un " Tope ! Tope là " était un engagement solennel. Une structure perpétuant cet état d'esprit de respect d'une signature lui donne un sens de l'honneur équivalent à celui qu'avaient les paysans se tapant mutuellement dans la main."

Mais il y a eu Jean Lasalle et son non respect de «la parole donnée» qui a précipité la chute de l’IPHB, cet organisme champion de le réunionnite sans résultat et de l’aspiration des subsides sans respect de la parole donnée. De là est né le site satirique sur l’Institut Pas Très Moral du Haut-Béarn.

Pourquoi Louis Dollo a t-il été interviewer Nelly Boutinot ? 

LD : «Hubert Reeves est pour le moins sceptique quant à l'introduction d'ours. Son association ne s'est pas trop "mouillée" dans les manifestations même s'il restait solidaire... du bout des lèvres.» Pour Louis Dollo, cet interview avait pour objectif de montrer que des «écolos» anti-chasse de surcroit, prenaient position en faveur de l’IPHB, ce grand machin farouchement opposé à l’ours, prenant toute les positions pour arriver à sa disparition définitive et détournant l’argent destiné à la sauvegarde de l’ours vers le pastoralisme sous prétexte de favoriser la cohabitation. L’argent investi dans le pastoralisme était gagné, quant à l’ours, l’IPHB allait le faire disparaître en rejetant la faute sur les autres : l’Etat, La SEPANSO, le FIEP etc. 

Inutile de dire que le phantasme de l’IPHB s’est écroulé depuis et que les crédits on enfin été coupés. Mais l’hydre n’est pas encore mort, il lui reste la tête de Jean Lassalle. Puisqu’il est brûlé dans le dossier de l’ours, l’IPHB s’agite pour récupérer des crédits sur d’autres sujets comme l’eau par exemple.

l'Interview de Nelly Boutinot par notre bon guide de pays de l’ASPP 65 date de 1999. Louis Dollo y va avec des questions bien orientées, un peu comme dans l’interview de Chantal Jouanno par Thierry Sentous, cet autre grand journalisme ovinophile et aéronaute de FR3. (lire Thierry Sentous interviewe Chantal Jouanno : quand on pense Pyrénes, on pense ours). L'interview a été saucissonnée en 4 parties. Voici quelques exemples des questions posées :

  1. La Biodiversité - LD : «(...) tout le monde s'accorde pour dire que le pastoralisme montagnard est un élément clé du maintien de la biodiversité dans ces milieux et insistent pour maintenir et parfois développer ce type de pastoralisme. Si on doit choisir entre le pastoralisme montagnard et les grands prédateurs, que feriez-vous ?» 
  2. Les grands prédateurs - LD : «Les grands prédateurs font partie de cette biodiversité que vous défendez. Que vous inspire ce phénomène de rejet de la part des populations locales qui se manifestent autant vis à vis du loup que de l'ours ?» 
  3. L’ours des Pyrénées - LD :«Pensez-vous que des structures de concertation comme l'IPHB (Institution Patrimoniale du Haut Béarn) sont de nature à contribuer à ce " que les habitants soient les acteurs de la protection de leur patrimoine naturel et de la maîtrise du développement de leurs vallées ". De telles structures devraient-elles être développées sur d'autres territoires de montagne et même de plaine ?» 
  4. Conclusions - LD: «En dehors du fait purement philosophique qu'ils ont le droit de vivre, sur un plan très concret, dans toute la chaîne de diversité animale et végétale, chacun des grands prédateurs, loup, lynx et ours, sert à quoi ?» ou celle là qui n’est pas mal non plus «Nous avons pu constater ces dernières semaines à une certaine haine (ou du moins une opposition virulente) à l'égard d'associations de protection de la nature en particulier à l'égard de celles qui se donnent pour mission de protéger les grands prédateurs tel que le loup et l'ours. Comment voyez-vous l'avenir des relations entre acteurs résidents du milieu et ces associations ? Ne sont-elles pas discréditées localement ? Peuvent-elles encore jouer un rôle ? Si oui, lequel ?»

Le logo bleu ROC n'est bien évidement pas le logo de la ligue ROC, mais celui d'une marque de cosmétiques. C'est leur slogan qui m'intéressait...

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