On nous communique :
(NDLB: La Dépêche du Midi ne précise pas qui est "On", mais les numéros de téléphone permette de remonter la piste.)
À ce jour, les éleveurs viande sont confrontés à des problèmes multiples mettant en péril toutes les filières confondues :
- crise économique (prix de marché trop bas, écoulements hypothétiques) ;
- crise sanitaire (fièvre catarrhale ovine) ;
- charges nouvelles (prévention, vaccinations obligatoires, délais) ;
- pertes de cheptel et ou production ;
- stress sur les animaux et les hommes.
Dans ce contexte, le comité de soutien à l'abattoir de Bagnères-de-Bigorre a été créé en mars 2008: association de rencontre, de réflexion et de médiation entre gestionnaires de l'outil et population concernée. Nous avons ainsi affirmé la volonté de celle-ci de garder cet outil au service des viandes locales et des échanges de proximité.
Plusieurs enjeux moteurs de la dynamique d'une économie de proximité riche et pérenne :
- Satisfaire les besoins alimentaires des populations locales en garantissant qualité sanitaire et gastronomique des produits offerts (traçabilité, lisibilité, liens au terroir) ;
- Permettre la survie des productions locales et des hommes qui en vivent, tout en occupant et façonnant nos paysages dont tourisme et activités d'accueil bénéficient ;
- Anticiper la prise en compte des problèmes environnementaux dans nos modèles économiques (production, transports des denrées, énergie) et dans nos choix de société ;
- Dynamiser les échanges socio-économiques et culturels liés aux spécificités de nos pays (pastoralisme, vie de la montagne, espèces locales, savoir-faire ruraux).
Nous affirmons donc l'importance du maintien d'un outil performant en zone de production des viandes. Autant pour l'activité professionnelle générée que pour la sauvegarde de la valeur ajoutée, matérielle et immatérielle dégagée sur des produits finis localement ; valeur ajoutée qui ne s'exporte pas ainsi hors de notre territoire au profit des nombreux acteurs intermédiaires de la grande distribution.
C'est aussi un outil de bien commun pour la population en terme de service public. En plus des abattages familiaux, n'oublions pas, à Bagnères ou ses environs, un commerce de détail essentiel tel que nos bouchers ou nos restaurateurs, qui s'appuie lui aussi sur la présence de cet outil (les bouchers utilisateurs représentent 53 % du tonnage abattu…) en 2007.
Rappelons que suite à son redressement économique fin 2008, la gestion de l'abattoir a été transférée à la communauté de communes (votation à l'unanimité par nos élus locaux).
En termes de projet pour 2010, dans le cadre du programme Leader, l'agrandissement de la salle de découpe et le réaménagement de l'entrée des bovins répondront aux obligations d'amélioration et renforceront les infrastructures pour une meilleure efficacité du fonctionnement. L'embauche de 2 salariés en 2009 aux postes bouverie et hygiène, ajoutée à la présence d'une responsable qualité, confirment les efforts consentis pour améliorer la qualité des services (dont l'agrémentation pour l'abattage des viandes biologiques).
Le comité de soutien reste actif et ouvert à toute personne physique ou morale désireuse de soutenir le milieu local.Contacts et renseignements : Sylvette Le Moal à Bagnères-de-Bigorre au 06.80.77.94.44 ou 05.62.91.13.34.
Source LaDepeche.fr
Remarques
- Le nombre d'abattoirs baisse graduellement en France : pour les animaux de boucherie, il reste moins de 300 abattoirs, contre plus de 500 en 1990.
- Les abattoirs publics ou assimilés disparaissent plus vite que les abattoirs privés, et c'est le cas de celui de Bagnères.
- A Tarbes, soit à 30 minutes de Bagnères-de-Bigorre, se trouve déjà un abattoir récemment largement modernisé et redimensionné (bien 5 ou 6 fois le volume traité par Bagnères). Les abattoirs de Lannemezan et de Lourdes ont déjà fermé, il me semble.
- 2010 est la date d'échéance de mise aux normes sanitaires imposées par Bruxelles : fin 2007, l'hebdomadaire "Le Point" s'était fait l'écho d'une note du ministère de l'agriculture qui précisait que 42 % des abattoirs d'animaux de boucherie n'étaient pas aux normes européennes.
Au final, sans nier l'intérêt public de cet abattoir qui n'était pas dans la "liste noire" du "Point" des 20 pires abattoirs français, il y a de quoi être pessimiste sur son avenir (son déficit se chiffrerait à plusieurs centaines de milliers d'€).
Lire :
- Site de La Dépêche) Bagnères. Ils font tout pour sauver l'abattoir
- AOC Barèges-Gavarnie