La fracture agricole : livre de Vincent Gallon et Sylvie Flatrès
Pollution, détérioration des paysages et des milieux, appauvrissement de la biodiversité, vache folle... L'agriculture productiviste, qui exploite la terre comme on exploite un filon minier, jusqu'à épuisement, a des conséquences dévastatrices sur l'environnement, les écosystèmes... et les consommateurs !
Pour éviter la catastrophe, l'agriculture du
Et si les subventions gouvernementales allaient à ces petites entreprises plutôt qu'aux exploitations gigantesques qui distribuent des produits dans toute l'Europe ? La résorption de la "fracture agricole " dépendrait alors avant tout de choix politiques ?
Vincent Gallon
Diplômé en sciences politiques, en droit européen et en marketing, Vincent Gallon est juriste et journaliste économique. Il s'intéresse particulièrement aux problématiques liées à l'environnement et au développement économique.
Sylvie FlatrèsSylvie Flatrès est chargée des questions agricoles et législatives dans le secteur de la protection de l'environnement. Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Lyon et de l'Institut d'études européennes de Bruxelles.
Extraits choisisEnvironnement
(…) Dans les années 1970, les réflexions sur l’environnement ont quitté les cercles spécialisés et se sont diffusées assez rapidement dans une société que les premiers chocs pétroliers, les premières narées noires et de graves accidents industriels interpellaient. Au milieu des années 1980, les agriculteurs commencent à être questionnés sur ce thème. Si certains d’entre eux se sentent attaqués et s’enfoncent dans le déni, d’autres perçoivent que le débat environnemental est révélateur d’une crise plus profonde, qui concerne aussi bien les paysans que les citadins. Quand des écologistes, des économistes ou des philosophes comme Edgar Morin expliquent que les succès quantitatifs de la civilisation industrielle et consommationniste de type occidental (augmentation de la production, du
FNSEA
(…) A Vouloir coûte que coûte préserver les avantages acquis de eux ,qui se sont enrichis grâce à la PAC, la FNSEA a trop souvent fait le choix de la politique
Dans les années 1980, on parle de quotas laitiers pour résorber les stocks dont l’Europe ne sait plus que faire? Le syndicat majoritaire est contre ! Au début des années 1990, la Commission propose une réforme de la PAC susceptible d’en corriger les nombreux travers et de redonner
Il n’empêche. Le fonctionnaire européen, «l’eurocrate», est assez vite devenu un bouc émissaire facile. Aux côtés de l’épouvantail américain, il figure désormais en tête des lieux communs des discours des dirigeants de la FNSEA, concurrencé depuis quelques années seulement par les «intégristes» (ou les «obscurantistes») de l’écologie.
En France, la haute administration et la classe politique souffrent d’une même inculture écologique qui explique que, en matière environnementale, notre pays fasse souvent figure de dernier de la classe européenne. Face aux intérêts économiques bien établis, l’environnement pèse peu dans l’esprit de nos dirigeants. Résultat: même une mobilisation quasi unanime de la société ne suffit pas toujours à contraindre les acteurs