Extraits du Livre de Yaak, de Rick Baas
« Plus tard dans l’après-midi, j’ai emmené ma fille Mary Katherine et mes deux chiens cueillir des myrtilles en montagne. (...) Nous avons donc cueilli des myrtilles pendant la majeure partie de l’après-midi, tapis entre des buissons presque aussi hauts que nous. Nous prenions les plus grosses et les plus juteuses. Simplicité inouïe de ces gestes ; joie simple de ce rythme qui nous ravissait – chasser, chercher, cueillir ; désespoir simple aussi de perdre une grosse baie qu’on laisse échapper d’une main gauche au moment de la mettre dans le seau.
Le soleil glissa un peu plus bas, la lumière de fin d’été se fit plus douce, et il n’y eut plus rien d’autre au monde : notre respiration, douce et régulière, la chute sonore des baies dans le seau et le frétillement des chiens dans notre dos, happant les baies à même les branches, leurs museaux devenus bleus. »
Chasse
« Tim est un bon guide, un guide épatant. Il m’a transmis son sens maniaque du fair-play. Nous tirons environ une grouse sur dix. Trop lent ! » crie l’un d’entre nous dès qu’un oiseau croise le chemin de l’autre, ou « Trop jeune ! » ou « Trop vieux ! : laisse courir ! » - d’année en année, nos critères se font plus stricts, plus grotesques, par amour pour ce lieu sauvage. Il faut vraiment qu’une grouse slalome entre les pins à plus de 90 miles à l’heure, par temps de pluie, pour que nous lui accordions le feu vert. »
Rick Baas, Le Livre de Yaak