La vache fait partie du décor alpin et participe depuis des siècles à l’économie montagnarde. Depuis les prairies de vallée jusqu’aux plus hauts alpages, elle a dessiné ce paysage de carte postale qui fait notre bonheur. Avec son lait, les maîtres fromagers ont inventé des merveilles. Sujet de légendes, elle a inspiré nombre d’artistes qui ont donné libre cours à leur imagination, comme le montre notre portfolio. Elle est même à l’origine d’un chant traditionnel suisse presque élevé au rang d’hymne national : le célèbre ranz des vaches.
Se pourrait-il qu’un jour, le son rassurant des clarines n’anime plus nos montagnes ? Et que disparaissent les nombreuses variétés fromagères qui dessinent une carte goûteuse des différents massifs européens ? Le rude métier d’alpagiste n’attire en effet plus guère les jeunes aujourd’hui. Même en Suisse où l’on doit parfois aller chercher une main-d’œuvre saisonnière en Pologne ou ailleurs, comme en témoigne notre enquête. Combien d’exploitations risquent-elles de mettre la clé sous la porte dans les décennies à venir ?
Des éleveurs continuent pourtant à miser sur la qualité et leur avenir semble passer par la valeur ajoutée de leurs productions, à l’image du trop rare et discret vacherin savoyard. Ou d’autres spécialités aux arômes fleuris que l’on peut découvrir au hasard de randonnées en alpage. Car la vache, déesse nourricière à l’œil de velours et au pis gonflé, ne peut que continuer à régner dans l’alpe. Tout n’est-il pas divin dans le bovin, comme l’affirme l’un de nos auteurs ?
Dominique Vulliamy
Rédactrice en chef adjointe
L’Alpe n°48













