Réponse à "Ours : Chantal Jouanno retoquée par son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo" de Gil Rivière-Wekstein.
Selon Gil Rivière-Wekstein, du site "agriculture-environnement", Chantal Jouanno aurait, en annonçant des lâchers d'ours après les élections : «mis le feu aux poudres dans les montagnes des Pyrénées ». La grenouille ne veut-elle pas se faire aussi grosse que le boeuf? Disons que quelques-uns des membres de l’ASPAP ou des autres associations pastorales pyrénéennes ont fait un caca nerveux en entendant Chantal Jouanno rappeler les obligations de la France. (Lire Thierry Sentous interviewe Chantal Jouanno “Quand on pense Pyrenees, on pense ours), et c’est tout; pas de quoi casser une patte à une brebis! Gil Rivière Wekstein, qui reprend parfois mot pour mot les communiqués de l’ASPAP ou la diarrhée verbale de Louis Dollo semble ici prendre ses désirs pour des réalités.Henri Nayrou, a été mouché par Chantal Jouanno, alors s’il peut nuire à cette secrétaire d’Etat à l’écologie (un gros mot pour lui), il ne va pas se gêner. De plus le passé de l’ANEM, ses prises de positions archaïques, pro “demoiselles ariégeoises”, pro ultrapastoraux et autres pastorâleurs n’étonnent plus personne. Mais cela ne fait pas d’Henry Nayrou un phare pour l’avenir des générations futures. Henri Nayrou fait partie des politiciens qui manipulent l’ASPAP, ou que l’ASPAP manipule. Il soigne sa clientèle rurale : les valléens de leurs montagnes. Qui tire les ficelles? Qui est dupe?
A la manifestation de Tarbes, 20 à 25000 personnes étaient attendues. Pas de chance, le silence qui a suivi la manifestation (et qui a suivi les élections régionales) est révélateur : 2000 personnes à tout casser selon la presse. Dès le lendemain, Kairn (Louis Dollo aux commandes des pages "nature", un comble) et les autres médias "qui sentent la brebis" annonçaient 2500 voire 3000 puis 3500 personnes en arrivant au port. Déformons, déformons, il en restera toujours quelque chose, la preuve avec agriculture-environnement.Le pastoralisme est en crise structurelle et l’ours n’y est pour rien : mévente, chute de la consommation, concurrence étrangère à prix écrasés... Le gouffre entre les producteurs pyrénéens et les consommateurs se creuse pour cause d’absence de respect de la nature et d’ignorance prolongée des demandes de la clientèle, qui en a fine de consommer sans réfléchir. Le pastoralisme est sous perfusion, il survit grâce aux subsides et aux aides multiples : européennes, nationales, régionales. Le pastoralisme pyrénéen (et alpin) se trouve depuis des années en soins intensifs. Les prédateurs et les vautours n’y sont pour rien.
L’ours est instrumentalisé par des politiciens sans scrupules : Nayrou, Bonrepaux, Lassalle, Dubuc et quelques autres. Quand l’ours aura totalement disparu, le pastoralisme suivra dans la tombe, parce que plus personne ne s’y intéressera. L’ours a permis de mettre les projecteurs sur la montagne et de faire venir les subsides. Sans plus d'ours, la PAC fera le reste et terminera le travail que les éleveurs s'obstinent à ne pas voir, à cacher derrière la réintroduction de quelques ours: rideau et la forêt reviendra, la chute du pastoralisme et la bétise des syndicats agricoles ensauvagera la montagne bien plus qu'une population d'ours, même viable! Même disparu, l’ours n’y sera pour rien. Il ne pourra plus servir de bouc émissaire.
La biodiversité à visage humain
Ah, la prodigieuse «biodiversité à visage humain» que le monde entier nous envie. Quel biologiste soutient ce concept purement « ultrapastoral » dans les nombreux colloques et événements de cette année de la Biodiverité? J'attends toujours le premier scientifique suicidaire : Claude Allègre peut-être?
Les Pyrénées ont, parait-il, défendu la biodiversité «avec fierté et pugnacité». A la bonne heure! (C'est du belge.) Vous me faites rire, Messieurs. S’il vous plait, pas d’anthropomorphisme. La biodiversité n’a pas de visage. La biodiversité, au sens étymologique du terme, évoque la diversité du vivant, c'est-à-dire tous les processus, les modes de vie ou les fonctions qui conduisent à maintenir un organisme à l'état de vie. La totalité des espèces et leur diversité génétique.
La biodiversité, n’est pas réduite ni à l’ours, là dessus nous sommes d'accord, ni aux seuls animaux utiles ou d’élevage (même en petite quantité) ou aux plantes acceptés (pour leur rentabilité, leur utilité) par les agriculteurs, les industriels, les biogénéticiens ou manipulés génétiquement par eux. Elle comporte aussi toutes les autres espèces, petites ou grandes, y compris celles qui dérangent : les "nuisibles", même les chauve-souris que désormais Bonrepaux exècre.Les ariégeois montreur d’ours auraient défendu leur outil de travail, leur patrimoine avec tellement de “fierté et de pugnacité”, qu’après avoir tué le maximum de mères ourses pour enlever et exploiter leurs oursons, ils ont été obligés d’aller chercher des oursons ailleurs, dans les pays de l’Est! Peut-être même en Slovénie, va savoir!
Et les éleveurs, qu’ont-ils fait aussi pour la biodiversité “avec fierté et pugnacité” ?
- Laisser les races trop peu rentables même si bien adaptées s'éteindre.
- Détruire la forêt (voir l'état des montagnes basques)
- Mettre le feu à la montagne avec les les écobuages. Ils savent faire et même que le feu déborde largement chaque année, c'est plus propre.
- Polluer les estives avec des antibiotiques qui détruisent les insectes comme les bousiers
- Utiliser du Lindane ou d'autres "produits inoffensifs" puisque issus de la science "à visage humain" pour "faire la montagne propre"
- Supprimer de qui gène : les “mauvaises herbes” et autres nuisibles de toutes sortes. Les espèces qui constituent sans doute la biodiversité "à visage inhumain", ce qui est inutile pour leur système de valeur productiviste.
Si on suivait ces fumeux adeptes de la biodiversité à visage humain (à quand une photo?) : les Rivière-Wekstein, les Lacube, Dollo ou autre Broueilh, demain, de quoi serait constituée votre «biodiversité à visage humain» : des poulets et des porcs en batteries, des brebis abandonnées en montagne, des légumes hors sols, des tomates rouges, bien calibrées et sans goût, des fraises importées en hiver et mise en caisse par des clandestins exploités, des haricots du Kenya, du maïs transgénique et des rivières du sud-ouest asséchées? Voilà la biodiversité triée, utilitariste, productiviste et agricole : purement économique, bien loin du concept du développement durable et de ses 4 piliers théoriquement en équilibre : les piliers social, économique, environnemental et éthique. Vous préférez l’économie durable, le mythe de la croissance infinie, comme si le développement économique infini était possible dans un monde fini. Quel aveuglement! Le même que pour les climato-sceptiques, les banquiers qui refont déjà les mêmes erreurs de placement, les boursicoteurs et autres adeptes du progrès infini et du PIB (tous partis confondus : PS, UMP, Modem). Ce sont les mêmes qui manifestent derrière les affiches "Morts aux ours" à Tarbes ou "morts aux loups" à Gap.
Cette biodiversité à visage humain (brevet pyrénéen) n’est juste qu’un espoir de développement économique illusoire basé uniquement sur le concept de la croissance sans limite, de l’agriculture intensive comme les éleveurs pyrénéens anti-ours la pratique : sans bergers, en refusant les moyens de protection, en limitant les soins au strict minimum, en ne montant qu’une fois par semaine en 4X4 sur une nouvelle piste striant la montagne et détruisant les derniers territoires de quiétude des prédateurs. Ttant pis pour les pertes en estives, il suffira de les mettre sur le compte des prédateurs (facile, une planche à clou suffit), en diminuant tous les coûts de production, en se fichant de la qualité et en cachant derrière les règles d’une AOC une clause anti-prédateurs qui n'a rien d'une pratique loyale et constante. Cette haine de la nature vous pousse à exclure de la biodiversité ce que vous jugez inutile, trop "sauvage" (le sauvage étant opposé à civilisation). Mettre à mort les ours (directement : par balle, battue, traque ou poison ou indirectement: en détruisant ses territoires) ne rendra pas la montagne plus vivante. La montagne se meurt : les ours, desman, gypaète, bouquetins, saumons et j'en passe disparaissent.
Le pire, c'est que malgré toutes ces mesures radicales, le pastoralisme est (pour combien de temps encore?) entièrement dépendant des subsides payés par tous les français, les "non-valléens", ces étrangers, ces « parisiens », « toulousains », tous ces bobos, rêveurs, écolos de salon, loins de vos montagnes. Vous êtes soutenus par vos clients sur lesquels vous crachez dans chacun de vos communiqués, des bobos... (stigmatisons, stigmatisons) Vous voyez la montagne en noir et blanc et la problématique de l'ours, sa survie, la cohabitation de manière binaire : possible/impossible, c’est si simple, si facile mais bien trop simpliste. Le pastoralisme est structurellement et viscéralement déficitaire! Pour de multiples raisons; qui en parle, des vraies raisons? Le déficit chronique est-il un critère qui rend le pastoralisme "durable" (d'agneau) ? Quel indépendant ou chef d’entreprise en France, perpétuellement en déficit peut se permettre de continuer son activité ainsi, indéfiniment, qui?
« On ne sauvera pas l’humanité en faisant de l’écologie une idéologie totalitaire, qui se donnerait pour objectif de libérer l’homme de la civilisation pour le renvoyer à l’état sauvage ». C'est de Nicolas Sarkozy parait-il. Ce n'est pas Dieu le père, lui aussi dit et fait des conneries. Car il ne s’agit pas libérer l’homme de la civilisation, mais de se défaire des excès de la civilisation, des “progrès” infinis (un concept du 19ème siècle qui s'incruste) : pollution, surexploitation des ressources, de la négation du pic du pétrole ou des externalités environnementales ou sociales, de l’extinction des espèces, de tous les égoïsmes économiques et sectaires, de l'abandon des filières locales, de tous les excès de l’économie de marché, de la mondialisation, de la “civilisation” qui elle à réellement un visage humain !
Protéger ce qui reste ne sera jamais plus un retour en arrière; c'est un concept romantique, inutile et impossible. Il ne s’agit pas de “remonter dans les arbres”, mais d’essayer simplement de sauver ce qui peut encore l’être pour nos enfants.
Développement durable
Les ultrapastoraux chers à Monsieur Rivière Wekstein sont habitués au greenwashing et à détourner le sens du "développement durable", comme dans les noms de leurs associations pyrénéennes. Il est bon de rappeler le sens premier du concept imparfait du développement durable...
Le développement durable est « un développement qui répond aux besoins générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins » (économiques, sociaux, environnementaux..), et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »
La prose de Philippe Lacube, comme ses actions violentes diverses (Lire dans les statuts de l’ASPAP la prudente clause de dégagement de responsabilité en cas d’excès de zèle de ses membres) ne surprennent plus personne. Philippe Lacube parle beaucoup dans les médias, mais ce n’est pas pour cela que tous écoute Lacube bouche ouverte d’admiration! La montagne rêvée de Monsieur Lacube sera moins vivante, vachement plus plate. La montagne rêvée de Monsieur Lacube perdra les qualités qui font que les Pyrénées se diférencient des Alpes. Sans la sauvegarde de la faible population d'ours, les Pyrénées deviendront une montagne quelconque, une montagne sans ours, et les touristes iront recharger leurs batteries là ou "le sauvage" existera encore!Un journaliste note que le ministre «aurait dit» quelque chose en absence de caméra! (bien sûr). Et bien, on attendra que Jean-Louis Borloo confirme face à la presse et loin des pressions et des rêves éveillés des pastorâleurs de services! Je ne connais pas Christophe Ruiz de “La semaine des Pyrénées”, mais les manipulations grossières de certains “journalistes” pyrénéens, comme Thierry Sentous (Il parrait qu'il est pas content d'avoir été scié) ou Louis Dollo m’ont appris à me méfier du “métier” et de "l’impartialité" de certains “professionnels” de la presse écrite ou de la toile comme le site “agriculture-environnement”.
André Beauchamp a écrit dans «Introduction à l’éthique de l’environnement» : «Nous pouvons utiliser le mot éthique de l’environnement comme point de départ d’un questionnement nouveau, d’un élargissement de notre champ de conscience, invitant à dépasser une notion simplement utilitaire de la nature et à préciser un ensemble de responsabilités humaines à son égard.» Le pastoralisme et ses responsables sont-ils prêt à prendre leurs responsabilités ?
Je vous prépare d’autres extraits de ce livre...
Pour en savoir plus sur les liens qui unissent les sites agriculture-environnement et alerte-environnement avec quelques géants de la chimie agricole.