Augustin Bonrepaux perd la tête. Il lui arrive, quand il quitte les personnes qui veillent sur lui, de se perdre sur les routes. Il est temps de sauver Augustin Bonrepaux de ses errances.
Aux chasseurs, autres adeptes de l'à peu près, il a dit: «Il n'y a qu'une espèce à sauver en montagne:
l'homme!» Mais on sauve l'homme depuis des années! Je me souviens de la police sauvant le soldat Augustin Bonrepaux. En 2006, il fallait éviter qu'il se fasse écraser avec son écharpe, en pleine sieste au milieu de la route d'accès à Arbas. C'est que ça doit rester propre une écharpe.
Mais peut-être suis-je trop dur avec lui. En effet en analysant son discours, il y a pas mal de bonnes choses, pas tout bien évidement. (C'était devant l'assemblée des chasseurs excités de l'Ariège).
Quelques extraits du discours d'Augustin Bonrepaux : les plus"Les Ariégeois ne se laisseront pas déposséder de leur patrimoine" : Augustin Bonrepaux ne fait que répéter ce que Jean Lassalle disait "«Tous les experts sont d’accords. Le petit cheptel d’Ours qui nous restait (NDLB : En Béarn) est entrain de disparaître. Il en reste 5 ou 6 spécimens. Ils sont pratiquement dans l’incapacité de se reproduire et s’il n’y a pas une intervention humaine, ils disparaitront. Cela les pyrénéens ne le veulent pas. Ils ne le veulent pas." Voilà une prise de position qui permet d'espérer un large consensus sur la sauvegarde de cette espèce patrimoniale!
"Notre département est préservé, la diversité de la faune, de la flore mais également une grande variété des espèce." : C'est une des rares fois où le président du conseil régional confesse son attachement à la biodiversité. Mieux vaut tard que jamais. Il n'y a pas que la basco-béarnaise après tout.
"Tenons compte aussi des gens qui vivent sur le territoire." Le voilà le grand sondage grandeur nature que tout le monde attend, le référendum sur l'attachement des français à la sauvegarde de l'Ours des Pyrénées. Enfin connaître le vrai rapport de force, mesurer l'avis de la majorité silencieuse, muselée par les pressions de quelques poignées d'excités, économiquement, environementalement et socialement en phase terminale.
Quelques extraits du discours d'Augustin Bonrepaux : les moins
"On ne viendra pas nous dicter ce qu’il faut faire chez nous." : On le savait régionaliste, protectionniste, mais là, cette peur de l'étranger (comprendre celui qui n'est pas originaire de sa vallée) c'est un peu fort. Un peu d'ouverture que diable, la mixité des gênes a du bon. Même Jean Lassalle le dit: "Il faut faire revenir des femelles. D’où voulez-vous que nous les fassions venir ? Nous ne sommes pas raciste pour les hommes, nous n’allons pas l’être pour les ours, hein, vous le comprenez bien. D’autant que ramener un peu de sang extérieur, cela à toujours fait du bien à un peuple, et je pense que pour les ours, ce sera pareil."
"Nous serons encore plus nombreux si on nous menace." : Un aveu de son mode de fonctionnement: la génération spontanée. De là les chiffres sur le nombre de personnes aux nombreuses manifestations où il participe. C'est le roi du calcul mental, de la multiplication autogérée. "Ils partirent à x mais par un prompt renfort, ils se virent y en arrivant au port." (remplacer x et y par les valeurs désirées, y étant bien sûr bien plus grand si on les menace et si la presse soumise en parle!)
"Vous avez fait un certain nombre de propositions pour améliorer la biodiversité". De l'à peu près une fois de plus. La biodiversité, cela ne "s'améliore" pas, cela se protège. Il ne faut pas jouer à l'apprenti sorcier et laisser cela aux agriculteurs qui en sélectionnant les espèces les plus "rentables", appauvrissent les ressources génétiques des races d'animaux domestiques, perdant de précieuses caractéristiques : rusticité, résistance aux maladies en faveur des profits économiques à court terme.
"des propositions également pour reconquérir nos libertés". Ai-je manqué un épisode? Est-ce la guerre civile en Ariège? Les indépendantistes de l'E.T.A. ont-ils envahis les "territoires"? De vieux franquistes nostalgiques ont-ils rachetés toutes les granges? Il reste un large fond paranoïaque chez certains vieux politiciens en fin de carrière. Avec l'avancement de la sénilité, les vieilles peurs ressortent : "les jeunes ne sont plus ce qu'ils étaient", "on nous cache tout, on nous dit rien", avec tous ces étrangers qui nous envahissent! (comprendre une fois de plus: celui qui n'est pas originaire de sa vallée). La voilà l'origine des demoiselles!
"des libertés qui font partie de notre patrimoine, de notre territoire." Un petit peu de langage ipéhachebé. La liberté faisant partie du patrimoine: dans quel film, dans quel livre?
De quoi parle Augustin Bonrepaux? Du patrimoine recouvrant les biens identitaires et culturels d'une population, tels le patrimoine architectural ou le patrimoine artistique ou du patrimoine propre aux biens immobiliers et financiers? Où se situe "Les libertés" sur la carte de l'Ariège?
Il serait bon de rappeler à Augustin Bonrepaux que d'un point de vue culturel, le "patrimoine" peut se définir (source WIkipédia) comme :
"l'ensemble des biens, matériels ou immatériel, ayant une importance artistique et/ou historique certaine, et qui appartiennent soit à une entité privé (personne, entreprise, association...) ou à une entité publique (commune, département, région, pays...) et qui est généralement préservé, restauré, sauvegardé et généralement montré au public, soit de façon exceptionnelle (exemple des "Journées Européennes du Patrimoine" qui ont lieu un week-end par an au mois de septembre), soit de façon régulière (château, musée, église...), gratuitement ou au contraire par l'intermédiaire d'un droit d'entrée et de visite payant.
Le patrimoine immatériel peut revêtir différentes formes : tradition, plat gastronomique, danse, chant, jeu, petit métier, vêtement.. Le patrimoine fait appel à l'idée d'un héritage légué par les générations qui nous ont précédées, et que nous devons transmettre intact ou augmenté aux générations futures, ainsi qu'à la nécessité de constituer un patrimoine pour demain. On dépasse donc largement la simple propriété personnelle (droit d'user et d'abuser selon le droit romain)."
Comme... l'ours des Pyrénées par exemple!
Je vous le dis, Augustin perd la tête. Il n'a plus toutes les frites dans le même paquet!
Il faut sauver le soldat Bonrepaux avant qu'il ne se couche à nouveau au milieu des routes, histoire de manifester lors du passage du Tour de France; cette manifestation patrimoniale qui comme le disait Pierre Desproges, n'en déplaise au pastoral Bernard Hinault, "rassemble chaque été, sur le bord des routes, des centaines de milliers de prolétaires cuits à point qui s'esbaudissent et s'époumonent au passage de maints furonculés tricotant des gambettes."
L'Ariège, haut lieu du tourisme cycliste international, célèbre pour ses slogans haineux envers son patrimoine nié dans tous les offices du tourisme et toutes les brochures touristiques. L'Ariège où les plus notables représentants de la sottise journalistique côtoient les plus éminentes incompétences politiques internationales, entre deux haies de barrières laineuses et mouvantes où, sinistrement coiffés, le baton de berger en rut, les cordes vocales bien arrosées, les éleveurs, pressés, tassés, coincés par les idées de leurs responsables syndicaux ou politiques nient l'évidence : le pastoralisme est en danger pour différentes causes étrangères aux prédateurs qu'ils ignorent par bêtise, comme des veaux (d'Aston), récurés qu'on pousse à l'abattoir.
On se paie la campagne publicitaire qu'on peut.
On protège le patrimoine qu'on veut.
On a les hommes politique qu'on mérite.
Eggare humanum est. En Ariège, UBU est président du conseil régional et finance l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège Pyrénnées (l'ASPAP), qui comme son nom ne l'indique pas est une simple association d'éleveurs pastoraux anti-environnementaux, des pastorâleurs.
Il n'y a pire aveugle que celui qui ne désire pas voir. Or, "l'oeil est capable de clin. Le clin est la base même de la spécificité de l'oeil. Il n'existe pas, en effet de clin d'oreille, ni de clin de nez. Le clin d'oeil sert à marquer subrepticement une complicité tacite entre deux ou plusieurs chenapans.* "
* Ici et là, en italique, quelques détournements extraits du "Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis" de Pierre Desproges.
Et remarquez que je n'ai pas glissé le célèbre "Le vent tourne"! Par contre je ne résiste pas, après avoir parlé de l'oeil de l'aveugle, à l'envie de parler du sourd, de l'ouïe, de Louis (Desproges toujours) : "Louis est pas mal non plus. Sans Louis, comment savoir que c'est le plombier (slovène)? Combien de non-entendants riraient encore à la vie s'ils n'avaient pas fait la sourde oreille et traversé la clairière de la hétraie-sapinière à l'instant même ou leur camarade à béret hurlait : "Fais gaffe, voilà Balou"?
Et merci à "Ours Ariège" à qui j'ai empreinté la photo cet l'ours bien léché.