La mort de l'ourse Claude

C'est le 21 février 1997 qu'on appris la mort de l'ourse Claude, tuée courant octobre ou novembre 1994 sur les hauteurs de Borce, en vallée d'Aspe. Stephan Carbonnaux raconte dans "Le Pays des forêts sans ours" :

"L'affaire était exemplaire. l'ourse Claude était l'avant dernière femelle de la lignée européenne; elle avait été tuée au cours d'une battue aux sangliers - un grand classique - , par deux chasseurs qui avaient été dénoncés, dont le très fameux André Apiou.

En découvrant le cadavre de l'animal, les gardes de l'Office National de la chasse notaient qu'il manquait le crâne, la peau et les pattes, autant de trophées qui se négociaient cher en Espagne. (...) L'ourse Claude avait été abattue dans une ancienne réserve "Lalonde" vallidée par le Conseil d'Etat, mais abrogée par Michel Barnier.

Michel Barnier, le même homme qui d'un côté était le père ministériel de l'ADET, l'association qui venait de recevoir des ours de Slovénie sur son territoire (NDLB: Les premières réintroductions), et qui de l'autre avait porté l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn sur les fonds baptismaux. Il signa une charte qui visait "à titre expérimental" à un accroissement de la population ursine par une "réintroduction d'au moins trois ours". En août 2003, il évoquait même dans le quotidien Libération une quarantaine d'ours à venir. (...) En septembre, il annonca un changement doctrinal radical: son ministère appliquerait désormais la méthode du "contrat plutôt que celle de la contrainte". Le 9 décembre 1993, il abrogeait la décision de Brice Lalonde.

(...) Le 27 septembre 1997, sept mois à peine après l'annonce de la mort de l'ourse Claude, un tout jeune chasseur abattait dans le massif du Gar, de sang froid et à quelques mètres à peine, l'ourse Mellba au cours d'une battue."

Le procès des 2 tueurs de l'ourse Claude commença en décembre 1998. Ils furent condamné le 16 février 1999 à Pau. « M. Apiou a volontairement tiré sur un ours qu’il savait protégé, et ce emporté par un vieux réflexe d’ancien chasseur d’ours même si son intention au début le la chasse n’était pas de le faire mais de tuer un sanglier. »

Stephan Carbonnaux poursuit : "Les deux chasseurs responsables de la mort de l’ourse Claude furent logiquement condamnés par le tribunal à cinq années d’interdiction de chasser, à 10.000 francs d’amende chacun, et solidairement à près de 80.000 francs de dommages et intérêts et de frais de procédure à verser aux parties civiles

"Le prix de l’avant-dernière femelle pyrénéenne avait été fixé à 100.000 francs, soit plus ou moins la cote des trophées d’ours vendus clandestinement en Asturies."

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