Franck Michel, le chasseur de Haute Savoie âgé de 38 ans qui avait tué délibérément un loup ("soulevé le problème" selon Louis Dollo) en février 2009 sur la commune de Petit-Bornand-les-Glières a été condamné. Reconnu coupable d’avoir tué l’an passé une espèce protégée, se voit retirer son permis de chasse pour trois ans. Le Tribunal correctionnel de Bonneville l’a en outre condamné à payer une amende de 5000 euros.
Philippe Dechamboux, son comparse, qui avait transporté et dépecé l’animal, a quant à lui été condamné à 2000 euros d’amende, en partie avec sursis. Reste encore un montant global de 3750 euros de dommages et intérêts à verser aux neuf parties civiles.
Le jugement correspond assez bien aux réquisitions du procureur. Celui-ci avait réclamé 5000 euros d’amende, en partie avec sursis, pour Franck Michel et 1500 euros pour son comparse.
L’audience s’était déroulée le 12 mai dans une ambiance de foire au côtelettes. De 300 à 600 éleveurs, selon les sources, accompagnés de 300 de brebis étaient venus manifester devant le tribunal.
Dans un communiqué, l'association FERUS se réjouit que le braconnage des loups soit une nouvelle fois condamné par la justice : "Cette condamnation, dont la sévérité correspond aux standards français dans ce genre d’affaire, confirme que tuer un loup, espèce protégée, est bien un acte grave qui entraîne des sanctions pénales."
L'association de défense des prédateurs rappelle "que dans certains cas très particuliers, quand tous les moyens de protection et d’effarouchement on échoué, les éleveurs peuvent tirer sur un loup munis d’une autorisation spéciale. Ces autorisations tiennent compte de l’état de la population de loups et ne sont délivrées qu’en très petit nombre."
L'association annonce qu'elle "restera très vigilante et s’associera systématique à toutes les poursuites contre ceux qui tirent sur des prédateurs protégés sous des prétextes variés." et énonce les diverses excuses utilisées par les tireurs : « tir d’instinct » sur animal « non identifié » (ours Balou), tir « de défense » (ourses Mellba et Cannelle), le tir « sur impulsion irrépressible » (loup des Glières).
L'association FERUS dit "s'être toujours placée dans le cadre du respect des lois et n’accepte pas la confusion entre les préoccupations des agriculteurs et le comportement des chasseurs d’autant plus qu’en l’espèce le tireur n’était pas éleveur" et se réjouit que "cette décision de justice, après la condamnation en mars dernier du chasseur qui avait tué une louve dans les Hautes-Alpes, clarifie la situation et permettra la poursuite de la concertation entre toutes les parties pour assurer la protection du loup dans le contexte particulier d’une montagne occupée et utilisée par l’homme."