Fièvre catarrhale: vers une levée
de la vaccination obligatoire en France
PARIS — La vaccination des troupeaux contre la fièvre catarrhale ovine
(FCO) ne devrait plus être obligatoire mais volontaire à compter de la
prochaine campagne de prophylaxie 2010/2011, sauf pour l'exportation, a-t-on
appris vendredi de sources concordantes.
Pouvoirs publics et professionnels sont tombés d'accord mercredi lors d'un comité
national de suivi de la fièvre catarrhale ovine (FCO) pour rendre cette
vaccination facultative et volontaire, a-t-on indiqué au ministère de
l'Agriculture selon lequel la décision officielle n'interviendra pas avant fin
septembre.
De même, à compter de la prochaine campagne qui doit débuter le 2 novembre,
les éleveurs auront la possibilité de vacciner eux-mêmes leurs troupeaux, et
non plus obligatoirement les vétérinaires comme c'est encore le cas jusqu'à la
fin de la campagne 2009/2010.
En 2008, 32.341 foyers de fièvre catarrhale avaient été enregistrés en
France, contre 15.860 en 2007. En 2009, après deux campagnes de vaccination, le
nombre de foyers est tombé à 83. Un seul cas a été détecté depuis janvier.
Les animaux dédiés à l'exportation ou à la reproduction resteront vaccinés
par des vétérinaires, a précisé à l'AFP Frédéric Noizet, secrétaire général de
la Fédération nationale ovine, une des branches de la FNSEA.
La France exporte 1,5 million d'animaux ovins et bovins vers l'Italie et
l'Espagne. Les autorités françaises doivent d'ici fin septembre définir avec
"leurs homologues italiens et espagnols les nouvelles conditions aux échanges
intracommunautaires d'animaux vivants", précise la Fédération nationale
bovine (FNB) dans un communiqué.
Selon Jean-Pierre Fleury de la FNB, "les Italiens réclament ainsi que
les mères dont les veaux sont issus soient vaccinées également par des vétérinaires!.
On dit stop, cela suffit!".
La vaccination des troupeaux (ovins, bovins et caprins) a été rendue
obligatoire en octobre 2008 à la suite de l'apparition en France, à partir de
l'automne 2006, de la maladie transmise par les culicoïdes, une espèce de
moucherons piqueurs.
La FCO est une infection virale non transmissible à l'homme qui n'affecte
que les ruminants mais retarde leur commercialisation en empêchant
l'exportation des bêtes jusqu'à 3 mois après leur vaccination.
Les organisations professionnelles se félicitent dans l'ensemble de cette étape
franchie vers une "plus grande responsabilisation des éleveurs".
Elles leur recommandent néanmoins comme le ministère de continuer
"massivement" les vaccinations pour éviter toute nouvelle reprise de
la maladie.
La Confédération paysanne, opposée depuis le début à cette campagne
obligatoire la jugeant "totalement disproportionnée", parle de
"mesure budgétaire". La dernière campagne de vaccination a coûté 100
millions d'euros à l'Etat.
Selon le secrtéaire national de la confédération Michel David, "la
vaccination obligatoire et l'absence de définition des conditions de vaccination,
ont concouru à des dégâts importants sur les troupeaux vaccinés, notamment en
terme de fertilité, entraînant des pertes de revenus pour des éleveurs".
En attendant la publication des décrets à l'automne, M. David demande déjà
l'arrêt des poursuites engagées contre les "nombreux" éleveurs qui
ont refusé depuis deux ans de faire vacciner leurs troupeaux.
100 millions d’euros !
«La dépense occasionnée dans :
• les Pyrénées représente près de 30 % de ce budget (1,875 millions d'euros) et,
• dans l’arc alpin, près de 70 % (4,426 millions d'euros)».
Ce budget de 6,3 millions d’euros est ventilé par catégorie de dépenses et par importance :
• 69% pour l’aide au pastoralisme (4,363 millions d'€),
• 13 % pour l’indemnisation des dégâts (833 000 €),
• 11% pour le suivi des espèces (715 000 €),
• 6% pour les actions d’informations et de développement local (390 000 €).
Comme on le voit, la majeure part du budget «grands prédateurs» bénéficie spécifiquement au pastoralisme. Les sénateurs Bailly et Fortassin reconnaissent que sur les 6,3 millions d’€ dépensés en 2006 pour les grands prédateurs 4,36 millions d’euros (soit 69 % du total) retourne au pastoralisme, précisément :
• 51 % du budget ours retourne au pastoralisme et
• 76 % du budget loup.
Deux campagnes de vaccination contre la FCO représentent donc 16 années de subventions "Grands prédateurs" avec la réintroduction de 80 ours ! Mais celui qui crie le plus fort a toujours raison, surtout avant des élections.