Le 26 juillet 2010 par Christophe CORET
Lundi 26 juillet 2010 : retenez cette date, Mesdames et Messieurs. Pourquoi ? Parce qu’elle signe la fin de l’hypocrisie de l’Etat français et de son Ministère de l’écologie et du développement durable sur le dossier ours. Car Chantal Jouanno l'a annoncé dans la presse : il n'y aura pas de réintroductions massives dans les Pyrénées, mais elle souhaite le remplacement des animaux tués par les hommes.
Voilà, c'est historique, on admet enfin en France que les Pyrénées ne sont ni plus ni moins qu'un zoo, où l'on remplace des animaux morts par de la chair fraîche pour que les touristes n'aient pas l'impression de visiter des cages vides. A quoi bon 30 ans de lutte pour offrir un avenir à cette espèce sur le territoire français si la volonté n'est que de conserver une population au bord de l'extinction ? Que se passera-t-il dans 10 ans, dans 20 ans ? Devra-t-on encore réintroduire parce que la population ne sera pas suffisante pour se suffire à elle-même ?
Nous espérons que les pliantes contre la France déposées devant la commission des communautés européenne pour défaut de protection de l'ours des Pyrénées sanctionneront cette politique qui fait croire depuis des années qu'elle protège l'espèce alors qu'il n'en est rien.
En effet, le Ministère estime maintenant que les 19 ours éparpillés sur le massif pyrénéen sont suffisants pour assurer un futur à l'espèce, ce que tous les experts dénoncent. Madame Jouanno espère clairement éviter toute sanction de l'Europe en proposant un plan de conservation qui n'en est pas un.
En 30 ans de "plans ours", la situation n'a fait que se dégrader et l'Etat français en est en partie responsable, d'une part pour avoir confié le dossier pendant des années à l'IPHB, d'autre part en ayant jamais assuré la protection nécessaire aux plantigrades.
Mme Jouanno a beau faire de beaux discours et assurer que chaque ours tué sera systématiquement remplacé, l'histoire de ces dernières décennies montre que les tribunaux n'ont jamais sanctionné les snipers à la hauteur du préjudice qu'ils ont fait subir à l'espèce et que plus d'ours ont disparu qu'il n'en a été réintroduit. Aussi, les réserves Lalonde abrogées par Michel Barnier en 1993 n'ont jamais plus été envisagées pour assurer quelques zones de tranquillité aux ours.
On peut lire dans le communiqué de France Inter que "Chantal Jouanno estime que ces polémiques sont néfastes à l’écologie, et que l’ours, finalement, est plus une affaire de symbole que de nécessité."
La France sacrifie ainsi une espèce protégée sur l'autel de la haine d'une poignée d'ultra-pastoraux, et certainement dans l'espoir de pouvoir dévaster dans le futur des zones qui étaient encore préservées. Encore une fois aujourd'hui, l'Etat français se déshonore et prouve que son grenelle n'était qu'une campagne médiatique, en pleine année de la biodiversité. En tout cas, une chose est sûre ; les anti-ours ont encore gagné et je n'irai plus dans leur zoo où les brebis ont plus de place que la faune sauvage.