Les loups tuent 50 fois moins de moutons que les maladies et accidents

Suisse - Entre 15 et 20 loups déambulent en Suisse cet été. Ils tuent en moyenne 200 moutons par an, soit cinquante fois moins que les maladies, les accidents ou les chutes qui sont fatals à 10.000 ovins.

Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), il devrait y avoir plus de loups cette année qu’en 2009, car lors du rude hiver 2009-2010, les canidés ont trouvé davantage de gibier mort. L’an dernier, les analyses génétiques ont prouvé la présence de onze de ces prédateurs. Et des indices de passage d’autres individus ont été relevés.

Les loups dont la présence est confirmée se répartissent dans toutes les régions alpines: deux en Valais, le même nombre dans les Grisons et six dans les cantons de Vaud, de Fribourg, de Berne et dans la région de Lucerne jusqu’au lac de Zurich. Un autre animal rôde au Tessin.

Les moutons fribourgeois ont payé le plus lourd tribut
Le programme de suivi des grands carnivores en Suisse (Kora) a recensé 61 animaux de rente déchiquetés par des loups. Il s’agit presque uniquement de moutons, lit-on ce mardi sur le site internet de ce centre de coordination.

La plupart des ovins dévorés se trouvaient dans les cantons de Fribourg (28), du Valais (19) et de Berne (10). Ces statistiques, qui remontent à la mi-juillet, ne tiennent pas compte des derniers cas en Valais, où un loup a tué deux jeunes vaches et plusieurs moutons.

Selon le Kora, le nombre de moutons tombés sous les crocs des canidés - en moyenne 200 - varie grandement d’une année à l’autre. Depuis 1999, il a oscillé entre une vingtaine et 350. Mais environ 10.000 des 250.000 petits ruminants sur les Alpes suisses meurent de maladies, d’accidents ou de chutes.

Eleveurs dédommagés
La Confédération et les cantons dédommagent les propriétaires d’animaux tués par les loups. Berne s’engage aussi pour la protection des troupeaux et a dépensé cet année 830.000 francs à cet effet. L’OFEV finance ainsi l’achat d’un chien de berger à hauteur de 500 francs et en alloue 1.000 pour son entretien.

L’Association suisse du conseil en agriculture (Agridea) coordonne les mesures de protection des troupeaux (chiens, bergers, clôtures ou ânes). Pour leur application, la Confédération dépend de la collaboration avec les cantons.

Ces mesures ont prouvé leur efficacité, s’est réjoui en janvier le Conseil d’Etat vaudois. Le nombre de moutons et chèvres tués dans les Alpes vaudoises est passé de 34 en 2008 à 23 l’an dernier. Mais avec ses quelque 6.000 têtes, le canton a bien moins de moutons que celui du Valais, qui en compte 52.000.

Autorisations de tir
Pour pouvoir être abattu, un loup doit avoir tué au moins 25 moutons en un mois ou 35 en quatre mois. Ces dix dernières années, les cantons ou l’OFEV ont délivré à ce jour douze autorisations de tir, selon la Confédération, dont la grande majorité en Valais.

Mais près de la moitié des loups, soit cinq animaux, ont échappé aux chasseurs. Ainsi, l’an dernier, les autorités n’ont pas réussi à tirer un loup dans l’Entlebuch (LU) dans le délai de 60 jours. Le prédateur a certainement quitté le périmètre.

Réguler la population de loups
Durant plus de cent ans, le loup était éteint en Suisse. Il est réapparu en 1995, venu d’Italie. L’animal est protégé par la convention de Berne de 1978.

Certains politiciens de droite des cantons concernés, surtout le Valais et Lucerne, remettent cette protection en question, malgré le petit nombre de loups, les dégâts plutôt limités et le soutien pour la protection des troupeaux.

Jusqu’à récemment, ils avaient peu de succès. Mais en juin, la commission de l’environnement a adopté une motion du Conseil des Etats selon laquelle le loup devrait pouvoir être chassé en Suisse pour en réguler la population. Elle a chargé le Conseil fédéral d’obtenir une modification de la Convention de Berne de sorte qu’un Etat puisse faire valoir à tout moment des réserves.

Source : La Tribune de Genève

 

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