Michel-Joseph Braillard défend le loup : avalanche de messages de soutien


En découvrant ses e-mails, Michel-Joseph Braillard a été très étonné de voir que sa prise de position sur le loup dans les colonnes du journal "Le Matin" avait rencontré autant d’échos favorables

Michel Joseph Braillard Le berger fribourgeois Michel-Joseph Braillard, qui est monté en première ligne pour défendre le loup, a reçu une avalanche d’e-mails de soutien. L’un d’eux venait même de Singapour!

Le berger qui aime le loup, c’est le Fribourgeois Michel-Joseph Braillard. Il l’a dit très haut et très fort dans notre édition du jeudi 12 août.

La veille, soucieux des retombées de l’article, il avait glissé à sa compagne: «Tu vois, c’est comme une veillée d’armes. Demain, la pianiste Hélène Grimaud, qui se bat aussi pour les loups, peut me dédicacer soit une «Polonaise», soit «La marche funèbre» de Chopin

Dans la gueule du loup

Le lendemain, à 6 heures du matin, «au moment où le lait tranche», le berger enclenche sa génératrice, puis son ordinateur. Sur l’alpage La Chetta, les e-mails adressés à [email protected] encombrent sa boîte aux lettres. «Il y en avait des dizaines et des dizaines, commente-t-il. Et pas un seul négatif! Tout le monde me félicitait d’avoir eu la force de prendre position. Il fallait dire que tirer sur le loup ne servait à rien. Qu’il existait, par une meilleure formation des bergers, un choix judicieux de chiens ou une autre sélection des vaches en alpage, d’autres solutions.»

Ce qui frappe Michel-Joseph Braillard, 66 ans, c’est qu’il reçoit même un e-mail de soutien de… Singapour. Un autre, rédigé par un enfant de 12 ans, le touche aussi particulièrement. Après avoir pris connaissance avec plaisir de son courrier, le berger quitte son alpage pour tenir un stand au marché de Bulle. Il y vend ses fromages, aidé par son amie. Comme «c’est quand même une région où neuf personnes sur dix sont contre le loup», il a d’abord un peu l’impression de se jeter dans la gueule du loup justement. A peine arrivé, il est reconnu au kiosque. «Moi, je ne m’attendais pas à me retrouver en première page. J’entendais des gens qui disaient: «C’est le gaillard!» et au stand il a fallu gérer. Plein de personnes venaient me parler ou me charrier en disant: «Dis donc, tu prends de la bouteille!» A un moment, ma compagne m’a fait remarquer qu’on était aussi là pour vendre des fromages! Heureusement, nous avons quand même fait une bonne caisse

«Le début du feuilleton»

Deux hommes politiques se sont arrêtés à son stand. «Il y a eu le préfet de la Gruyère, Maurice Ropraz, et le conseiller national UDC Jean-François Rime avec qui j’ai pu discuter sur la façon d’approcher la problématique du loup.» Dans les jours qui suivent, la pression ne retombe pas. «J’ai même eu la visite, sur mon alpage, d’un représentant en clôtures. Quand on est uniquement trois ou quatre mois en altitude, c’est un investissement beaucoup trop grand», soupire-t-il.

Ce lundi, Radio Fribourg montera sur les hauteurs de La Chetta pour l’interviewer. «Ce que j’ai dit au «Matin», j’en ai pesé chaque mot. En Valais, il y avait tous les ingrédients explosifs pour que cela se termine avec l’attaque des génissons par un couple de loups. Aujourd’hui, tout cela doit inciter à la réflexion. Ce n’est que le début du feuilleton», prédit-il.

Source : Le Matin

 

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